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Rentrée scolaire

Les juifs et l'école publique, le grand désamour (12 min)

Martine Cohen - chargée de recherche au CNRS, Ruben Honigmann - journaliste
  • Typologie des écoles juives

    Et les enfants de couples mixtes? (3min)

  • Un virage orthodoxe

    Un entre-soi identitaire et social (5min)

  • L'école publique désertée

    par les juifs et... les musulmans (4min)

Les documents (5)
Les conférenciers
Biographie des conférenciers

Martine Cohen - chargée de recherche au CNRS

Martine Cohen est sociologue au Groupe Sociétés, Religions, Laïcités-CNRS. Elle travaille sur les renouveaux religieux et identitaires en France et sur les transformations de la laïcité française, particulièrement dans les domaines du judaïsme, des « sectes » et du Renouveau charismatique. (Mise à jour: février 2009)

Page personnelle

Ruben Honigmann - journaliste

Ruben Honigmann est responsable éditorial d'Akadem.

Bibliographies des conférenciers

Martine Cohen

Associations laïques et confessionnelles, (L'Harmattan, 2006)   Acheter

Les transformations de l'autorité religieuse, (L'Harmattan, 2004)   Acheter

Une approche du judaïsme laïque en France: Engagements associatifs et parcours individuels, (C.N.R.S., 2004)   Emprunter

Les Juifs de France aujourd'hui: Du modèle confessionnel au modèle communautaire, (Ministère de l'Education Nationale, 1990)   Emprunter

Les Cercles d'étude, (Comité de coordination pour l'éducation juive, 1987)   Emprunter

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Cette conférence apparaitra à une adresse privée que nous vous communiquerons et il vous sera possible de la visionner autant de fois que vous le souhaiterez.

Elle apparaîtra sous sa forme brute, c'est-à-dire sans aucun apparat critique (titres, documents, séquençages, bibliographies, liens etc.)

Akadem est intégralement financé par des subventions du Fonds Social Juif Unifié et de de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.
Si nous n'avons pas publié cette conférence, c'est entre autre faute de moyens financiers.

Si cette conférence peut vous être utile... un don à l'ordre de l'Appel unifié juif de France (l'organe de collecte du FSJU), sera très apprécié.

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L'organisateur
Commentaires ( 3 )

Rigueur et précison de Martine Cohen

30 août 2018, 16h24, Gilles

Sans passion mais avec détails Martine nous a fait un état des lieux de l’Ecole privée, juive ou non, et publique. Désaffection des parents pour l’Ecole Publique qui était auparavant le creuset de l’apprentissage de la vie, des autres et du savoir. Aujourd’hui la République est plus discrète et ses adeptes aussi ; on peut le regretter mais c’est ainsi ! Bravo et merci à Akadem et à Martine Cohen ! Gilles.

