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Benjamin Orenstein
(Témoin)

Biographie

Benjamin

Benjamin Orenstein est né le 15 septembre 1926, en Pologne, dans la petite ville d'Annopol, à 80 kilomètres au sud-ouest de Lublin. Il est le cadet d'une famille de cinq enfants, quatre garçons et une fille. Ses parents, Nuchym et Toba Lea, vivent du commerce des oeufs et de la viande de veau. Le 1er septembre 1939, l'Allemagne nazie envahit la Pologne. La zone d'occupation allemande est divisée en deux secteurs : les régions les plus à l'ouest sont annexées au Reich tandis qu'un "Gouvernement général" est constitué autour de Cracovie, Varsovie et Lublin. Immédiatement, les exactions à l'encontre de la population juive se multiplient. Le 23 novembre, les Juifs du "Gouvernement général" sont contraints de porter un brassard blanc avec une étoile de David bleue. Dans chaque ville, les nazis nomment un "Conseil juif" (Judenrat) chargé de faire appliquer leurs directives. Tous les hommes âgés de seize à soixante ans sont soumis au travail forcé. Progressivement, les Juifs sont regroupés dans les villes et parqués dans des quartiers surpeuplés et insalubres : les ghettos. En 1941, il est interdit aux Juifs de s'éloigner de plus d'un kilomètre du centre d'Annopol. Les hommes sont employés dans des entreprises allemandes installées à la périphérie de la ville. Alors qu'il n'a pas encore quinze ans, Benjamin Orenstein prend la place de son père qui a été arrêté et envoyé au camp de travail de Ieniszow. Il parvient à s'évader au bout de cinq semaines, rejoint sa famille et part travailler dans une ferme. Le 13 octobre 1942, les Juifs d'Annopol sont déportés vers le centre de mise à mort de Belzec, à l'exception d'un groupe d'une centaine d'hommes, dont Benjamin et ses trois frères, qui sont emmenés au camp de Rachow effectuer des travaux agricoles. En 1943, il est transféré à Budzyn, à une quarantaine de kilomètres de Lublin, où il travaille dans une usine d'aviation (Heinkelwerke). En novembre, il apprend que tous les prisonniers de Rachow, dont ses trois frères, ont été exécutés. Dès lors, il est l’unique survivant de sa famille. En mai 1944, à l'approche des troupes soviétiques, les détenus de Budzyn sont envoyés au camp d'Ostrowiec, puis à Auschwitz, où Benjamin arrive le 4 août. Il est enregistré et tatoué (matricule B 4416), puis transféré à Furstengrübe, un camp-satellite d'Auschwitz III, où il travaille dans une mine de charbon jusqu'au 13 janvier 1945. Après la "marche de la mort", il échoue au camp de Dora, en Allemagne, où il tombe gravement malade. Il est finalement libéré par l'armée américaine le 11 avril 1945. Benjamin Orenstein est alors âgé de 18 ans et demi. Il n’a plus de famille, pèse 32 kilos et doit réapprendre à vivre. Après une période de convalescence dans un centre de l'Agence juive à Trevano, en Suisse, il parvient à rejoindre la Palestine et passe quelque mois au kibboutz d'Aloumot, dans la vallée du Jourdain. Il s’engage dans l’armée dès la création de l’Etat d’Israël, en mai 1948, et participe au premier conflit israélo-arabe. Démobilisé en 1950, il est contacté par un cousin qui vit en France et s’installe définitivement à Lyon le 14 novembre 1951. Son témoignage, Ces mots pour sépulture, a été publié en 2006. (© Mémorial de la Shoah, février 2010.)