L’arbre d’après l’écorce. Sur l’œuvre de Roxane Gouguenheim
Par Paul Bernard-Nouraud | 23 février 2026
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Exposition Ouvrir les Temps Sombres
Jusqu'au 7 mars à La galerie By Lara Sedbon (Paris) et du 24 mars au 9 mai au Centre d'Art de Meudon

© Pino Musi
« Ainsi s’efforce un arbre encore sous
l’écorce
À montrer vif ce tronc que parfera la
mort. »
Francis Ponge, « Le
tronc d’arbre »
La
silhouette de l’Eiche-Homo qu’a peint Roxane Gouguenheim avec un bâton
d’huile rouge évoque « le chêne de Goethe », « Die
Goethe-Eiche », ainsi que le surnommèrent les déportés du camp de
Buchenwald, aménagé sur la colline déboisée de l’Ettersberg en 1938, où le
poète aimait à se promener. Mais cette silhouette-là montre un arbre passé par
la violence de l’histoire, le marteau de la philosophie nietzschéenne et la
fureur du dämon goethéen.
Les
planches de bois brûlé que Roxane Gouguenheim attache à des cadres de métal,
les Parrhesia, comme celle dont le tronçon est délicatement suspendu à
deux tendeurs bleu-roi dont la nuance se retrouve également par intermittence
dans les reflets de ses vastes monochromes noirs que sont les Hypostases,
ces planches évoquent la façon dont l’arbre de Goethe fut dépecé par ces mêmes
déportés après qu’un bombardement allié l’eut calciné en août 1944. Certains
d’entre eux en emportèrent avec eux des éclats. L’écrivain et déporté Bruno
Apitz sculpta le sien, extrayant de la matière en partie épargnée par son
ciseau Le Dernier visage (Das letzte Gesicht) [1] – un
visage de mourant.
Les grandes Épreuves
verticales et horizontales en plâtre de Roxane Gouguenheim font également penser à des bris de corps blessés. Ou
plus exactement à des corps absents comme ceux des Figures-cheminées
d’Elsa Pollak ou les morceaux d’Anatomies de Magdalena Abakanowicz, mais
dont il ne resterait ici que les pansements et l’âme, ainsi qu’on
désigne en sculpture l’armature d’une figure. Quant à ses pieds d’argile
blanche, les Exils, ils ont quelque chose des fragments antiques, les
jeux d’ombres de leur musculature se rapportant visuellement à ceux
qu’induisent les cannelures des colonnes, n’étaient les blocs de savon que
l’artiste leur adjoint quelquefois, et qu’à d’autres moments elle sculpte en
forme de pieds eux aussi.

Eiche Homo, Bâton d'huile sur toile, 220x230cm
À cette chaîne
d’évocations – de « voix » qui se lèvent d’une œuvre à l’autre –
s’articule, chez Roxane Gouguenheim, tout un réseau de références composant
d’autres voix, plus basses puisqu’inapparentes mais non moins décisives. Les Parrhesia
exposent ainsi une vérité qui s’apparente à celle dont parle Michel Foucault
dans Le Courage de la vérité, où il explore le lien qui se tisse dès
Socrate entre l’énoncé d’une vérité (parrêsia en grec) et l’idée que
l’existence (bios) soit un « objet d’élaboration et de perception
esthétique [2] ».
Autrement dit : pour s’énoncer en vérité, l’existence exige une forme.
Aussi les Parrhesia de Roxane Gouguenheim entretiennent-elles avec ses Hypostases
une parentèle à la fois formelle et référentielle.
Comme
la « substance » dérivée du latin, l’« hypostase » est
littéralement en grec ce qui se tient en-dessous, ce qui soutient quelque chose
comme une vérité, comme l’être en son existence véritable. « J’appelle
hypostase l’événement par lequel l’existant contracte son exister [3] »,
écrit Emmanuel Levinas peu après la guerre, ajoutant dans un autre texte de la
même période que « par l’hypostase
l’être anonyme perd son caractère d’il y a [4]. »
Plus tard, dans Éthique et
infini, le philosophe de la rencontre précise que cet
« événement » et la perte qui l’accompagne marquent le « passage
allant de l’être à un quelque chose, de l’état de verbe à l’état de chose [5]. »
En sorte que cet il y a originel se développe pour indiquer un lieu – il y a là
–, et désigner en ce lieu quelque chose ou quelqu’un – une forme, un homme.
