Embed Video

X

DIALOGUER AVEC LE CONFÉRENCIER

X

Vous souhaitez poser une question au conférencier sur le sujet traité, sur ses références bibliographiques, sur un point précis: utilisez le formulaire suivant pour envoyer votre message à Akadem qui - sous réserve d'acceptation - le transmettra au conférencier concerné.
Akadem ne peut évidement s'engager sur les suites que le conférencier décidera de donner à votre question.

Campus

Zemmour et l'identité

Etre juif individuellement n'existe pas ! (29 min)

Bruno Karsenti - sociologue et philosophe, François Sergent - journaliste, Danny Trom - politologue et sociologue
  • Zemmour cascadeur

    Faire de l'histoire de France une totalité insécable (7min)

  • Un leader juif d'extrême droite

    Restaurer la fierté nationale (5min)

  • Au cœur des luttes identitaires

    Les Juifs se sont sentis abandonnés (5min)

  • La formule de Clermont-Tonnerre

    La réussite de l'intégration des Juifs (8min)

Les documents (3)
Les conférenciers
Biographie des conférenciers

Bruno Karsenti - sociologue et philosophe

Bruno Karsenti est un sociologue et philosophe français. Né en 1966, il a été maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne puis Directeur d'Etudes à l'EHESS, et travaille au croisement de la philosophie politique et des sciences sociales. Ses études ont porté sur Emile Durkheim, Marcel Mauss, Lucien Lévy-Bruhl, Gabriel Tarde, Auguste Comte, ainsi que sur les sciences sociales contemporaines dans leur rapport au paradigme structuraliste, à la phénoménologie ou encore au pragmatisme. En 2013, il reçoit la médaille d'argent du CNRS. Il publie en 2017, La question juive des modernes. Philosophie de l'émancipation, aux Presses universitaires de France puis signe la même année, un ouvrage avec Cyril Lemieux, Socialisme et sociologie paru aux éditions de l'EHESS. Avec Danny Trom et Jacques Ehrenfreund, il anime à l'EHESS un séminaire sur Les juifs et l'Europe.

Page personnelle

François Sergent - journaliste

François Sergent est journaliste. Il a fait l’essentiel de sa vie professionnelle à Libération de 1981 à 2015. Il a été tour à tour reporter, correspondant à Washington et à Londres, chef du service monde, éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du quotidien. Il a été ensuite rédacteur en chef de justiceinfo.net, un site dédié à la justice internationale (2015-2018). Il est membre du conseil du Festival du Film et des Droits Humains de Genève (FIFDH). Il collabore à l’AUF et à S3Odeon.

Danny Trom - politologue et sociologue

Danny Trom est politologue et sociologue, chargé de recherche au CNRS. Membre du Groupe de sociologie politique et morale (École des hautes études en sciences sociales), il est spécialiste des études de l'action publique comme des actions collectives. Il a publié en 2007, aux édition du Cerf, La promesse et l'obstacle : La gauche radicale et le problème juif. Plus récemment, il a signé deux ouvrages : Persévérance du fait juif. Une théorie politique de la survie, publié en 2018 aux éditions de l'EHESS/Gallimard/Seuil ainsi que La France sans les Juifs. Émancipation, extermination, expulsion, publié en 2019 aux Presses Universitaires de France.

Bibliographies des conférenciers

Bruno Karsenti

La question juive des modernes ; philosophie de l'émancipation , (PUF , 2017)   Acheter

D'une philosophie à l'autre ; , (Gallimard , 2013)   Acheter

Moïse et l'idée de peuple , (Cerf , 2012)   Acheter

La société en personnes : études durkheimiennes, (Economica, 2006)   Acheter

Politique de l'esprit, Auguste Comte et la naissance de la science sociale, (Hermann, 2006)   Acheter

La croyance et l'enquête : aux sources du pragmatisme, (EHESS, 2005)   Acheter

Phénoménologie et sociologie, (PUF, 2001)   Acheter

L' Homme total: sociologie, anthropologie et philosophie chez Marcel Mauss, (PUF, 1997)   Acheter

Marcel Mauss: Le fait social total, (PUF, 1994)   Acheter

Bruno Karsenti, Cyril Lemieux

Socialisme et sociologie, (EHESS, 2017)   Acheter

Danny Trom

La France sans les juifs, (PUF, 2019)  

Persévérance du fait juif, (Seuil, 2018)  

La Promesse et l'obstacle : la gauche radicale et le problème juif, (Cerf, 2007)   Acheter

Historicités de l'action publique, (PUF, 2003)   Acheter

Les Formes de l'action collective : mobilisation dans des arènes publiques, (EHESS, 2001)   Acheter

Laurence Kaufmann, Danny Trom

Qu'est-ce qu'un collectif ? , (Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales , 2010)   Acheter

COMMANDER CETTE CONFERENCE

X

Nous avons pris bonne note de votre intérêt pour cette conférence.

Nous allons procéder à sa numérisation et vous tenir informé.

Cette conférence apparaitra à une adresse privée que nous vous communiquerons et il vous sera possible de la visionner autant de fois que vous le souhaiterez.

Elle apparaîtra sous sa forme brute, c'est-à-dire sans aucun apparat critique (titres, documents, séquençages, bibliographies, liens etc.)

Akadem est intégralement financé par des subventions du Fonds Social Juif Unifié et de de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.
Si nous n'avons pas publié cette conférence, c'est entre autre faute de moyens financiers.

Si cette conférence peut vous être utile... un don à l'ordre de l'Appel unifié juif de France (l'organe de collecte du FSJU), sera très apprécié.

Pour votre information, le coût moyen d'une heure de numérisation et mise à disposition est de l'ordre de 20 €.

Merci de compléter le formulaire suivant.

