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''Exclu le juif en nous''

Pourquoi l'Occident hait les juifs (27 min)

Ruben Honigmann - journaliste, Jean-Luc Nancy - philosophe
  • Au commencement de la haine

    La Loi d'Athènes et du Sinaï (7min)

  • Les origines inavouables du christianisme

    L'obstinée singularité d'Israël (7min)

  • La Shoah, liquider le Juif

    pour fabriquer un homme nouveau (5min)

  • L'Occident en manque d'esprit

    Heidegger, antisémite banal (9min)

Les documents (4)
Les conférenciers
Biographie des conférenciers

Ruben Honigmann - journaliste

Ruben Honigmann est directeur éditorial d'Akadem.

Jean-Luc Nancy - philosophe

Jean-Luc Nancy, né le 26 juillet 1940 à Bordeaux, est un philosophe français. En 1968, alors qu'il enseigne la philosophie à l'université de Strasbourg (il y enseignera jusqu'en 2004), il fait la connaissance de Philippe Lacoue-Labarthe. Les deux hommes, bien qu'avec des approches assez différentes, sont animés par le souci commun d'une reprise critique, déconstructrice, de la grande tradition philosophique allemande. Ils reconnaissent dans le travail de Jacques Derrida cette même exigence. De cette commune exigence philosophique naîtra une amitié des trois. Jean-Luc Nancy multiplie les collaborations avec d'autres écrivains ainsi qu'avec des artistes plastiques ou de scène comme la chorégraphe Mathilde Monnier. Il a été membre du Conseil national des universités, section philosophie. 

Bibliographies des conférenciers

Jean-Luc Nancy

Un trop humain virus, (Bayard, 2020)   Acheter

Derrida, suppléments, (Galilée, 2019)   Acheter

Exclu le juif en nous, (Galilée, 2018)   Acheter

Tu vas obéir !, (Bayard, 2014)   Acheter

La communauté désavouée, (Galilee, 2014)   Acheter

La jouissance, (Plon, 2014)   Acheter

Vous désirez ?, (Bayard, 2013)   Acheter

L'intrus, (Galilee, 2000)   Acheter

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Exclu le juif en nous (Editions Galilée)

L'organisateur
Commentaires ( 17 )

Conan Doyle

7 juin 2018, 17h39, Jacques Vanschelde

Enfin ! Encore et encore... , plus l'esprit est brillant, plus la complexité du phénomène - la haine du juif par l'Occident - est marquée, plus l'explication donnée est limpide, elle coule de source ; "évidemment mon cher Watson".

Heidegger est toujours resté nazi

11 juin 2018, 19h55, Skil

Contrairement à ce qu'affirme Jean-Luc Nancy, Heidegger se révèle, dans les Cahiers noirs, persister dans son nazisme. Même là, et surtout, là où il prend ses distances avec le "nazisme vulgaire". Heidegger : "Le nazisme est un principe barbare. C'est là ce qu'il a d'essentiel et sa possible grandeur". Heidegger : "Nous demeurerons sur le front invisible de l'Allemagne spirituelle secrète". Il serait naïf d'imaginer que l'expression désigne l'Allemagne humaniste et démocratiquement intégrante de ses populations juives et tziganes.

Heidegger : le guide (Führer) d'une spiritualité germanique national-socialiste

12 juin 2018, 15h16, Jean-Pierre Marchand

En qualifiant de tragique le fait que Heidegger ait été un antisémite banal, récoltant les clichés complotistes les plus convenus à propos des juifs, Nancy met l’accent sur une « banalité » de Heidegger qui, de fait, dissimule combien il n’a été ni un antisémite banal ni un nazi banal. Il n’a pas tout d’abord été un antisémite banal au sens où, devenu nazi, il a tenu à conférer à l’antisémitisme une dimension « historiale ». Il devait faire époque dans la perspective d’une histoire de l’être ou Seyngechichte. Dans cette expression « seyn » (à la place de « sein = être ») est un terme très fort marqué aussi par l’idée de néant et de destruction. C’est un équivalent de la croix gammée. L’ « extermination totale » devait préparer la venue d’un « autre commencement », un commencement « germano-hespérique » ni métaphysique ni judéo-chrétien. Il n’a pas été non plus un nazi banal puisque ses critiques à l’égard du national-socialisme sont à l’extrême-droite. Le nazisme réel était aux mains d’indigents qui n’avaient rien compris au sens profond de la « révolution ». Heidegger s’est constitué en guide d’une spiritualité germanique antiphilosophique. Il s’est pensé comme un « berger de l’être » guidant un peuple allemand purifié et reconduit à l’authenticité de son enracinement chtonien et de sa langue vers la mise en œuvre d’une aube vespérale de l’Occident. C’est du nazisme, et des plus potentiellement meurtriers, à l’état pur.

Un entretien laborieux et particulièrement pénible

15 juin 2018, 05h17, Didier Bertin

Comment un esprit tortueux passe totalement à coté de ce qu’il prétend traiter. En fait on assiste à la difficulté de raisonner de la part de quelqu’un qui semble refuser d’aborder ce qu’il prétend aborder peut-être parce qu’il ne le peut pas. Il ressort de cet entretien très laborieux sur média juif, un immense malaise. Les propos sur Heidegger ne font qu’ajouter de la confusion à la confusion.