L’« Ecce homo » (« Voici l’homme ») de
Nietzsche auquel fait écho Eiche-Homo
acte en son énoncé-même que le présent
de l’hypostase, c’est-à-dire la vérité temporelle de l’existence qu’elle
sous-tend, n’est pas de l’ordre de la représentation, mais qu’il s’effectue
selon une figure que la rhétorique nomme hypotypose (la sous-empreinte, la
trace dirait Levinas), et Goethe « présentification » (« Vergegenwärtigung »). L’homme qui se présente en personne et en vérité – le témoin
disant « j’y étais » avant de s’effacer [6]
– le fait au présent de l’indicatif, s’indexant sur lui-même, de même l’œuvre,
de même l’arbre.

Parresia -2, bois incendié sculpté, 191x152x9cm
À moins de considérer avec
Jean-Luc Nancy ce type de représentation sur un mode non pas répétitif mais
intensif [7],
Roxane Gouguenheim ne « représente » pas l’arbre de Goethe au sens
traditionnel du terme, elle le présentifie. Elle en expose le sang, la chair,
les membres séparés. Non pas brusquement, cependant, mais comme s’il s’agissait
pour elle de leur fournir un abri, que pourraient lui offrir les cadres
métalliques de ses Parrhesia, les creux du vide de ses Hypostases découpées, ou les replis
que ménagent les âmes de ses Épreuves.
La forme donnée du bois brûlé, par exemple, est à
la fois œuvrée, puisque Roxane Gouguenheim la retravaille, et désœuvrée, dans
l’exacte mesure où ce retravail ne désavoue pas la forme que lui a donnée
l’incendie (accidentel ou criminel en ce cas précis, mais dans tous les cas
sans intervention de l’artiste). Par cette retenue du geste conférant à l’œuvre
son contenu, sa forme témoigne d’elle-même et du soin que l’artiste lui porte.
Laisser la figure de l’arbre se détacher de la
toile traitée en réserve traduit ce même rapport au vide envisagé comme une
enveloppe. Le silence qui l’environne se charge cependant d’une autre dimension
en comparaison des dessins de déportés, puisqu’en décontextualisant l’arbre de
Buchenwald (dans celui de Roxane Gouguenheim, les baraquements ont disparu
ainsi que tout autre indice permettant de le situer dans le temps et dans
l’espace), l’artiste l’extrait ici de son environnement historique immédiat. Ce
n’est plus l’arbre de Buchenwald, mais un arbre d’après Buchenwald ; un arbre d’après ses écorces.
*
Ce sont en effet elles qui conservent une certaine
mémoire de l’arbre permettant de remonter jusqu’à lui. Mais une mémoire
écorchée justement ; « l’Homme,
l’arbre et la Terre ont en commun de posséder tous trois une “écorceˮ, et donc de pouvoir être “écorchésˮ [8] », écrit Philippe Comar. Le mot lui-même a gardé quelque chose de cette
possibilité partagée. En latin, rappelle de son côté Georges Didi-Huberman dans
Écorces, le
récit qu’il a fait de son déplacement à Birkenau, ce « bois de
bouleaux », « écorce » se dit alternativement « scortea »
– « manteau de peau [9] »
–, et « liber » – « livre », en français, « Buch »
en allemand. En sorte, écrit l’historien de l’art, que les livres constituent
« ces choses qui tombent de nos écorchements, ces écorces d’images et de
textes montés, phrasés ensemble [10]. »
Dans le cas circonvoisin de Buchenwald, un
processus semblable s’est produit en générant des écorchures plastiques, ou
pour mieux dire hylétiques, puisque le bois demeure. La matière de l’arbre
déformé s’est reformée dans un visage chez Bruno Apitz avant d’informer un bout
de bois brûlé chez Roxane Gouguenheim. La
généalogie – explicitement nietzschéenne elle aussi, mais encore goethéenne par
endroits – dans laquelle s’inscrit son arbre à elle est plus complexe et moins directe, en ce que sa peinture a perdu la
relation directe, indicielle, avec l’arbre réel. La distance s’est creusée, et
avec elle le vide.