Autres conférences des conférenciers
Pour en savoir plus
Bibliographie sur le sujet

Robert Paxton

La France de Vichy, 1940-1944, (Seuil, 1999)   Acheter

Henry Rousso

Vichy: l'événement, la mémoire, l'histoire, (Gallimard, 2001)   Acheter

Laurent Joly

Vichy dans la «solution finale». Histoire du commissariat général aux questions juives (1941-1944), (Grasset et Fasquelle, 2006)   Acheter

Danny Trom

La Promesse et l'obstacle : la gauche radicale et le problème juif, (Cerf, 2007)   Acheter

Laurence Kaufmann, Danny Trom

Qu'est-ce qu'un collectif ? , Du Commun Au Politique, (Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales , 2010)   Acheter

bruno Karsenti

Moïse et l'idée de peuple, La vérité historique selon Freud, (CERF, 2012)   Acheter

Henry Rousso

Le syndrome de Vichy ; , de 1944 à nos jours, (Points , 2016)   Acheter

Bruno Karsenti

La question juive des modernes ; philosophie de l'émancipation , (PUF , 2017)   Acheter

Laurent Joly

L'État contre les juifs : Vichy, les nazis et la persécution antisémite, (Grasset, 2018)   Acheter

Danny Trom

Persévérance du fait juif Une théorie politique de la survie, (Seuil, 2018)   Acheter

Danny Trom

La France sans les juifs , (PUF, 2019)   Acheter

Autres conférences sur le sujet
Sur la toile
L'organisateur
  • Akadem
    Akadem
    Paris - 11 octobre 2021
Commentaires ( 11 )

idéologie nationaliste

14 octobre 2021, 11h34, JacobC

Bonjour, Entièrement d'accord sur les aspects écœurants de l'idéologie zemmourienne et particulièrement pour ce qui touche à l'identité juive... et je ne vois pas, a part l'extrême droite antisémite, qui se sentirait en mesure d'approuver de telles imbécilités. Il reste que néanmoins, le phénomène zemmour va au delà de ces questions juives et notamment vis à vis de ce trop plein quant à la déliquescence des institutions face aux coup de boutoir qui visent à dissoudre ce que une part de nos grands parents considéraient être le modèle où se projetait l'espoir "d'être heureux comme un juif en France" ...

Zemmour et la France Juive

14 octobre 2021, 12h56, Moïse

Le judaïsme est piloté par les Lois de la Torah : et comme on dit la Loi est dure mais c'est la Loi. Hachem innommable et irreprésentable, s'efface et laisse la place à la Loi, le rôle de la Torah dépasse de loin tous ses acteurs, ils disparaissent, elle, reste et persiste. Le juif peut être athée, ou non, pratiquant ou non, la foi est un concept personnel, pas collectif. La croyance ne s'applique pas au juif, elle concerne le christianisme en tant que croire à la résurrection du christ ou non, le juif est d'abord un homme qui suit la Loi. 1789 : Le Roi Soleil, symbole Divin, tombe, la France devient laïque d'emblée dite républicaine, mais l'église ne l'entend pas de cette oreille, elle conserve un pouvoir d'influence. Les français laissent faire...Allant plus loin, car le sujet mériterait des développements importants, je perçois que Zemmour semble appliquer les principes de la Torah à travers sa politique. Cela est perceptible à propos de la femme qui tient une place fondamentale dans le judaïsme par la transmission de la judaïté. Sa participation est un devoir, c'est cela qui est mal compris, mal exprimé, et sans doute difficile à défendre. L'essence du judaïsme est totalitaire, la Loi de la Torah ne se discute pas, mais le juif, protégé de naissance par l'Alliance, s'autorise ce que les autres nations ne peuvent pas réaliser ni comprendre. Le "polémiste" juif cherche à diffuser et mettre en pratique les Lois de la Torah...sans le dire !!! il parle de condamner l'Islam, pas les personnes. Ne chercherait-il pas à les intégrer selon la Loi (juive), comme en Israël, et que finalement, ne serait-ce pas ce que tout le monde devrait faire ? Nous devons nous garder de toute tendance à un raisonnement d'actualité emporté par le courant aveugle de la compétition politique. Soyons clairs, ne nous voilons pas la face, la question qui se pose est une question d'ordre religieux. Depuis l'Exode, les juifs sont victimes, pourchassés et massacrés, mais le passé ne revient pas, difficile à dire, mais la Torah survit depuis des millénaires, elle est inaltérable et indestructible, et tout cela au détriments de ses enfants qui se trouvent sacrifiés...Que penser de cela ? Ne penser qu'à nous ici et maintenant ne serait-ce pas contraire à Hillel et aux Pirké Avot ? N'est-il pas plus indispensable que jamais de saisir le phénomène Zemmour pour faire une France plus juive, sinon en nombre de sujets, du moins dans ses codes sociaux ? Laisserons-nous passer cette opportunité qui risque fort de ne plus jamais se reproduire. Rêvons un peu : il ne s'agirait pas de l'intégration des juifs en France, mais de l'assimilation de la France aux règles de la Torah présentées laïquement, et pourquoi pas ? Merci de nous donner l'opportunité de nous exprimer. Moïse Haïk