Comment Heidegger introduit le « biologique » dans l’unité de la disposition affective du Dasein

3 juillet 2018, 13h25, Jean-Pierre Marchand

Dans "Exclu le juif" en nous Jean-Luc Nancy écrit : « Le cas de Heidegger est exemplaire en ceci que le même individu a pu élaborer une pensée du « peuple » résolument opposée à tout biologisme (et en cela opposée au nazisme) tout en ayant recours, à propos des juifs, à des préjugés racistes aussi misérables qu’un don pour la manigance ou une cupidité financière… ». Le syllogisme de Nancy est simple : « L’antisémitisme nazi est un biologisme ; or Heidegger est (résolument) opposé au biologisme ; donc Heidegger n’est pas nazi ». Ce que Heidegger avait bien vu c’est qu’en nazi on ne peut mettre en avant des qualités biologiques que dans la mesure où elles rendent compte d’une supériorité dans l’ordre spirituel. Or voici ce que déclarait Heidegger dans son cours de 1934 Heidegger "La logique comme question en quête de la pleine essence du langage" : « La voix du sang – die Stimme des Blutes – provient de la disposition affective fondamentale de l’homme. Elle n’est pas suspendue au-dessus pour elle-même, mais elle a sa place à elle dans l’unité de la disposition affective. (Je souligne) A cette unité appartient aussi la spiritualité – Geistigkeit - de notre être-le-là – Dasein – laquelle advient en tant que travail ». Si par biologisme il faut entendre une radicale réduction du racial au biologique le nazisme n’avait plus le sens qu’il prétendait avoir puisqu’aussi bien on ne comprend plus, dans ce cas, comment du biologique peut se traduire en avantages spirituels. Heidegger, avec bon sens, corrige tout d’abord une erreur de perspective. Mais, comme on le voit dans le texte, il n’évacue pas le biologique. Au contraire il l’intègre dans « l’unité de la disposition affective » (qui est à la base du sens de l’appartenance à la communauté aryenne-germanique). Et c’est cette intégration qui permet au biologique de se traduire en Geistigkeit, en spiritualité. Dans ce texte très « militant » de Heidegger cette spiritualité est dite par ailleurs devant advenir comme travail ?! Il me semble ici que « spiritualité » nomme les ressorts d’ordre intellectuel devant être mis à contribution pour mettre en œuvre la solution finale. Il avait déjà prévenu, dans son séminaire sur Héraclite : ce sera très difficile d’exterminer des millions de civils lesquels, par définition, ne peuvent être abattus sur un champ de bataille. En ce sens, de manière sinistre et abjecte, Heidegger avait raison : il a fallu une ingénierie particulièrement talentueuse pour mettre en œuvre la solution finale ! (Eichmann lui-même, pour cela, ne fut pas banal comme l’a affirmé Hannah Arendt. Il était animé de puissantes motivations antisémites. Il n’était pas qu’un pâle fonctionnaire de la mort). ----------- En réalité il faudrait prendre le temps de distinguer et d'articuler "biologie", "biologique", "biologisme". Jean-Luc Nancy fait un paquet "biologisme" qui lui permet d'affirmer que Heidegger, par son refus du biologisme, n'est pas nazi. Heidegger reconnaît et intègre au contraire la "voix du sang" dans sa conception unitaire du Dasein. Mais, surtout, il se révèle un nazi acharné.

Nancy's categrical distinction between the Greek (legal) perspective and that of "les Juifs"

12 juillet 2018, 17h52, Joel Golb

Nancy's categorical distinction between the "Greek" and the "Hebraic" (which he erroneously conflates with "les Juifs") appears historically ignorant. Hellenistic Judaism is central to Jewish history, hence to Western history ; some classicists have even argued (certainly mistakenly) that the Book of Job was written by Euripides ! Although naturally it's valid to explore the differences between Hebrew (pre-Jewish) monotheistic and pagan perspectives, the interaction between Judaism and Jewry and Hellenistic society and culture was eventually dynamic and productive (as would be the medieval interaction with Islamic society and culture as well). Maybe the best thing Derrida ever said is "Jewgreek is Greekjew". Nancy's thesis reifies "les Juifs" into a frozen cultural category, one based on the Hebrew Bible's mythic narrative of Moses, God, and "the law" and removed from time and both social and intellectual history. This is an all too common procedure, including among some Orthodox Jewish thinkers who are relied on popularly as experts on what Judaism "is. ".

POURQUOI SE TORTILLER LA QUEUE ?

30 juillet 2018, 11h14, TARGOOM

EST-IL NÉCESSAIRE DE TANT DISSERTER POUR ABOUTIR À DES CONCLUSIONS TRÈS BANALES ? -Les explications de M. Nancy ne sont pas toujours claires, ajoutant "de la confusion à la confusion ". -Heidegger n'était pas un nazi ordinaire et il est encore plus exécrable que n'importe quel nazi ordinaire. Ce qui est encore plus accablant pour H. Arendt qui n'a pas eu que des relations banales avec cet individu.

Problème technique ?

14 octobre 2018, 13h34, elisabeth Lahmy

Lecture des vidéos très hachée, interrompue toutes les 3 secondes sur mon ordinateur équipé de windows 10.

Antisémitisme un phénomène mondial lié aux régimes autocratiques

14 octobre 2018, 18h39, Steve

Bonjour Il est certainement utile sinon indispensable d'étudier l'histoire de l'antisémitisme en Occident, mais la question de l'antisémitisme prend un autre dimension, plus profonde, lorsque l'on se souvient que Leon Poliakov dans son Histoire de l'antisémitisme a montré qu'un pays comme le japon, dans le quel il n'y a pas eu d'implantations juives comptait, lors de la rédaction de son ouvrage, 4% d'antisémites. Le don de la Tora au Sinaï, accompagné nécessairement par un système de représentation graphique maîtrisable par tout un chacun, fonde en fait de l'état de droit et la mise en place des prémices d'une société démocratique. Ce sont donc tous les régimes autoritaires, fondés sur l'appartenance à une caste, une lignée semi divine ou sur la tyrannie d'un seul, qui rejettent nécessairement la loi d'Israël qui annihile toutes leurs narrations. Les japonais, par exemple, se disent descendants d'Amaterasu la déesse du soleil : ils ne peuvent donc accepter l'affirmation juive qui aboutit inéluctablement à la négation de leur mythologie et à la remise en cause de leur organisation sociale. Rome étant au départ une république légaliste - Rome n'a pas de philosophes mais a des ingénieurs et des juristes, Rome pouvait accepter plus facilement la croyance d'un peuple s'appuyant lui aussi sur un système légal... En plus de cette aversion fondamentale de toute dictature pour le judaïsme en tant que pensée du monde, peut venir se greffer un prétexte religieux ou autre - querelles à propos de l'héritage par exemple dont on sait quelles haines séculaires elles peuvent susciter dans les familles ! Cordialement.