Cette distension se résout néanmoins en partie –
mais en partie seulement – dans l’intension représentative que met en pratique Roxane
Gouguenheim : les fondements historiques que les œuvres des artistes de
l’époque laissaient voir clairement y apparaissent chez elle obscurément.
L’obscurité – des formes, des références – leur est cependant une protection,
comme l’est le secret chez Goethe ou l’opacité dans la poétique d’Édouard
Glissant[11].
Comme chez ce dernier, cependant, ce qu’elle voile elle le dévoile aussi.
*
Quitte à le déchirer : « Ceci n’est pas
une aurore, c’est une déchirure dans le voile », écrit ainsi en yiddish
transcrit en alphabet latin Roxane Gouguenheim au bas de la peinture
intitulée Fartog
(« Aurore » en
yiddish) issue de sa série des Men in Dark Times. Déchâssée, c’est-à-dire libre, la toile jaune –
comme l’étoile – flotte – comme un voile –, et la peinture sur elle se déchire
– comme le monde plongé dans le désastre des « sombres temps [12] »
sur lesquels revenait Hannah Arendt en revenant en Allemagne.
Par ses touches comme par ses tons, la peinture de
Roxane Gouguenheim est étrangement proche de celle que peignit Frank
Lobdell en 1948 pour commémorer le massacre de plus de mille déportés brûlés
vifs par les SS dans une grange de Gardelegen le 13 avril 1945, et découverts
le lendemain par les soldats alliés, parmi lesquels Lobdell [13].
Rien n’indique, pas même son titre, que 31 décembre 1948 ait
été peinte en mémoire de cet événement. La peinture en voile le souvenir, et
cependant ses formes déchirées le conservent en leur déchirement-même.
Ce voilement-dévoilement des fondements d’une œuvre
– de ses hypostases – définit indissociablement sa forme et son contenu, que
Goethe a pensés solidairement sous le nom de teneur (Gehalt), et que Walter Benjamin
a décliné en y introduisant l’idée de vérité (Wahrheitsgehalt). Dans l’étude qu’il lui a consacrée, Benjamin dit
ainsi de la critique qu’elle « cherche la teneur de vérité [14] »
d’une œuvre, laquelle, d’après Goethe donc, participe d’une beauté qui ne
serait pas pure, mais compliquée de vérité, « car le beau n’est ni voile ni le voilé, mais l’objet
dans son voile [15]. »
Nietzsche
écrit de l’artiste qu’« à chaque révélation de la vérité », il
« considère avec ravissement ce qui, après cette réflexion, demeure
voilé ». Si « l’homme théorique », ainsi que Nietzsche le
désigne, lui aussi « se satisfait de la joie de cette révélation »,
il trouve en revanche « son plus grand plaisir à faire tomber de nouveaux
voiles [16]. »
Pour Benjamin, cependant, comme
probablement pour Roxane Gouguenheim
dont l’art se veut une forme de critique, « le rôle de la critique
n’est pas de soulever le voile, mais, en le connaissant comme tel, de la façon
la plus exacte, de s’élever jusqu’à l’intuition véritable du beau [17]. »
*
À cette différence
près – et Benjamin fut parmi les premiers à avoir l’intuition exacte de cette
différence – que le « beau » d’après Buchenwald n’est plus celui
d’avant. Il n’est même plus celui, pourtant déjà difforme, du « petit
bossu » (Das bucklicht Männlein) du conte allemand auquel s’identifiait Benjamin [18], et
qu’il reconnaissait en Franz Kafka [19]. La
toile de Roxane Gouguenheim qui rend
hommage à l’alter ego bossu de Benjamin (Men in Dark Times 3, Petit bossu) montre une silhouette informe, presque
animale, et comme terrée [20],
elle-même différente du portrait qu’elle a fait du philosophe dans son
polyptyque passé au feu de la nuit (Nachtfeuer), celle des
« ténèbres hitlériennes [21] »
que maîtrisa la peinture de Georges de la Tour aux yeux de René Char.
