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du 27 novembre 2020 au 20 janvier 2021

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Politique et race en France, un mariage dangereux
Podcast radio: l'affaire du « fichier juif »

Officiellement détruit au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, le "fichier juif" établi par régime de Vichy refait surface en 1991. L’événement déclenche une véritable affaire d’État et oblige les institutions à se poser la question de leur responsabilité dans la déportation des Juifs.

 

3 octobre 1940. La loi sur le statut des Juifs est promulguée par le régime de Vichy. Son adoption marque le début de la collaboration active de la France à l’extermination des Juifs d’Europe. Et pour reconnaître les Juifs, qui n’ont pas « la peau bleue » comme le regrettent les initiateurs de cette politique, les autorités leur imposent le port de l’étoile jaune et leur demandent de se faire recenser. Le « fichier juif » est ainsi constitué. Plus de 150 000 fiches sont établies et servent aux rafles sur tout le territoire.  
 

Après la Libération, une circulaire du 6 décembre 1946 ordonne « la destruction de toutes les pièces fondées sur une discrimination de caractère racial ». La destruction est effectuée les 15 et 16 novembre 1948, puis le 14 décembre 1949, après la fin des travaux de la Cour de justice et des tribunaux militaires pour faits de collaboration. N'ont été conservées que les fiches des Juifs arrêtés et déportés pour permettre aux survivants et aux familles de victimes d’obtenir réparation. Elles vont disparaître dans les oubliettes de l’histoire jusqu’à ce que le chasseur de nazis Serge Klarsfeld les retrouve dans les services du ministère des Anciens combattants. Les 60 000 fiches vont provoquer une véritable affaire d’État et déchirer la France pendant près de cinq ans, sur fond de révélations historiques, d’enjeux mémoriels et de changement de majorité politique.