Déception

2 janvier 2019, 10h50, R.C

N'importe quel lecteur de critique sociale radicale ne peut qu'être déçu par cet entretien comme par le livre. C'est dommage, car Nancy est quelqu'un de bien. Mais son propos n'a rien de nouveau (c'est une étrange synthèse philosophique de Nietzsche, Derrida, Lacoue-Labarthe, Levinas et Kofman) Je ne peux que recommander à ceux attirés par le nouveau de commencer par une bonne lecture de Moishe Postone, Critique du fétiche capital.

Un auteur suspect...

24 janvier 2019, 01h45, André

La défense intellectuellement malhonnête de Heidegger par Nancy (voir ses "critiques" lamentables des travaux d'Emmanuel Faye, François Rastier et d'autres comme Sidonie Kellerer) le rend très suspect et plus encore lorsqu'il parle des juifs et du judaïsme.

Pour faire de Heidegger un antinazi Nancy forge une représentation simplifiée du nazisme

25 mars 2019, 10h36, Jean-Pierre Marchand

Comment peut-on faire confiance à ceux des grands esprits de ces dernières décades qui semblent surtout avoir voulu sauver coûte que coûte le soldat Martin H de l’ accusation de nazisme ? Le titre à lui seul, Banalité de Heidegger, spécifie l’opération à laquelle se livre Jean-Luc Nancy dans son opuscule de 2015. En chargeant Heidegger du fait de s’être laissé happé, comme d’innombrables autres européens, par l’antisémitisme ambiant, cela même qui justifie d’en faire un antisémite banal, Nancy disjoint l’antisémitisme de Heidegger d’un archi-fascisme à caractère philosophique et, ce faisant, l’autorise à faire de Heidegger un antinazi. Mais lisons comment l’auteur, visiblement embarrassé, s’y prend pour brouiller une fois de plus les pistes : « Contentons-nous d’une phrase dans le volume 95, qui rassemble tout le mépris du philosophe pour la doctrine nazie : « Savoir racial, savoir pré-historique, savoir du peuple constituent le fondement « scientifique » de la vision-du-monde populo-politique ». Nancy aurait du tout d’abord interrogé le fait que, dans la phrase citée, Heidegger ne recourt pas au terme de « nazisme ». Nous en savons ainsi surtout sur la manière dont Nancy lui-même forge une représentation du nazisme qui lui permet de faire de Heidegger un antinazi. C’est une constante chez lui : le nazisme c’est forcément du « populo-politique ». L’auteur d’ Etre et temps ne peut à ce compte là qu’être antinazi. Il faut au contraire se demander quelle forme spécifique de nazisme est celui-de Heidegger. Heidegger faisant de l’ antisémitisme une « science allemande » il était fondé à afficher du mépris pour tous ceux qui étaient tenus, pour diverses raisons, à l’écart de son enseignement. Et cela d’autant plus que, jusqu’en 1933, des juifs comptaient parmi ses meilleurs élèves ! Nancy aurait pu, à ce point, enrichir la problématique par cette autre citation tirée des Cahiers noirs : « Le nazisme est un principe barbare. C’est ce qui constitue son essence et sa possible grandeur ». Citation contre citation : celle-ci change tout : Heidegger incarne, en en étant un des garants « spirituels », la possible grandeur de la barbarie nazie. C’est autre chose qu’un archi-fascisme puisque cela comprend nécessairement l’anéantissement total et effectif du monde juif. Il faudrait plutôt se plaindre du fait que Heidegger salit la philosophie en l’enrôlant dans son entreprise de « relève », d’essence nazie, du « populo-politique ».

Retour sur une phrase de Jean-Luc Nancy

7 juin 2019, 15h14, Jean-Pierre Marchand

« Comment, se demande JL Nancy dans "Banalité de Heidegger", pendant au moins un certain temps, l’antisémitisme – banal et sans pensée par définition – a pu être convoqué par la pensée qui mettait l’ « être » en question ». C’est en écho aux déclarations antisémites des Cahiers noirs que Jean-Luc Nancy a fait état de cette indignation interrogative. Après avoir justifié la notion arendtienne de banalité du mal il l’applique à Heidegger et cela en réaction aux déclarations antisémites des Cahiers noirs. Enfermant ainsi l’antisémitisme dans la banalité et l’absence de pensée - … l’antisémitisme – banal et sans pensée par définition – cela lui permet de considérer l’antisémitisme de Heidegger comme une sorte de furoncle de banalité et de non pensée sur un corpus irrigué, quant à lui, par la pensée de l’être. Cela lui permet de glisser l’idée selon laquelle l’antisémitisme heideggérien s’arrête à ce qui relève de la « banalité de Heidegger » et ne concerne nullement l’œuvre elle-même. L’antisémite ne pense pas, or Heidegger pense, donc Heidegger n’est pas antisémite ! Mais que faire alors de sa banalité antisémite ? Un simple cas d’une contamination par un virus très répandu ? Ma formulation est au reste imprécise il faudrait plutôt dire : quand Heidegger ne pense pas, et il pense beaucoup et le plus souvent, alors il est banal et antisémite. C’est ici que rien ne va plus pour JL Nancy. Il faut au contraire accepter l’hypothèse de formes non banales d’antisémitisme. Le nazisme de Heidegger réside précisément là où il fait de l’antisémitisme une pensée. Nous sommes enclins à considérer l’antisémitisme, pour autant qu’on le rejette, du côté du banal et du sans pensée. Mais le rejet des thèses heideggériennes doit au contraire être motivé parce que c’est en nazi que Heidegger produit une forme pensante de l’antisémitisme. Et cela même a quelque chose à voir avec la centralité de la question de l’être. Adorateurs de Dieu les juifs n’adorent qu’un étant et cela les tient irrévocablement hors du questionnement de l’être. Car « l’être – n’est-ce pas ? – n’est pas l’étant ». Heidegger intègre ainsi l’antisémitisme dans son champ de pensée en produisant un antisémitisme en tant que faisant obstacle même à la pensée ! C’est le reproche qu’il a adressé à Husserl : en vertu de sa « Rasse » il ne pouvait pas avoir accès au cercle des décisions les plus essentielles ! L’heideggérisme est un antisémitisme non banal et ainsi doué d’une grande force de frappe dans certains milieux. Le plus souvent il est caché et irradie de manière insidieuse. L’opposition simpliste de Nancy banal/pensant fait son jeu. Mais c’est parce que Heidegger a produit une forme non banale d’antisémitisme, en le pensant comme non pensant, qu’il est nazi « dans » la philosophie.