Quelque chose de Z en moi

14 octobre 2021, 16h13, gcalliet

Il reste à se demander quelle serait la cause d'un certain retard à se mobiliser contre Zemour dans la communauté, quand ce n'est pas une réelle adoration dans une frange minoritaire peut-être, mais très observable dans certains media juifs, et dans à peu près toutes les synagogues "populaires". Et, parce que le démoniaque a plus d'un tour dans son sac, comment ce retard, identifié aux phrases sur Toulouse, aurait de quoi désigner à la vindicte ceux qui ne se bougent que quand leur famille est concernée, et ce serait ainsi encore dans le jeu de Z. Belles analyses ici du discours de Z , mais rien sur ce qui produit son adhésion chez nous, à part quelques litotes. Prononcer le divorce d'avec la France, ou son abandon, parce que certaines identités, dont on ne donnera pas le nom, nous empêchent de réussir complètement notre insertion, n'est-ce pas très parallèle au renversement fantasmatique de Z ? Désolé de venir mettre quelques références de torah où la science politique et la sociologie seraient suffisantes. Mais cette situation m'a aidé à comprendre le passage sur le faux prophète. Je n'arrivais à percevoir le sens du verset qui dit que c'est une épreuve. L'épreuve consiste en ce que le prophète émerge dans la mesure où une attente du peuple se constitue qui lui permet d'être entendu. L'épreuve sera de voir si le peuple prendra conscience de son errement ainsi figuré ou bien sombrera dans ses illusions. De quelle crise de la France parlons nous, et dans cette crise de quelle crise de la communauté. Là encore, litote. Parce que la crise de la France se décline en déclinisme très généralement, et notre crise est essentiellement de confrontation guerrière à une certaine communauté, et à la gauche qui "collabore". La question des "territoires" en est, en ces termes, un symptôme. Et oui, il y a bien abandon, mais abandon des deux côtés : une France de gauche - qui fut le facteur réel d'intégration des juifs en France - qui abandonne ses juifs depuis l'incompréhension d'un particularisme essentiel que peu peuvent comprendre - à Lyotard ou Sartre près peut-être -, des juifs qui abandonnent la gauche, décidemment trop généreuse envers ces "quartiers" malodorants. De la dissension à la haine. Au shtetl on peut voisiner entre Bundistes, Bolchevik et Sionistes - de gauche ? :) - . Ici on va se séparer avec les meilleures raisons du monde ("La promesse et l'obstacle") puis se craindre, puis se détester. En Israël on dépose des bombes à la porte de Zeev Sternel, parce que c'est un pays franc de collier. En France les amis des arabes sont des "collabos" - venez vivre dans une synagogue de nos jours en ne se cachant pas d'être communisant, thèse de sociologie intéressante à réaliser -. Z est la matérialisation d'un divorce qui s'est amorcé de très longue date entre en Europe les mouvements d'émancipation et les juifs laissés pour compte. Le livre, à certains titres excellent, "La promesse et l'obstacle", écrit d'Allemagne, est un jalon intéressant. Pour le communisant faisant téchoucha, cela a pu être pain béni. Mais en relecture, comment ne pas percevoir que si on assimile Lyotart à Badiou c'est qu'on n'est pas dans un discours rationnel, mais pris dans un ressentiment qui n'arrive pas à complètement s'auto-analyser. Une alliance entre les émancipateurs et les juifs s'est progressivement rompue. Et on est passé progressivement du doute en recherche d'intelligence des Colloques des intellectuels juifs aux soutiens souterrains à Z. Ne dirions nous pas tous, finalement, avec moins de nuances scientifiques, que Z est quelqu'un qui pose trop grossièrement les bonnes questions ? Sortirons nous de cette mésalliance avec des analyses faibles ? Est-ce que le concept tout terrain de populisme, relayant celui de totalitarisme est un outil adéquat ? Il y a peuple et peuple, il y a totalitarisme et totalitarisme. Le beau terme d' "allié" devrait revenir dans nos oreilles : ce sont bien des alliés qui mirent fin aux camps, les mêmes qui quelques années plus tard ont montré leurs très profondes divergences. Mais en aucun cas il ne fallait, comme nos voisins germains, écouter le champ des sirènes, fussent-elles si proches de nos frustrations. Au contraire, dans le village mondial, il est peut-être temps d'aller dans la plus difficile confrontation, et de nous allier, comme au shtetl, avec ceux qui ont réellement droit à notre confiance, fussent-ils de gauche. Mais, aussi, question européenne par excellence. Radicalisons le propos de Burg, qui voit dans certains errements israéliens une figure de victoire posthume du nazisme. Le divorce entre les émancipateurs européens, universalistes naïfs cosmopolites et les juifs, n'est-ce pas cela le projet fondamental des nazis. Oublier Mendelssohn et Kant, Walter Benjamin et Baudelaire, tous ces judeo-bolcheviks qui s'ignorent. Mettre un coin entre eux. Ce que nous faisons depuis plus de 50 ans. Et sus aux islamo-gauchistes - une farce dirait le bon vieux Karl -. Désolé d'une autre référence non scientifique. Bil'am un peu avant la mort de Moïse nous dit que Amalek fut le "premier des peuples". Il y a de l'anticipation chez les abominables. Le nazisme est une réaction anticipatrice de la réussite du défi le plus immense en cours de réussite : conjonction de l'universalisme de libérations et des plus jaloux particularismes. Ca craint pour les salauds. Que craignent nos intimes ennemis ? Ce qui se dit aujourd'hui dans l'intersectionnel, qui rejoint lutte émancipatoires et existence d'antiques particularismes. Mais, on l'aura compris, cette intersection impossible dont le réel se nourrit s'est déjà énoncée dans une autre modernité, quand il fut possible de penser le ciel par moitié. Et encore dans un texte très déraisonnable, sur les alliances nécessaires : Esther

au diable Zemmour!

20 octobre 2021, 19h12, spirou

Je ne pense pas qu'il y ait encore beaucoup de juifs en France qui pensent que Pétain ait voulu protéger les juifs français et tant pis pour les "polaks". Qui lit encore Robert Aron et c'est tant mieux si on l'a oublié. Depuis il y a eu Robert Paxton . Si tous les Juifs ne l'ont pas lu, et ne sont pas historiens de métier, ses écrits sont aujourd'hui indépassables ; d'autres historiens et le film d'Ophuls ont apporté d'autres preuves de la collaboration éhontée du gouvernement de Vichy. Zemmour par sa haine du monde musulman avec qui ses ancêtres vivaient est un représentant marquant de la haine de soi . Ne parlons pas trop de lui car c'est flatter son narcissisme.

