• Institut Elie Wiesel

En ligne le 12 janvier 2021, de 19:00 à 21:00

Cours
Cycle d'étude 4 cours


Les derniers juifs en terre arabe, 1850–1975 l'émancipation impossible, avec Georges Bensoussan

Le monde juif en terre arabe rassemble environ 1 million d'individus au sortir de la Seconde Guerre mondiale. En 2020, il en compte à peine 4000, dont 3000 au Maroc et 1000 environ en Tunisie. Comment une civilisation plus que bimillénaire a-t-elle pu disparaître en un aussi court laps de temps ?


Pour comprendre les raisons du départ, loin de s'attacher aux facteurs immédiats et néanmoins réels (les répercussions du conflit israélo-arabe et la décolonisation), il est préférable d’explorer le fonctionnement interne de ces sociétés à l’époque moderne, au XIXe siècle en particulier, avant la colonisation occidentale. Renforcées par l'exode venu d'Espagne et du Portugal au XVIe siècle, ces communautés juives, plutôt bien accueillies dans l’empire Ottoman, eurent tendance ensuite à végéter, en particulier en terre arabe, sous la loi d'un islam de plus en plus fermé au fur et à mesure qu’il était confronté à la modernité de l'Occident.

 


Par le biais des écoles au premier chef, et en premier lieu celles de l'Alliance Israélite Universelle (fondée à Paris en 1860), la rencontre entre la civilisation occidentale et une condition juive diminuée et partout rabaissée, eut un effet d’émancipation renforcé encore par le choc de la colonisation. Lentement modernisées et occidentalisées, au moins dans leurs franges supérieures, et partant de plus en plus psychiquement émancipées, les communautés juives du monde arabe ne pourront pas supporter le retour à l’antique sujétion musulmane promise par les indépendances.

 

A cette raison de fond s’ajoute, à partir des années 1930, une dégradation de la condition juive qui fait écho au conflit arabo-sioniste en Palestine, comme si les sociétés arabes avaient pris en otage les communautés juives. De là, une montée des violences (pogrom de Constantine, août 1934, Farhoud de Bagdad, juin 1941) et une situation quotidienne de plus en plus difficile à vivre qui débouche après le choc de la Seconde Guerre mondiale (abrogation du décret Crémieux en Algérie, occupation allemande en Tunisie et en Lybie, sympathie pro-allemande d’une majorité de la "rue arabe") sur le départ massif en une génération à peine.


Ce cycle de quatre cours se propose donc d'étudier l'évolution de ces sociétés juives de 1850 jusqu'à leur déracinement un siècle plus tard.

Mardi 12-19-26 janvier et 2 février 2021

Intervenant

  • Georges Bensoussan - historien

Informations pratiques

  • Tarifs: 60 € les 4 séances