Dans "niaiserie" il y a phonétiquement "nier" - Niaiserie de J-L Nancy.

28 septembre 2019, 14h42, Jean-Pierre Marchand

Grand philosophe, fin et profond, Jean-Luc Nancy interprète les phrases incendiaires que Heidegger, dans les Cahiers noirs, adresse à l’encontre des « nationaux-socialistes » comme des témoignages de son antinazisme. Dans « niaiserie » il y a, phonétiquement parlant, « nier ». Comment qualifier en effet la philosophie quand elle se limite à la littéralité de propos tenus par un maître en ambiguïté et en cryptage ? C’est seulement au bout de quelques temps après 1933 que Heidegger, au reste, se déchaîne contre les acteurs du III° Reich. Le Cahiers noirs apparaissent ainsi comme les carnets temporairement secrets où un sur-nazi dit sa déception face au national-socialisme réel. Voici un exemple de sa rage : « Instrumentaliser la « culture » comme moyen de pouvoir et ainsi s’affirmer et prétendre à une supériorité est au fond un comportement juif. Qu’en résulte-t-il pour la politique culturelle comme telle ? » (§48, Réflexions X). Un des premiers motifs de cette rage est que la « politique culturelle » du Reich se fait sans lui ! Sans lui culture ne mérite que des guillemets ! Sans l’irrigation de la pensée Heidegger l’antisémitisme se fourvoie dans une agonistique mimétique qui fait des allemands une réplique des juifs ! C’est la suprême injure ! Heidegger peut d’autant plus prendre de haut ce national-socialisme que dans Etre et vérité (1934) il avait déjà forgé, en l’espèce de l’ « anéantissement total » de l’ennemi « incrusté sur les racines intérieures du peuple », le concept de solution finale. Que dit-il alors sinon que les « nationaux-socialistes » feraient bien mieux, au lieu de jouer à leur insu aux « juifs », de construire des choses du genre chambres à gaz et de former des agents du genre Adolf Eichmann !

Sympathie !

25 août 2021, 20h50, R.S.

Voici ce qu'en tant que juif orthodoxe je cherche à renconter chez mes frères humains : clairvoyance, intelligence, sensibilité au génie judaïque. L'espoir d'une fraternité messianique autour de la vraie intelligence n'est plus utopique. Paix à son âme, haute et belle âme. R. S.

Il est logique que l'occident haisse les juifs.

27 août 2021, 12h13, Pierre DAD

L'occident a développé des religions basées (en partie) sur les textes sacrés juifs. L'Église catholique s'est même considérée comme le seul Verus Israël L'occident a éliminé tous les cultes de l'antiquité, tous les cultes animistes et polythéistes, mais ne pouvait liquider la religion originelle du Christ. Le Juif est à la fois un concurrent et un reproche vivant. Voilà des gens qui prient debout, pas à genoux, ni à plat ventre, tout en gardant leur chapeau sur la tête. Voilà des gens qui, tous, doivent non seulement apprendre mais savoir disputer à propos de l'interprétation de la Torah et des écritures. En comparaison, il a fallu attendre le concile Vatican II, il y a 56 ans, pour que l'Église catholique favorise l'accès direct de ses fidèles au texte biblique La Torah et les écritures enseignent que les rois ne sont ni nécessaires ni surtout souhaitables, alors que les rois d'occident ont fait de la religion chrétienne la justification même de leur système de domination. En fait, les religions chrétiennes ont été créée par et pour les rois. La Torah et les écritures enseignent que la justice doit être appliquée dans ce monde ci, alors que les églises ont convaincu chrétiens qu'on rasera gratis demain. La chrétienté, c'est circuler ; y'a rien à voir ; obéissez, ayez la foi, ayez confiance. La civilisation juive, c'est ça se discute ; faut d'abord qu'on cause. L'occident ne va plus trop à la messe, mais deux millénaires de formatage, ça laisse une empreinte durable. Les Juifs sont des emmerdeurs, des empêcheurs d'enfumer en rond. Continuez !

Fallacieux

1 septembre 2021, 13h54, Suzy

En tant que chrétienne, je conteste absolument certaines assertions de ce Monsieur, qui semble être mal documenté sur cette religion, lorsqu'il dit que le christianisme "met le renouvellement de l'homme dans son propre mérite ou son autosuffisance", or c'est exactement le contraire. C'est la grâce seule qui renouvelle l'homme et l'effort (ou le "mérite" si cher au judaïsme) de l'homme vient secondairement comme réponse à la grâce et fidélité au don de Dieu. Monsieur Nancy semble s'être documenté à des sources qui ne sont pas le véritable christianisme, ou à des sectes chrétiennes comme par exemple le jancénisme qui a sévi dans l'Église pendant quelques décennies, mais a été rapidement et officiellement déclaré comme étant un courant qui est incompatible avec la foi chrétienne authentique. Celle-ci est en tout premier lieu une religion du prima de la grâce, du don gratuit de Dieu. Et d'ailleurs elle ne cherche absolument pas à supplanter le judaïsme, qu'elle aime, révère, respecte et ne cherche pas à convertir. Nous parlons de notre époque actuelle, pour les juifs et les chrétiens d'aujourd'hui et non des erreurs théologiques ni fautes gravissimes qui ont pu être perpétrées dans les siècles passés et dont l'Église s'est repentie et continue de le faire et de pleurer encore dans certains de ses membres.