Un moteur de l'action de Zemmour

24 novembre 2021, 02h01, curieux

Débat très intéressant. Un des deux débatteurs a fait une réflexion très frappante : "Zemmour est celui qui refuse de voir qu'il est un intrus". Il y a sûrement du vrai là dedans. Mais on pourrait, en ondevrait aussi dire, à mon avis, que la motivation de Zemmour est aussi beaucoup issue d'une angoisse de celui qui est parfaitement conscient qu'il est un intrus, qu'il appartient à une petite minorité mal aimée, dont on se méfie, et qui en est très conscient, au contraire de ce que disaient ces messierus, et maélgré la part de vérité quîl y a dans cette réflexion. Zemmour pense , à mon avis au contraire : puisque nous sommes au fond des intrus, évitons de provoquer en permanence l'animosité des goyim au milieu des quels nous vivons. Et ceci me fait penser à l'article fameux de Raymond Aron que je voudrais copier coller ici en intégralité. Je pense que Zemmour a à juste titre, la crainte, et surtout la conscience, que l'attitude vindicative, haineuse et antifrançaise d'une intelligentsia à la BHL ne peut que provoquer mécaniquement une vague d'antisémitisme, et d'ailleurs cela s'est déjà produit. L es J uifs de France récoltent déjà aujourd'hui l'antisémitisme que BHL a semé. Alors, pour tenter de conjurer cette malédiction Zemmour croit nécessaire de prendre le contrepried de BHL en tout, avec excès, jusque dans la réhabilitation de Pétain, jusque dans le doute sur l'innocence de Dreyfus. Zemmour sent, à mon avis, que les Juifs risquent d'être rejetés en bloc, sans faire le détail, à cause des provocations haineuses de tous ces provocateurs juifs qui narguent en permanence les Français. Henri Amouroux a quand-même pu écrire un livre intitulé: "40 millions de pétainistes". On ne provoque pas impunément 40 millions de personnes, ni leurs petits enfants. Alors pour conjurer ce péril, Zemmour croit nécessaire, non seulement de lâcher du lest, mais de lâcher tout le lest, de tout pardonner aux Français, en espérant qu'ainsi ils pardonneront aux Juifs BHL, Julien Dray, Raphaël Glucksmann, Jacques Attali, SOS racisme, etc., etc. On pourra dire que Zemmour en fait trop, allant jusqu'à réhabiliter Pétain, Vichy, douter de l'innocence deDreyfus. Il fait la totale. Mais je pense qu'il est lucide sur le fond de son diagnostic. Les dégâts commis par cette intelligentsia haineuse et antifrançaise sont incalculables. Le phénomène Soral Dieudonné en est la conséquence directe. Pour Zemmour, il était minuit moins une. Si on ne jetait pas par la fenêtre tout le contentieux, en catastrophe, dans l'urgence, comme on jette les meubles par les fenêtres dans un incendie, le pire était à craindre. Zemmour, à mon avis, a voulu revenir à l'époque d'avant Paxton, c'est à dire à l'époque de Robert et Raymond Aron. Parce qu'il pensait que les Français n'accepteront jamais Paxton. Il n'a pas tort. Zemmour se dit : quand on est des intrus (et il en est bien conscient même s'il ne veut pas le dire) , on ne traite pas de salauds du matin jusqu'au soir les gens dans la maison desquels on habite, intrus ou pas, et qui peuvent nous chasser à chaque instant. Je pense que Zemmour a raison de penser tout ça. Il était minuit moins une, effectivement. Est-ce que sa tentative permettra de sauver les meubles ? Probablement pas. Il est probablement déjà trop tard depuis longtemps. Mais l'angoisse qui motive son action n'est pas sans fondement. Voici l'article de Raymond Aron : Provocation Par Raymond Aron, publié le 07/02/1981 dans L'Express. C'est une critique acrebe et très intelligente du très mauvais livre de BHL "Idéologie française". Un auteur qui emploie volontiers les adjectifs infâme ou obscène pour qualifier les hommes et les idées invite le critique à lui rendre la pareille. Je résisterai autant que possible à la tentation, bien que le livre de Bernard-Henri Lévy présente quelques-uns des défauts qui m'horripilent: la boursouflure du style, la prétention à trancher des mérites et démérites des vivants et des morts, l'ambition de rappeler à un peuple amnésique la part engloutie de son passé, les citations détachées de leur contexte et interprétées arbitrairement. Pis encore, le doute subsiste à la fin de la lecture: la violence du ton, maintenue d'un bout à l'autre du pamphlet, révèle-t-elle une indignation authentique ou le goût du scandale et de la diffusion de masse? Allons plus loin: le livre ne se prête guère à une discussion objective, selon le mot consacré dans les universités. II n'apporte aucun fait, aucun document, aucun texte que l'on ne trouve dans les quelques livres dont Bernard-Henri Lévy a tiré, pour l'essentiel, la matière qu'il triture à sa manière. Ce qui lui appartient en propre, c'est une certaine mise en place d'un corpus de mots ou de phrases. Or, cette mise en place est à tel point commandée par le propos de l'auteur que l'on se demande s'il vaut la peine de discuter avec un «philosophe» qui s'arroge le rôle de justicier. En quoi consiste le propos? D'abord, un procès du pétainisme et de la Révolution nationale, en particulier la mise en cause d' Esprit et d'Uriage. A partir de là, la définition de l'idéologie française - non pas «une», mais «la» - dont Vichy révéla la persistance et la force souterraine, d'autant plus menaçante aujourd'hui que le fascisme français ne fut pas épuré à la Libération. Le vichysme ou le pétainisme, nous le savons, et je le sais depuis 1940, fait partie intégrante de l'histoire politique de la France. Certes, sans la défaite et l'occupation de la moitié du pays par les Allemands, probablement les artisans de la Révolution nationale n'auraient-t-ils jamais accédé au pouvoir. L'Action française exerçait une grande influence sur les officiers de la Marine nationale (ou Royale), dans des milieux limités, mais qui souvent occupaient des positions clefs (sans compter l'Académie); en revanche, elle ne parvenait pas à faire élire un seul député sous la IIIe République (une seule fois, Léon Daudet siégea à la chambre). Or, pendant les premiers mois après la défaite, c'est la pensée de l'Action française qui, par l'intermédiaire de Raphaël Alibert, René Gillouin, et d'autres encore, domina Vichy et inspira les lois effectivement «infâmes» (le statut des Juifs, la remise en question des naturalisations postérieures à 1927, la suppression de la loi qui avait été votée en 1938 pour lutter contre la propagande hitlérienne et l'exploitation des haines raciales). La conception même d'une Révolution nationale sous le regard des vainqueurs, alors que la guerre continuait, me parut, à l'époque même, non pas monstrueuse ou obscène, mais déraisonnable. En effet, ou bien le IIIe Reich l'emporterait, et, en ce cas, les vichystes seraient balayés par les vrais nazis; ou bien le IIIe Reich serait finalement vaincu, et, en ce cas aussi, les vichystes disparaîtraient au profit des ci-devant de la IIIe et d'une nouvelle élite. Le phénomène Révolution nationale n'eut d'équivalent dans aucun pays de l'Europe occupée, de même que nulle part ailleurs un Etat légal ne s'interposa entre les autorités d'occupation et la population. Les maîtres de cet Etat ne se contentèrent pas d'administrer, ils voulurent régénérer la nation, renouveler les institutions, préparer l'après-guerre, que la plupart des vichystes, dans l'année 1940, croyaient tout proche. La masse de la population, traumatisée par une défaite à l'avance inconcevable, s'accrocha au Maréchal et souscrivit à la condamnation du «régime aboli». Or, pendant les années 30, nombre de groupes et d'intellectuels, Esprit et Ordre nouveau, Emmanuel Mounier, Arnaud