S’il en est ainsi, c’est que le concept de beau et
la figure du bossu sont désormais pris dans
cette autre référence indispensable à l’artiste, celle des « sombres
temps » arendtiens. Dans la « vie politique » qu’elle a
consacrée à Bertolt Brecht, Arendt crédite Jean-Paul Sartre d’avoir décrit
« avec
beaucoup de précision » l’état du monde après la Seconde Guerre mondiale
« en disant que quand les instruments sont cassés et inutilisables, les
plans ruinés et l’effort dénué de sens, le monde apparaît avec une fraîcheur
enfantine et terrible, suspendu dans le vide, sans orbite [22]. »
Dans les textes de Roxane
Gouguenheim, cette co-apparition, ou pour mieux dire cette comparution qui
signe l’avènement d’un monde redevenu vaste après avoir été dévasté et
recherchant son astre après avoir été désastré, ou à tout le moins une
constellation, s’exprime dans l’image d’un « tombeau se superposant à un
berceau ».

Nachtfeuer, polyptique 7 toiles huile, 900cm
De leur côté, l’économie visuelle
de son Eiche-Homo et des œuvres constellant à son entour font surgir un
autre arbre, qui a le même côté berceau-tombeau, le même aspect « enfantin
et terrible », pour paraphraser Sartre et Arendt, que le sien ; une
forme étique et fragile propice aux rencontres, aux malencontres ou aux
dérencontres.
L’arbre auquel on songe est celui
que conçut Alberto Giacometti pour la reprise en 1961 au Théâtre de l’Odéon d’En
attendant Godot de Samuel Beckett [23],
qui avait d’abord nommé Lévy son personnage d’Estragon [24].
L’arbre original, parfois reconstitué, a disparu. Sur les photographies qu’on
en connaît, il semble tout petit à côté des comédiens, là où la série de
dessins d’arbres que réalise Giacometti dix ans plus tôt les font paraître
immenses.
Il existe d’ailleurs parmi eux
une épreuve lithographique rouge (la version finale et complète éditée par
Tériade pour Verve en 1952 comptait cinq couleurs) qui entretient avec
l’Eiche de Roxane Gouguenheim une certaine ressemblance, n’était la
figure humaine, absente de son œuvre à elle, comme si elle avait retenu de
l’art de Giacometti son principal élément, son « seul élément permanent et positif [25] »,
comme le disait l’artiste lui-même en 1945 des gravures de Callot qu’il
admirait : le vide.
*
« Avec
de l’espace, il faut donc que Giacometti fasse un homme [26] »,
écrit Sartre en 1948 dans La Recherche de l’absolu. Avec de l’espace, il
faut donc que Roxane Gouguenheim fasse un arbre. Mais elle sait, comme
Giacometti selon le philosophe, « que l’espace est un cancer de l’être,
qui ronge tout [27] ».
Aussi faut-il qu’elle fasse le vide ; puisque c’est par lui qu’elle se
détache du monde, et en l’œuvrant qu’elle s’y rattache – à ce monde-ci, à ce
monde d’après, comme au monde d’avant et au monde à venir, tant il est vrai,
ainsi que le dit encore Goethe, qu’il n’est « pas de plus sûr moyen que l’art pour échapper au monde, et pas de plus sûr
moyen non plus pour y être rattaché [28]. »
Paul Bernard-Nouraud
Historien de l'art, théoricien et critique d’art
Membre de l’AICA
Jusqu'au 7 mars à La galerie By Lara Sedbon
63 rue Notre-Dame de Nazareth, 75003 Paris
Et du 24 mars au 9 mai au Centre d'art de Meudon
[1] L’œuvre est aujourd’hui
conservée dans les collections du Musée historique allemand de Berlin.
[2] Foucault, M., « Leçon du 29
février 1984 », Le Courage de la vérité. Le gouvernement de soi et des
autres ii. Cours au Collège de
France (1983-1984), Paris, Hautes Études, Seuil, Gallimard, 2009,
p. 149.
[3] Levinas, E., Le Temps et l’autre [1946-1947], Paris, Presses
universitaires de France, 2009, p. 22.
[4] Levinas, E., De l’existence à l’existant [1947], Paris, Vrin, 2004,
p. 141.
[5] Levinas, E., Éthique
et infini [1982], Paris, Le Livre de Poche, 2008, p. 42.
[6] Pour une interprétation
du témoin se « présentifiant », cf. Krämer, S., « Les ambivalences du témoignage », in Alloa, E., Kristensen, S. (dir.), Témoignage
et survivance, Genève, MétisPresses, 2014, p. 53-75, en particulier
p. 62.