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Pourquoi l'Occident hait les juifs

27 min

Ruben Honigmann - journaliste, Jean-Luc Nancy - philosophe

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Conan Doyle

7 juin 2018, 17h39, Jacques Vanschelde

Enfin ! Encore et encore... , plus l'esprit est brillant, plus la complexité du phénomène - la haine du juif par l'Occident - est marquée, plus l'explication donnée est limpide, elle coule de source ; "évidemment mon cher Watson".

Heidegger est toujours resté nazi

11 juin 2018, 19h55, Skil

Contrairement à ce qu'affirme Jean-Luc Nancy, Heidegger se révèle, dans les Cahiers noirs, persister dans son nazisme. Même là, et surtout, là où il prend ses distances avec le "nazisme vulgaire". Heidegger : "Le nazisme est un principe barbare. C'est là ce qu'il a d'essentiel et sa possible grandeur". Heidegger : "Nous demeurerons sur le front invisible de l'Allemagne spirituelle secrète". Il serait naïf d'imaginer que l'expression désigne l'Allemagne humaniste et démocratiquement intégrante de ses populations juives et tziganes.

Heidegger : le guide (Führer) d'une spiritualité germanique national-socialiste

12 juin 2018, 15h16, Jean-Pierre Marchand

En qualifiant de tragique le fait que Heidegger ait été un antisémite banal, récoltant les clichés complotistes les plus convenus à propos des juifs, Nancy met l’accent sur une « banalité » de Heidegger qui, de fait, dissimule combien il n’a été ni un antisémite banal ni un nazi banal. Il n’a pas tout d’abord été un antisémite banal au sens où, devenu nazi, il a tenu à conférer à l’antisémitisme une dimension « historiale ». Il devait faire époque dans la perspective d’une histoire de l’être ou Seyngechichte. Dans cette expression « seyn » (à la place de « sein = être ») est un terme très fort marqué aussi par l’idée de néant et de destruction. C’est un équivalent de la croix gammée. L’ « extermination totale » devait préparer la venue d’un « autre commencement », un commencement « germano-hespérique » ni métaphysique ni judéo-chrétien. Il n’a pas été non plus un nazi banal puisque ses critiques à l’égard du national-socialisme sont à l’extrême-droite. Le nazisme réel était aux mains d’indigents qui n’avaient rien compris au sens profond de la « révolution ». Heidegger s’est constitué en guide d’une spiritualité germanique antiphilosophique. Il s’est pensé comme un « berger de l’être » guidant un peuple allemand purifié et reconduit à l’authenticité de son enracinement chtonien et de sa langue vers la mise en œuvre d’une aube vespérale de l’Occident. C’est du nazisme, et des plus potentiellement meurtriers, à l’état pur.

Un entretien laborieux et particulièrement pénible

15 juin 2018, 05h17, Didier Bertin

Comment un esprit tortueux passe totalement à coté de ce qu’il prétend traiter. En fait on assiste à la difficulté de raisonner de la part de quelqu’un qui semble refuser d’aborder ce qu’il prétend aborder peut-être parce qu’il ne le peut pas. Il ressort de cet entretien très laborieux sur média juif, un immense malaise. Les propos sur Heidegger ne font qu’ajouter de la confusion à la confusion.

Comment Heidegger introduit le « biologique » dans l’unité de la disposition affective du Dasein

3 juillet 2018, 13h25, Jean-Pierre Marchand

Dans "Exclu le juif" en nous Jean-Luc Nancy écrit : « Le cas de Heidegger est exemplaire en ceci que le même individu a pu élaborer une pensée du « peuple » résolument opposée à tout biologisme (et en cela opposée au nazisme) tout en ayant recours, à propos des juifs, à des préjugés racistes aussi misérables qu’un don pour la manigance ou une cupidité financière… ». Le syllogisme de Nancy est simple : « L’antisémitisme nazi est un biologisme ; or Heidegger est (résolument) opposé au biologisme ; donc Heidegger n’est pas nazi ». Ce que Heidegger avait bien vu c’est qu’en nazi on ne peut mettre en avant des qualités biologiques que dans la mesure où elles rendent compte d’une supériorité dans l’ordre spirituel. Or voici ce que déclarait Heidegger dans son cours de 1934 Heidegger "La logique comme question en quête de la pleine essence du langage" : « La voix du sang – die Stimme des Blutes – provient de la disposition affective fondamentale de l’homme. Elle n’est pas suspendue au-dessus pour elle-même, mais elle a sa place à elle dans l’unité de la disposition affective. (Je souligne) A cette unité appartient aussi la spiritualité – Geistigkeit - de notre être-le-là – Dasein – laquelle advient en tant que travail ». Si par biologisme il faut entendre une radicale réduction du racial au biologique le nazisme n’avait plus le sens qu’il prétendait avoir puisqu’aussi bien on ne comprend plus, dans ce cas, comment du biologique peut se traduire en avantages spirituels. Heidegger, avec bon sens, corrige tout d’abord une erreur de perspective. Mais, comme on le voit dans le texte, il n’évacue pas le biologique. Au contraire il l’intègre dans « l’unité de la disposition affective » (qui est à la base du sens de l’appartenance à la communauté aryenne-germanique). Et c’est cette intégration qui permet au biologique de se traduire en Geistigkeit, en spiritualité. Dans ce texte très « militant » de Heidegger cette spiritualité est dite par ailleurs devant advenir comme travail ?! Il me semble ici que « spiritualité » nomme les ressorts d’ordre intellectuel devant être mis à contribution pour mettre en œuvre la solution finale. Il avait déjà prévenu, dans son séminaire sur Héraclite : ce sera très difficile d’exterminer des millions de civils lesquels, par définition, ne peuvent être abattus sur un champ de bataille. En ce sens, de manière sinistre et abjecte, Heidegger avait raison : il a fallu une ingénierie particulièrement talentueuse pour mettre en œuvre la solution finale ! (Eichmann lui-même, pour cela, ne fut pas banal comme l’a affirmé Hannah Arendt. Il était animé de puissantes motivations antisémites. Il n’était pas qu’un pâle fonctionnaire de la mort). ----------- En réalité il faudrait prendre le temps de distinguer et d'articuler "biologie", "biologique", "biologisme". Jean-Luc Nancy fait un paquet "biologisme" qui lui permet d'affirmer que Heidegger, par son refus du biologisme, n'est pas nazi. Heidegger reconnaît et intègre au contraire la "voix du sang" dans sa conception unitaire du Dasein. Mais, surtout, il se révèle un nazi acharné.