Dandieu et Robert Aron, menaient campagne contre les démocraties capitalistes, alors que montaient, à travers tout l'Europe, les régimes autoritaires ou totalitaires. «Esprit» s'efforça de prendre ses distances par rapport au fascisme et au national-socialisme, non sans peine, parce qu'il partageait avec eux les mêmes ennemis. Après la défaite, le Maréchal, les hommes de la Révolution nationale tenaient un langage dans lequel Emmanuel Mounier ne pouvait pas ne pas retrouver nombre de ses idées. D'où les controverses sur les sentiments et les prises de position de Mounier en 1940-1941. D'où la présence d'hommes aujourd'hui encore respectés, voire révérés, tel Hubert Beuve-Méry, dans des organisations subventionnées par Vichy, par exemple Uriage. Celui qui voudrait instruire le procès de la politique de Mounier n'a qu'à lire l'ouvrage rédigé par un fidèle d' Esprit, Michel Winock. Dunoyer de Segonzac, admirable combattant, demeura longtemps maréchaliste, en dépit des lois «infâmes». Je ne reproche pas à Bernard-Henri Lévy de mettre en lumière la parenté entre certains thèmes d' Esprit ou d'Ordre nouveau et ceux de la Révolution nationale. Il n'en résulte pas qu'Emmanuel Mounier ait adhéré à l'ensemble du vichysme et célèbré le culte du Maréchal. L'argent d'Uriage venait de Vichy (celui du «Figaro» partiellement aussi), Beuve-Méry ne fléchit jamais dans son opposition radicale au national-socialisme. Chacun peut apprécier librement Uriage, «qui tient de l'histoire de la chevalerie, du roman d'éducation, du grand jeu secret de la fondation d'un ordre monastique, sur un fond d'idéalisme moral qui peut nous paraître un peu naïf et grandiloquent, et aussi passablement pétainiste, mais qui fut, notons-le, commun au vichysme et à la Résistance» (Jean-Michel Jeanneney et Jacques Julliard). Ce qui m'irrite, c'est le style dans lequel Bernard-Henri Lévy évoque ces moments tragiques de l'Histoire de France, sans la moindre compréhension des cas de conscience qui se posèrent à d'innombrables bons Français. Ceux qui passèrent, comme Mounier, de longs mois dans les prisons, accusés d'incarner un certain esprit de résistance, ceux d'Uriage, qui partirent tous ensemble dans le maquis les armes à la main, ont droit au moins à un certain respect. Il est légitime de critiquer les décisions qu'ils ont prises, les textes qu'ils ont écrits et publiés entre 1940 et 1942 ou 1945: encore convient-il de les critiquer sérieusement, sans oublier les circonstances, sans excommunier le nationalisme de Péguy ou la pensée communautaire, quel que soit le jugement que l'on porte sur eux. Nous savions depuis longtemps que la pensée raciste et l'antisémitisme ne sont pas monopole de l'Allemagne. Lequel des deux pays fut en avance sur l'autre? Lequel influa le plus sur l'autre? Sur toutes ces questions, des études sérieuses nous instruiraient, mais non pas l'utilisation, plus ou moins fantaisiste, des livres sérieux auxquels Bernard-Henri Lévy emprunte sa documentation. Je m'en tiendrai à un point, à vrai dire essentiel. Qu'est-ce que cette idéologie française que ce livre s'efforce d'amener au jour en la baptisant? L'idéologie française, multiforme, insaisissable, partout présente, se situe aussi bien à droite qu'à gauche. Proudhon est farouchement antisémite. Maurras aussi, à l'autre extrémité de l'éventail. L'argent se confond avec le judaïsme, et la dénonciation de l'un et de l'autre se retrouve, presque identique, dans la littérature contre-révolutionnaire et dans la littérature socialiste. («La Question juive», le texte le plus antisémite de Marx, illustre cette confusion volontaire.) Tout cela n'est pas neuf et nullement caractéristique de la France. En quoi consiste la francité de cette idéologie, du «fascisme aux couleur de la France»? Quels sont les traits communs à Proudhon, Barrès, Maurras, Sorel, Péguy, Bernanos? Je ne vois d'autre réponse que celle-ci: ils détestent la démocratie individualiste, liée au capitalisme, la Republique bourgeoise et libérale, celle de Benda (avant son ralliement au communisme) et de Bernard-Henri Lévy. Le patriotisme charnel, les communautés concrètes, les tendances à la vision organiciste du lien social, Bernard-Henri Lévy, lui, déteste ces manières de penser et de sentir; il se fait inquisiteur et rejette dans la nuit, dans la «France noire», au hasard de ses lectures et de ses citations, Péguy et Bernanos, bien d'autres qui s'étonneraient de se retrouver en pareille compagnie. Simone Weil aurait mérité de figurer dans cette galerie des ancêtres. Si l'on objectait à Bernard-Henri Lévy qu'il viole toutes les règles de l'interprétation honnête et de la méthode historique, il répondrait avec arrogance qu'il se moque des pions de l'Université. Mais peut-être consentira-t-il à réfléchir un instant sur un fait indiscutable: le fascisme n'a jamais «pris» en France, comme une mayonnaise ne prend pas. Les idéologies des années 30, de type communautaire, anti-individualiste, n'ont jamais débouché en dehors des cénacles de l'intelligentsia parisienne. Elles ont accédé au pouvoir à la faveur d'une catastrophe nationale. Là encore elles sont demeurées un mixte de traditionalisme et de parafascisme. Les «rénovateurs», en quête d'une nouvelle droite, rompent avec l'héritage de la contre-révolution qui paralysa le développement d'un vrai fascisme. Les tentatives d'unir le nationalisme au socialisme ne manquèrent pas, mais il n'y eut pas de national-socialisme, et les Français, avant 1940 comme après 1945, votèrent pour la République et la démocratie parlementaire. J'en viens à l'épilogue, raison d'être de cet article. Il se peut que certains adversaires de Bernard-Henri Lévy lui fassent payer son succès trop rapide, ses lecteurs trop nombreux. Je n'en veux pas à Bernard-Henri Lévy, et je garde la nostalgie du jeune homme que j'ai connu, il y a quelques années, pas encore guindé dans son personnage, tout au contraire disponible, comblé à la naissance par les dons des fées et les faveurs de la société. Je fus sensible à son talent, à son charme, et, je le crus, à la noblesse de ses sentiments, quand, à la suite d'un entretien avec moi, il rédigea l'interview publiée au «Nouvel Observateur» avec un tact sans faute. Le voilà maintenant Fouquier-Tinville, lui qui prêche la démocratie. Il oublie que la démocratie devient aisément, elle aussi, inquisitoire, sinon totalitaire. Juif comme moi, il exclut de la France et rejette dans la France noire d'innombrables écrivains ou penseurs de notre commune patrie. Nombre de Juifs, en France, se sentent de nouveau guettés par l'antisémitisme et, comme des êtres «choqués», ils amplifient par leurs réactions le danger, plus ou moins illusoire, qu'ils affrontent. Que leur dit ce livre? Que le péril est partout, que l'idéologie française les condamne à un combat de chaque instant contre un ennemi installé dans l'inconscient de millions de leurs concitoyens. Des Français non juifs en concluront que les Juifs sont encore plus différents des autres Français qu'ils ne l'imaginaient, puisqu'un auteur acclamé par les organisations juives se révèle incapable de comprendre tant d'expressions de la pensée française, au point de les mettre au ban de la France. Il nous annonce la vérité pour que la nation française connaisse et surmonte son passé, il jette du sel sur toutes les plaies mal cicatrisées. Par son hystérie, il va nourrir l'hystérie d'une fraction de la communauté juive, déjà portée aux paroles et aux actes du délire. Oeuvre d'intérêt public, écrivait en conclusion le compte rendu du «Nouvel Observateur». Intérêt public ou danger public?