[7] Cf. Nancy, J.-L., « La représentation
interdite », in Idem (dir.), L’Art
et la mémoire des camps. Représenter. Exterminer, Paris, Seuil, 2001,
p. 13-32, ici p. 21-22.
[8] Comar, Ph., « Fertile anatomie », 2006, Le Lien et la grâce,
Strasbourg, L’Atelier contemporain, 2025, p. 121.
[9] Cf. Didi-Huberman, G., Écorces, Paris, Minuit, 2011, p. 70.
[10] Ibid., p. 71.
[11] « Nous appelons donc opacité ce qui protège le Divers. » Glissant,
É., Poétique de la Relation. Poétique iii [1990], Paris, Gallimard, 2002,
p. 75.
[12] « De l’humanité en
de “sombres
tempsˮ. Réflexions sur
Lessing », est le titre de la conférence que dona Arendt à Hambourg en
1959 à l’occasion de la remise du prix Lessing. Le texte qui en est issu ouvre
le recueil de ses Vies politiques qu’elle avait intitulées en anglais Men
in Dark Times.
[13] Cf. sur ce point Chassey, É. (de), « Après la table rase »,
in Idem, Ramond, S. (dir.),
1945-1949. Repartir à zéro. Comme si la
peinture n’avait jamais existé, Paris, Hazan, Lyon, musée des Beaux-Arts de
Lyon, 2008, p. 19-31, en particulier p. 21 ; ainsi que Chassey, É. (de), Donner à voir.
Images de Birkenau, du Sonderkommando à Gerhard Richter, Paris,
Gallimard, 2024, p. 40.
[14] Benjamin, W., « Les
Affinités électives de Goethe », 1924-1925, Œuvres i, tr. M. de Gandillac, R. Rochlitz,
P. Rusch, Paris, Gallimard, 2011,
p. 274.
[15] Ibid., p. 385.
[16] Nietzsche, F., La Naissance de la tragédie [1872], tr. C. Heim, Paris, Gonthier, 1970, p. 97.
[17] Benjamin, W., « Les
Affinités électives de Goethe », loc. cit.,
p. 385.
[18] Cf. Benjamin,
W., Sens unique, précédé d’Une enfance berlinoise et suivi de Paysages
urbains [1972], tr. J. Lacoste, Paris, Maurice Nadeau, 2012.
[19] Cf. Benjamin, W., « Franz Kafka. Pour le dixième
anniversaire de sa mort », 1934, Œuvres
ii, tr. M. de Gandillac, R. Rochlitz, P.
Rusch, Paris, Gallimard, 2010.
[20] On pense à la plus
oppressante des nouvelles de Kafka : « Le terrier », in Kafka, F., La Colonie pénitentiaire
et autres récits [1919], tr. A. Vialatte, Paris, Gallimard, 1981.
[21] Char, R., « Feuillets d’Hypnos », 1943-1944, Fureur et mystère [1945-1947], Paris,
Gallimard, 2008, p. 128.
[22] Arendt, H., « Bertolt Brecht », Vies politiques [1955-1971], tr. É. Adda et alii, Paris,
Gallimard, 2006, p. 218.
[23] Cf. sur ce point Dufrêne, T., Le
Journal de Giacometti, Paris, Hazan, 2007, p. 296.
[24] Cf. sur ce point Temkine, P. et V., Godot dans
l’histoire [2008], Belval, Circé, 2023. Ce changement de nom est en réalité
connu au moins depuis la monographie de Ludovic Janvier, Samuel Beckett par
lui-même (Minuit), paru en 1969, mais comme l’écrit Valentin Temkine, il
n’avait pas éveillé l’attention depuis.
[25] Giacometti, A., « À
propos de Jacques Callot », 1945, Écrits [1990], Paris, Hermann,
2004, p. 25.
[26] Sartre, J.-P., « La recherche de l’absolu », 1948, Situations, iii, lendemains de guerre, Paris,
Gallimard, 1949, p. 290.
[27] Ibid.,
p. 295.
[28] Goethe, Maximes et réflexions, tr. P. Deshusses,
Paris, Payot, 2022, p. 83.