Nancy's categrical distinction between the Greek (legal) perspective and that of "les Juifs"

12 juillet 2018, 17h52, Joel Golb

Nancy's categorical distinction between the "Greek" and the "Hebraic" (which he erroneously conflates with "les Juifs") appears historically ignorant. Hellenistic Judaism is central to Jewish history, hence to Western history ; some classicists have even argued (certainly mistakenly) that the Book of Job was written by Euripides ! Although naturally it's valid to explore the differences between Hebrew (pre-Jewish) monotheistic and pagan perspectives, the interaction between Judaism and Jewry and Hellenistic society and culture was eventually dynamic and productive (as would be the medieval interaction with Islamic society and culture as well). Maybe the best thing Derrida ever said is "Jewgreek is Greekjew". Nancy's thesis reifies "les Juifs" into a frozen cultural category, one based on the Hebrew Bible's mythic narrative of Moses, God, and "the law" and removed from time and both social and intellectual history. This is an all too common procedure, including among some Orthodox Jewish thinkers who are relied on popularly as experts on what Judaism "is. ".

POURQUOI SE TORTILLER LA QUEUE ?

30 juillet 2018, 11h14, TARGOOM

EST-IL NÉCESSAIRE DE TANT DISSERTER POUR ABOUTIR À DES CONCLUSIONS TRÈS BANALES ? -Les explications de M. Nancy ne sont pas toujours claires, ajoutant "de la confusion à la confusion ". -Heidegger n'était pas un nazi ordinaire et il est encore plus exécrable que n'importe quel nazi ordinaire. Ce qui est encore plus accablant pour H. Arendt qui n'a pas eu que des relations banales avec cet individu.

Problème technique ?

14 octobre 2018, 13h34, elisabeth Lahmy

Lecture des vidéos très hachée, interrompue toutes les 3 secondes sur mon ordinateur équipé de windows 10.

Antisémitisme un phénomène mondial lié aux régimes autocratiques

14 octobre 2018, 18h39, Steve

Bonjour Il est certainement utile sinon indispensable d'étudier l'histoire de l'antisémitisme en Occident, mais la question de l'antisémitisme prend un autre dimension, plus profonde, lorsque l'on se souvient que Leon Poliakov dans son Histoire de l'antisémitisme a montré qu'un pays comme le japon, dans le quel il n'y a pas eu d'implantations juives comptait, lors de la rédaction de son ouvrage, 4% d'antisémites. Le don de la Tora au Sinaï, accompagné nécessairement par un système de représentation graphique maîtrisable par tout un chacun, fonde en fait de l'état de droit et la mise en place des prémices d'une société démocratique. Ce sont donc tous les régimes autoritaires, fondés sur l'appartenance à une caste, une lignée semi divine ou sur la tyrannie d'un seul, qui rejettent nécessairement la loi d'Israël qui annihile toutes leurs narrations. Les japonais, par exemple, se disent descendants d'Amaterasu la déesse du soleil : ils ne peuvent donc accepter l'affirmation juive qui aboutit inéluctablement à la négation de leur mythologie et à la remise en cause de leur organisation sociale. Rome étant au départ une république légaliste - Rome n'a pas de philosophes mais a des ingénieurs et des juristes, Rome pouvait accepter plus facilement la croyance d'un peuple s'appuyant lui aussi sur un système légal... En plus de cette aversion fondamentale de toute dictature pour le judaïsme en tant que pensée du monde, peut venir se greffer un prétexte religieux ou autre - querelles à propos de l'héritage par exemple dont on sait quelles haines séculaires elles peuvent susciter dans les familles ! Cordialement.

Déception

2 janvier 2019, 10h50, R.C

N'importe quel lecteur de critique sociale radicale ne peut qu'être déçu par cet entretien comme par le livre. C'est dommage, car Nancy est quelqu'un de bien. Mais son propos n'a rien de nouveau (c'est une étrange synthèse philosophique de Nietzsche, Derrida, Lacoue-Labarthe, Levinas et Kofman) Je ne peux que recommander à ceux attirés par le nouveau de commencer par une bonne lecture de Moishe Postone, Critique du fétiche capital.

Un auteur suspect...

24 janvier 2019, 01h45, André

La défense intellectuellement malhonnête de Heidegger par Nancy (voir ses "critiques" lamentables des travaux d'Emmanuel Faye, François Rastier et d'autres comme Sidonie Kellerer) le rend très suspect et plus encore lorsqu'il parle des juifs et du judaïsme.

Pour faire de Heidegger un antinazi Nancy forge une représentation simplifiée du nazisme