La Nation et la République

2 décembre 2021, 16h28, Pascal Hilout, né Mohamed

Merci pour ce débat, même s'il n'arrive pas à me convaincre. A force de tourner votre langue dans votre bouche, vous n'arrivez plus à parler vrai et n'osez pas nommer l'islam par son nom. Un islam qui a toujours été conquérant et à qui bien des territoires de la France (et de la République) lui ont été concédés. Ne nous en déplaise, la France était bien là, avant la République. Moi le métèque d'Afrique du Nord, je me dois d'accepter la France avec TOUTE son histoire et la faire mienne pour contribuer à sa continuité. Je voudrais être enterré en France et non pas au Maroc. Vous voyez ce que je veux dire, sans blesser personne. Votre invitation à distinguer les différents visages de l'histoire française a du sens s'il n'y avait pas une solide volonté malveillante, d'une certaine frange de notre société, cherchant à toujours montrer du doigt la France et la République en insistant son visage colonialiste et vichiste et antisémite… Vous y contribuez, sans mauvaise intention, mais ce n'est pas le moment adéquat. Il est certain que J.-M. Le Pen exprimait ouvertement des relents antisémites, mais de là à vous voir tourner autour du pot pour ne pas nommer l'antisémitisme d'origine musulmane qui est aujourd'hui prépondérant, c'est ne rien comprendre à l'actualité d'aujourd'hui et rester attaché à une époque révolue, hors du réel, pur et très dur, à une époque de bons débats entre Paxton, Aron, Epstein et autres historiens. Vous n'avez donc pas les pieds sur terre, Messieurs de la haute voltige intellectuelle. Attention à la chute ! Ouvrez donc les yeux et vos parachutes. Non Messieurs, le patriotisme intégral (que vous appelez nationalisme) ne se substitue pas à la République : il est bel et bien républicain chez Éric Zemmour. Ses parents lui ont appris à mettre sa calotte dans sa poche. Contrairement à ce que vous affirmez, on peut être juif individuellement ET dans une communauté privée, sans ostentation. Éric Zemmour ne veut plus de ce "théâtre antifasciste" qui ne digère pas l'histoire telle qu'elle est, tout entière. La menace antisémite d'aujourd'hui est bel et bien d'origine musulmane. C'est un né Mohamed qui vous le dis, aussi clairement que possible, sans tourner autour du pot.

La petite et la grande histoire de Zorro

2 décembre 2021, 16h34, Angèle

J'ai écouté cet entretien et lu "Zemmour cascadeur"coécrit par les mêmes intervenants. Dans ce texte j'ai aimé deux choses : d'une part le titre de l'article qui définit bien (à son insu) la position périlleuse d'avant-garde de celui que la caricature fait passer pour un passéiste nostalgique et d'autre part la reproduction du tableau de Picasso" L'homme au chapeau melon" (dont le modèle fut Apollinaire) et qui illustre bien, à travers les risques révolutionnaires pris par cet artiste briseur de codes, les facettes du cheminement audacieux d'un journaliste, appelé par les circonstances à intervenir en éclaireur dans la politique de son pays, et en autodidacte dans les options de son gouvernement. La figure de Zemmour dans l'imaginaire popularisé est celle du réparateur de torts sorti de l'ombre, signant de la pointe de son épée ses objurgations, tel Zorro, le justicier surgissant sur sa monture pour défendre les faibles, en étant honni des puissants. Plus précisément dans l'histoire juive, je vois deux références à ce type d'action héroïque et sacrificielle : 1) celle de Mardochée informant le roi Assuérus du projet de remplacement de sa personne et de son pouvoir par certains de ses courtisans ambitieux rêvant de le supplanter. La communauté est appelée alors à suivre le comportement de la reine Esther ; 2) l'autre modèle, plus archétypal encore, est celui de la lutte de Jacob avec l'ange d'Esaü. Cette redoutable épreuve rencontrée sur le chemin du retour, après un long exil, se solde…par un changement de prénom ! Jacob conservera cependant les deux noms. De Mardochée à Philon d'Alexandrie et à Flavius Joseph, de Rachi à nous, défendre l'identité du pays d'exil et d'accueil qui est nôtre, n'est pas une honte, ni une trahison, c'est au contraire un devoir de reconnaissance et de fidélité à nos aïeux qui se place au-dessus de l'affiliation à un parti ou à un groupe. Ne faut-il pas avoir besoin de vitamines pour qualifier de « pathologie » la bonne santé, c'est-à-dire le patriotisme réinventé qu'il s'agisse de la France ou d'Israël, santé revenue après guerre ! Et alors que l'on a le courage de poser cette question à la France entière, en écoutant attentivement sa réponse à travers le résultat des élections, ne faut-il pas être tétanisé par la peur et rendu impuissant en qualifiant cette hardiesse qui n'esquive pas l'épreuve de « surenchère nationaliste » ? Dans cette position, nous sommes loin du repli ou de la fuite. Nous ne sommes pas davantage dans la dilution collectiviste indifférenciée, ni dans l'individualisme égoïste, pas plus que nous ne serions pris « en tenaille ». On peut vouloir s'engager volontairement, à ses risques et périls, pour soutenir quelque chose que la majorité s'accorde à reconnaître comme menacé et que l'on aime : la France.

Zemmour Z comme zut

3 décembre 2021, 18h23, Marie-Elisabeth

Je ne suis pas juive et je vous remercie pour cette vidéo. Je plains les Juifs qui ont parmi eux un Z comme celui-là qui s'affiche Juif. Il risque de provoquer encore plus de l'antisémitisme par ceux qui vont être exaspérés par son discours et qui vont, hélas! généralisé à l'ensemble des Juifs. Dans l'histoire des Juifs, il y en a un qui me tient à cœur qui a été banni de sa communauté pour moins que ça, Spinoza. Z mérite que l'autorité française juive le dénonce et dit qu'elle ne peut plus le reconnaître comme un des leurs. Vraiment, j'ai mal pour mes amis Juifs. J'espère qu'il n'aura pas le nombre de signatures lui permettant de se présenter. Foutez-le dehors : Herem, peine de karet. Merci à l'équipe d'Akadem de continuer à nous informer et de s'engager dans du vivre ensemble, une vraie fraternité.

Faites Zemmour pas la guerre

5 décembre 2021, 07h16, eliezer moshech bagezer

Tous peuvent être d'accord avec le fait que l'intégration des musulmans en France est un échec absolu. Gaulliste, Droite et Gauche n'ont pas la réponse contre les islamistes qui terrorise la France en général et les Juifs en particulier. Le modus operandi de Zemmour est de combattre les islamistes avec leur idéologie transnational qu'ils sème dans le monde entier.

Excroissance zemmourienne

9 décembre 2021, 11h43, theofein

Merci pour ces très intéressantes réflexions et les synthèses qui en découlent. Je vois un aspect supplémentaire aux dégâts de la médiatisation de Monsieur ZEMMOUR, c'est l'idée qui peut venir à l'esprit des Français que, finalement, si une personne qui revendique être juive et qui revendique être aussi d'extrême-droite et banalise le rôle de l'Etat français au cours de la seconde guerre mondiale, eh bien finalement, comme les Juifs ont été longtemps une cible de l'extrême-droite, ils ne le sont plus et cette fraction politique devient donc fréquentable. En d'autres termes, ZEMMOUR, par ambition personnelle, sacrifie la judaïté et les autres minorités à son seul profit. Comment faire comprendre que ZEMMOUR est un usurpateur et quelqu'un qui fait enfler le vote d'extrême-droite au détriment de la Nation et de l'intégration même des minorités qu'il entend réguler. "L'excroissance zemmourienne" donne l'impression de rassembler mais en réalité elle divise.

Non

7 avril 2022, 11h19, Emet

le titre est impossible en rapport avec le texte de la Torah. En effet un Juif individuellement existe car je rappelle les paroles de Dieu à Moïse en haut du Sinaï, après la faute du veau d'or : "Je vais détruire ce peuple et de TOI je ferai un nouveau peuple."

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

  • Votre pseudo *
  • Titre de votre commentaire *
  • Texte de votre commentaire *
Zemmour et l'identité

Etre juif individuellement n'existe pas !