25 mars 2019, 10h36, Jean-Pierre Marchand

Comment peut-on faire confiance à ceux des grands esprits de ces dernières décades qui semblent surtout avoir voulu sauver coûte que coûte le soldat Martin H de l’ accusation de nazisme ? Le titre à lui seul, Banalité de Heidegger, spécifie l’opération à laquelle se livre Jean-Luc Nancy dans son opuscule de 2015. En chargeant Heidegger du fait de s’être laissé happé, comme d’innombrables autres européens, par l’antisémitisme ambiant, cela même qui justifie d’en faire un antisémite banal, Nancy disjoint l’antisémitisme de Heidegger d’un archi-fascisme à caractère philosophique et, ce faisant, l’autorise à faire de Heidegger un antinazi. Mais lisons comment l’auteur, visiblement embarrassé, s’y prend pour brouiller une fois de plus les pistes : « Contentons-nous d’une phrase dans le volume 95, qui rassemble tout le mépris du philosophe pour la doctrine nazie : « Savoir racial, savoir pré-historique, savoir du peuple constituent le fondement « scientifique » de la vision-du-monde populo-politique ». Nancy aurait du tout d’abord interrogé le fait que, dans la phrase citée, Heidegger ne recourt pas au terme de « nazisme ». Nous en savons ainsi surtout sur la manière dont Nancy lui-même forge une représentation du nazisme qui lui permet de faire de Heidegger un antinazi. C’est une constante chez lui : le nazisme c’est forcément du « populo-politique ». L’auteur d’ Etre et temps ne peut à ce compte là qu’être antinazi. Il faut au contraire se demander quelle forme spécifique de nazisme est celui-de Heidegger. Heidegger faisant de l’ antisémitisme une « science allemande » il était fondé à afficher du mépris pour tous ceux qui étaient tenus, pour diverses raisons, à l’écart de son enseignement. Et cela d’autant plus que, jusqu’en 1933, des juifs comptaient parmi ses meilleurs élèves ! Nancy aurait pu, à ce point, enrichir la problématique par cette autre citation tirée des Cahiers noirs : « Le nazisme est un principe barbare. C’est ce qui constitue son essence et sa possible grandeur ». Citation contre citation : celle-ci change tout : Heidegger incarne, en en étant un des garants « spirituels », la possible grandeur de la barbarie nazie. C’est autre chose qu’un archi-fascisme puisque cela comprend nécessairement l’anéantissement total et effectif du monde juif. Il faudrait plutôt se plaindre du fait que Heidegger salit la philosophie en l’enrôlant dans son entreprise de « relève », d’essence nazie, du « populo-politique ».

Retour sur une phrase de Jean-Luc Nancy

7 juin 2019, 15h14, Jean-Pierre Marchand

« Comment, se demande JL Nancy dans "Banalité de Heidegger", pendant au moins un certain temps, l’antisémitisme – banal et sans pensée par définition – a pu être convoqué par la pensée qui mettait l’ « être » en question ». C’est en écho aux déclarations antisémites des Cahiers noirs que Jean-Luc Nancy a fait état de cette indignation interrogative. Après avoir justifié la notion arendtienne de banalité du mal il l’applique à Heidegger et cela en réaction aux déclarations antisémites des Cahiers noirs. Enfermant ainsi l’antisémitisme dans la banalité et l’absence de pensée - … l’antisémitisme – banal et sans pensée par définition – cela lui permet de considérer l’antisémitisme de Heidegger comme une sorte de furoncle de banalité et de non pensée sur un corpus irrigué, quant à lui, par la pensée de l’être. Cela lui permet de glisser l’idée selon laquelle l’antisémitisme heideggérien s’arrête à ce qui relève de la « banalité de Heidegger » et ne concerne nullement l’œuvre elle-même. L’antisémite ne pense pas, or Heidegger pense, donc Heidegger n’est pas antisémite ! Mais que faire alors de sa banalité antisémite ? Un simple cas d’une contamination par un virus très répandu ? Ma formulation est au reste imprécise il faudrait plutôt dire : quand Heidegger ne pense pas, et il pense beaucoup et le plus souvent, alors il est banal et antisémite. C’est ici que rien ne va plus pour JL Nancy. Il faut au contraire accepter l’hypothèse de formes non banales d’antisémitisme. Le nazisme de Heidegger réside précisément là où il fait de l’antisémitisme une pensée. Nous sommes enclins à considérer l’antisémitisme, pour autant qu’on le rejette, du côté du banal et du sans pensée. Mais le rejet des thèses heideggériennes doit au contraire être motivé parce que c’est en nazi que Heidegger produit une forme pensante de l’antisémitisme. Et cela même a quelque chose à voir avec la centralité de la question de l’être. Adorateurs de Dieu les juifs n’adorent qu’un étant et cela les tient irrévocablement hors du questionnement de l’être. Car « l’être – n’est-ce pas ? – n’est pas l’étant ». Heidegger intègre ainsi l’antisémitisme dans son champ de pensée en produisant un antisémitisme en tant que faisant obstacle même à la pensée ! C’est le reproche qu’il a adressé à Husserl : en vertu de sa « Rasse » il ne pouvait pas avoir accès au cercle des décisions les plus essentielles ! L’heideggérisme est un antisémitisme non banal et ainsi doué d’une grande force de frappe dans certains milieux. Le plus souvent il est caché et irradie de manière insidieuse. L’opposition simpliste de Nancy banal/pensant fait son jeu. Mais c’est parce que Heidegger a produit une forme non banale d’antisémitisme, en le pensant comme non pensant, qu’il est nazi « dans » la philosophie.

Dans "niaiserie" il y a phonétiquement "nier" - Niaiserie de J-L Nancy.

28 septembre 2019, 14h42, Jean-Pierre Marchand

Grand philosophe, fin et profond, Jean-Luc Nancy interprète les phrases incendiaires que Heidegger, dans les Cahiers noirs, adresse à l’encontre des « nationaux-socialistes » comme des témoignages de son antinazisme. Dans « niaiserie » il y a, phonétiquement parlant, « nier ». Comment qualifier en effet la philosophie quand elle se limite à la littéralité de propos tenus par un maître en ambiguïté et en cryptage ? C’est seulement au bout de quelques temps après 1933 que Heidegger, au reste, se déchaîne contre les acteurs du III° Reich. Le Cahiers noirs apparaissent ainsi comme les carnets temporairement secrets où un sur-nazi dit sa déception face au national-socialisme réel. Voici un exemple de sa rage : « Instrumentaliser la « culture » comme moyen de pouvoir et ainsi s’affirmer et prétendre à une supériorité est au fond un comportement juif. Qu’en résulte-t-il pour la politique culturelle comme telle ? » (§48, Réflexions X). Un des premiers motifs de cette rage est que la « politique culturelle » du Reich se fait sans lui ! Sans lui culture ne mérite que des guillemets ! Sans l’irrigation de la pensée Heidegger l’antisémitisme se fourvoie dans une agonistique mimétique qui fait des allemands une réplique des juifs ! C’est la suprême injure ! Heidegger peut d’autant plus prendre de haut ce national-socialisme que dans Etre et vérité (1934) il avait déjà forgé, en l’espèce de l’ « anéantissement total » de l’ennemi « incrusté sur les racines intérieures du peuple », le concept de solution finale. Que dit-il alors sinon que les « nationaux-socialistes » feraient bien mieux, au lieu de jouer à leur insu aux « juifs », de construire des choses du genre chambres à gaz et de former des agents du genre Adolf Eichmann !