11 octobre 2021
(29 min)
Bruno Karsenti - sociologue et philosophe
François Sergent - journaliste
Danny Trom - politologue et sociologue
  • 1/4
    Zemmour cascadeur
    (7min)

    Faire de l'histoire de France une totalité insécable

  • 2/4
    Un leader juif d'extrême droite
    (5min)

    Restaurer la fierté nationale

  • 3/4
    Au cœur des luttes identitaires
    (5min)

    Les Juifs se sont sentis abandonnés

  • 4/4
    La formule de Clermont-Tonnerre
    (8min)

    La réussite de l'intégration des Juifs

Dialoguer avec le conférencier

Vous souhaitez poser une question au conférencier sur le sujet traité, sur ses références bibliographiques, sur un point précis: utilisez le formulaire suivant pour envoyer votre message à Akadem qui - sous réserve d'acceptation - le transmettra au conférencier concerné.
Akadem ne peut évidement s'engager sur les suites que le conférencier décidera de donner à votre question.

  • Votre nom *
  • Votre prénom *
  • Profession
  • E-mail *
  • Téléphone
  • Votre question
L'organisateur
Les documents
n°1 - Biographie
La théorie du "glaive et du bouclier"
Robert Aron (1898-1975)
En 1954, Robert Aron publie Histoire de Vichy, cet ouvrage est caractérisé par la faible importance donnée à l'implication du Gouvernement français dans la collaboration, nota... Lire la suite
n°2 - Biographie
Deux acteurs de la Révolution française
Les voix du pluralisme
Mirabeau et le Comte de Clermont-Tonnerre sont deux voix qui, au sein même du monde révolutionnaire, se font entendre sur la question des juifs contre l’émancipation sous sa f... Lire la suite
n°3 - Focus
Un discours historique
La responsabilité de l’Etat français
En 1995, dans un discours prononcé à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, le président Chirac accomplit un geste historique en reconnaissant la respons... Lire la suite
Les Conférenciers
Bruno Karsenti - sociologue et philosophe

Bruno Karsenti est un sociologue et philosophe français. Né en 1966, il a . . . Voir la bio complète

François Sergent - journaliste

François Sergent est journaliste. Il a fait l’essentiel de sa vie professionnelle . . . Voir la bio complète

Danny Trom - politologue et sociologue

Danny Trom est politologue et sociologue, chargé de recherche au CNRS. Membre du Groupe . . . Voir la bio complète

Bibliographie sur le sujet
Robert Paxton
La France de Vichy, 1940-1944, (Seuil, 1999)   Acheter
Henry Rousso
Vichy: l'événement, la mémoire, l'histoire, (Gallimard, 2001)   Acheter
Sur la toile

écrire un commentaire

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

11 Commentaires
idéologie nationaliste
le 14/10/2021, 11:34
Bonjour, Entièrement d'accord sur les aspects écœurants de l'idéologie zemmourienne et particulièrement pour ce qui touche à l'identité juive... et je ne vois pas, a part l'extrême droite antisémite, qui se sentirait en mesure d'approuver de telles imbécilités. Il reste que néanmoins, le phénomène zemmour va au delà de ces questions juives et notamment vis à vis de ce trop plein quant à la déliquescence des institutions face aux coup de boutoir qui visent à dissoudre ce que une part de nos grands parents considéraient être le modèle où se projetait l'espoir "d'être heureux comme un juif en France" ...
Zemmour et la France Juive
le 14/10/2021, 12:56
Le judaïsme est piloté par les Lois de la Torah : et comme on dit la Loi est dure mais c'est la Loi. Hachem innommable et irreprésentable, s'efface et laisse la place à la Loi, le rôle de la Torah dépasse de loin tous ses acteurs, ils disparaissent, elle, reste et persiste. Le juif peut être athée, ou non, pratiquant ou non, la foi est un concept personnel, pas collectif. La croyance ne s'applique pas au juif, elle concerne le christianisme en tant que croire à la résurrection du christ ou non, le juif est d'abord un homme qui suit la Loi. 1789 : Le Roi Soleil, symbole Divin, tombe, la France devient laïque d'emblée dite républicaine, mais l'église ne l'entend pas de cette oreille, elle conserve un pouvoir d'influence. Les français laissent faire...Allant plus loin, car le sujet mériterait des développements importants, je perçois que Zemmour semble appliquer les principes de la Torah à travers sa politique. Cela est perceptible à propos de la femme qui tient une place fondamentale dans le judaïsme par la transmission de la judaïté. Sa participation est un devoir, c'est cela qui est mal compris, mal exprimé, et sans doute difficile à défendre. L'essence du judaïsme est totalitaire, la Loi de la Torah ne se discute pas, mais le juif, protégé de naissance par l'Alliance, s'autorise ce que les autres nations ne peuvent pas réaliser ni comprendre. Le "polémiste" juif cherche à diffuser et mettre en pratique les Lois de la Torah...sans le dire !!! il parle de condamner l'Islam, pas les personnes. Ne chercherait-il pas à les intégrer selon la Loi (juive), comme en Israël, et que finalement, ne serait-ce pas ce que tout le monde devrait faire ? Nous devons nous garder de toute tendance à un raisonnement d'actualité emporté par le courant aveugle de la compétition politique. Soyons clairs, ne nous voilons pas la face, la question qui se pose est une question d'ordre religieux. Depuis l'Exode, les juifs sont victimes, pourchassés et massacrés, mais le passé ne revient pas, difficile à dire, mais la Torah survit depuis des millénaires, elle est inaltérable et indestructible, et tout cela au détriments de ses enfants qui se trouvent sacrifiés...Que penser de cela ? Ne penser qu'à nous ici et maintenant ne serait-ce pas contraire à Hillel et aux Pirké Avot ? N'est-il pas plus indispensable que jamais de saisir le phénomène Zemmour pour faire une France plus juive, sinon en nombre de sujets, du moins dans ses codes sociaux ? Laisserons-nous passer cette opportunité qui risque fort de ne plus jamais se reproduire. Rêvons un peu : il ne s'agirait pas de l'intégration des juifs en France, mais de l'assimilation de la France aux règles de la Torah présentées laïquement, et pourquoi pas ? Merci de nous donner l'opportunité de nous exprimer. Moïse Haïk