Sympathie !

25 août 2021, 20h50, R.S.

Voici ce qu'en tant que juif orthodoxe je cherche à renconter chez mes frères humains : clairvoyance, intelligence, sensibilité au génie judaïque. L'espoir d'une fraternité messianique autour de la vraie intelligence n'est plus utopique. Paix à son âme, haute et belle âme. R. S.

Il est logique que l'occident haisse les juifs.

27 août 2021, 12h13, Pierre DAD

L'occident a développé des religions basées (en partie) sur les textes sacrés juifs. L'Église catholique s'est même considérée comme le seul Verus Israël L'occident a éliminé tous les cultes de l'antiquité, tous les cultes animistes et polythéistes, mais ne pouvait liquider la religion originelle du Christ. Le Juif est à la fois un concurrent et un reproche vivant. Voilà des gens qui prient debout, pas à genoux, ni à plat ventre, tout en gardant leur chapeau sur la tête. Voilà des gens qui, tous, doivent non seulement apprendre mais savoir disputer à propos de l'interprétation de la Torah et des écritures. En comparaison, il a fallu attendre le concile Vatican II, il y a 56 ans, pour que l'Église catholique favorise l'accès direct de ses fidèles au texte biblique La Torah et les écritures enseignent que les rois ne sont ni nécessaires ni surtout souhaitables, alors que les rois d'occident ont fait de la religion chrétienne la justification même de leur système de domination. En fait, les religions chrétiennes ont été créée par et pour les rois. La Torah et les écritures enseignent que la justice doit être appliquée dans ce monde ci, alors que les églises ont convaincu chrétiens qu'on rasera gratis demain. La chrétienté, c'est circuler ; y'a rien à voir ; obéissez, ayez la foi, ayez confiance. La civilisation juive, c'est ça se discute ; faut d'abord qu'on cause. L'occident ne va plus trop à la messe, mais deux millénaires de formatage, ça laisse une empreinte durable. Les Juifs sont des emmerdeurs, des empêcheurs d'enfumer en rond. Continuez !

Fallacieux

1 septembre 2021, 13h54, Suzy

En tant que chrétienne, je conteste absolument certaines assertions de ce Monsieur, qui semble être mal documenté sur cette religion, lorsqu'il dit que le christianisme "met le renouvellement de l'homme dans son propre mérite ou son autosuffisance", or c'est exactement le contraire. C'est la grâce seule qui renouvelle l'homme et l'effort (ou le "mérite" si cher au judaïsme) de l'homme vient secondairement comme réponse à la grâce et fidélité au don de Dieu. Monsieur Nancy semble s'être documenté à des sources qui ne sont pas le véritable christianisme, ou à des sectes chrétiennes comme par exemple le jancénisme qui a sévi dans l'Église pendant quelques décennies, mais a été rapidement et officiellement déclaré comme étant un courant qui est incompatible avec la foi chrétienne authentique. Celle-ci est en tout premier lieu une religion du prima de la grâce, du don gratuit de Dieu. Et d'ailleurs elle ne cherche absolument pas à supplanter le judaïsme, qu'elle aime, révère, respecte et ne cherche pas à convertir. Nous parlons de notre époque actuelle, pour les juifs et les chrétiens d'aujourd'hui et non des erreurs théologiques ni fautes gravissimes qui ont pu être perpétrées dans les siècles passés et dont l'Église s'est repentie et continue de le faire et de pleurer encore dans certains de ses membres.

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PLAN DE LA CONFÉRENCE

  • Au commencement de la haine

    La Loi d'Athènes et du Sinaï (7min)

  • Les origines inavouables du christianisme

    L'obstinée singularité d'Israël (7min)

  • La Shoah, liquider le Juif

    pour fabriquer un homme nouveau (5min)

  • L'Occident en manque d'esprit

    Heidegger, antisémite banal (9min)

L'organisateur

Les Conférenciers
Biographie des conférenciers

Ruben Honigmann - journaliste

Ruben Honigmann est directeur éditorial d'Akadem.

Jean-Luc Nancy - philosophe

Jean-Luc Nancy, né le 26 juillet 1940 à Bordeaux, est un philosophe français. En 1968, alors qu'il enseigne la philosophie à l'université de Strasbourg (il y enseignera jusqu'en 2004), il fait la connaissance de Philippe Lacoue-Labarthe. Les deux hommes, bien qu'avec des approches assez différentes, sont animés par le souci commun d'une reprise critique, déconstructrice, de la grande tradition philosophique allemande. Ils reconnaissent dans le travail de Jacques Derrida cette même exigence. De cette commune exigence philosophique naîtra une amitié des trois. Jean-Luc Nancy multiplie les collaborations avec d'autres écrivains ainsi qu'avec des artistes plastiques ou de scène comme la chorégraphe Mathilde Monnier. Il a été membre du Conseil national des universités, section philosophie. 

Bibliographies des conférenciers

Jean-Luc Nancy

Un trop humain virus, (Bayard, 2020)   Acheter

Derrida, suppléments, (Galilée, 2019)   Acheter

Exclu le juif en nous, (Galilée, 2018)   Acheter

Tu vas obéir !, (Bayard, 2014)   Acheter

La communauté désavouée, (Galilee, 2014)   Acheter

La jouissance, (Plon, 2014)   Acheter

Vous désirez ?, (Bayard, 2013)   Acheter

L'intrus, (Galilee, 2000)   Acheter

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