les années 80

24 août 2020, 09h32, mael

Durant les 80 nous étions Rue Petit là où se trouve aujourd'hui une forte communauté juive pieuse et des écoles juives. A côté de la librairie (aujourd'hui juive) près de la porte chaumont en bas de ce qui étaient des tours de 14 étages de type HLM mais qui étaient en fait plutôt 'classe moyenne' mélange de toutes origines avec une forte proportion de Juifs du Maghreb (il y avait même une mode, vestimentairte avec naf-naf et blanc bleu, (mais on s'habillait surtout chez Eli Soldes à porte de Pantin, une boutique de schmattes!). On allait tous à l'école ensemble de sa cité (ou résidence, les plus défavorisés étaient les arabes des cités rue de la solidarité et Gaston Pinault, mais il y avait pire, les noirs de taudis qui brûlaient et furent remplacés par des HLM ou des opérations immobilière de l'ère Chirac, et la gentrification qui a cassé le sentiment d'appartenance à une même réalité sociale, même avec des différences. Les Juifs venaient à l'école le samedi, TOUS. Sauf exception, moi même je ne savais pas que j'étais juif ou si peu, ni que Tarik mon pote de classe était arabe. Seulement le racisme subi par nous de la part de certains fils der racistes nous soudaient avant de nous séparer, mais socialement. Les Juifs réussissaient mieux à aller au Lycée, il n'y avait qu'un seul lycée pour 250 000 habitants, avec 65% de réussite au bac...Moi même j'ai fini par aller dans une école privée...catholique où j'ai connu l'antisémitisme. Mais chez nous dans le 19ème si jk'y repense, rien que les noms des camarades étaient presque pour moitié juifs, puis nos amis étaient très 'de gauche' touche pas à mon pote etc... De par le fait que nous étions, nous ashkénazes héritiers de la shoah à un moment où le tabou dans lequel nos pères avaient été élevés était brisé par l'école et la presse. Nos parents et profs étaient souvent d'origine juive et anciens de 68. Mais ils avaient voulu nous élever en dehors de la religion, par contre les fils d'Algériens juifs étaient plus communautaires. Il y a un mot pour la façon de parler et le style de ces fils et filles, d'origine maghrébine, qu'on remarquait les Librati, Benaroche, etc, quand moi Nathan ou Cohen étaient avant que je ne le sache des noms français, plus que Serfati! Bref on vivait dans un univers plus politique et moins communautaire, si chacun avait son background, à l'école (il n'y a qu'à voir les photos de classes) c'était black blanc beur, et dans les "blancs" beaucoup étaient soit ashké soit Sef' soit beaucoup aussi de fils de réfugiés chiliens et argentins etc. Donc à part certains nous étions tous des enfants d'immigrés descendants d'apatrides ou réfugiés. La différence est venu des bandes avec les skins, les chasseurs, puis avec les bandes d'arabes qui dépouillaient les jeunes isolés pas spécialement les Juifs. Mais les Juifs étaient aussi dans des bandes... En fait on était la dernière génération et peut-être la première à vivre dans une certaine fraternité et si il y avait des différences elles étaient sociales, car le racisme n'avait pas le droit de cité! Le seul bon français chrétien de ma classe s'appelait Jean Marie et lui était victimisé pour ça! Mon ami s'appelait Medhi Matlouti (j'aurai à 7 ans près pu être avec les Kouachis) et un autre était Stéphane Israël. David et Jonathan étaient des prénoms courants, même si la génération d'avant, juste avant avait eu ses Jean-Luc et ses Christophe Israël, on revenait aux prénoms bibliques, par tradition ou pour rendre hommage aux morts. Mon identité juive s'est formée en opposition aux religieux que mon père me défendait de fréquenter, il était trotskiste, et le récit de la Shoah qui était à remplir, par nos questions à nos grands parents qui s'étaient tus jusque là. Il s'est passé qu'on a commencé à parler de la guerre en histoire à l'école et que les p^rofs nous ont poussé à interroger. Bien sur les enfants de parents issus de survivants comme moi, revenaient avec des histoires impensables, mais que la société était désormais prête à entendre. Il est à noter que ce ne sont pas les témoins qui ont voulu qu'on aborde le sujet (ma grand mère, née en Allemagne voulait qu'on apprenne l'allemand pour qu'il n'y ai plus de guerre, et on visitait des cousins en Israël et en Amérique, avec ceux qui portaient des tatouages mais on en parlait pas). Ce fut le moment de répondre à un négationnisme virulent, et la cela est passé par nous, ce fut notre soirée du ceder tous les jours à partir de 87!Les questions des enfants de dix ans à leur arrière grand mère à l'accent yid, la grand mère survivante, enfant caché, la résistance et les maquis juifs, tout cela était inconnu de la plus part des non juifs. C'est le récit de l'holocauste qui faisaient comme une piqure de rappel contre le racisme et l'antisémitisme à l'époque ça marchait. Jamais personne, chez les enfants ne disait sale juif. Sale arabe oui. On était pas si loin de la guerre d'Algérie.. Ceux qui se détedstaient le plus étaient les sionistes et les religieux contre les internationalistes trotskistes comme mon père. Le Betah contre les 68ards, depuis 67. Chez nous les Juifs d'Algérie et les Arabes d'Algérie vivaient ensemble de Belleville à tout le 19ème et la rue Petit était très afrique noire. Le quartier s'est communautarisé et pour moi, de mon point de vue ça a commencé quand les Juifs ont retiré leurs enfants de l'école et les ont mis dans des écoles juives. Desormais il y avait des cités de juifs et des écoles de Juifs! J'ai eu la chance de connaître l'ignorance ou le mépris du racisme et la non discrimination, nous vivions tous ensemble grecs, chiliens, espagnols ou algériens, polonais souvent juifs en plus de l'origine géographique avec les chrétiens, de France, des Antilles et les musulmans du Maroc, les plus pauvres étaient les maliens des squatts qui étaient scolarisés avec nous. Mais il y avait une mixité sociale puisque dans une classe de 6ème on retrouvait le fils du Dr Cohen, le fils de l'éboueur malien, du maroquinier marocain, du journaliste israélite français, la prof askénaze et les fils de rapatriés avec toutes les composantes de la société. Ceux qui voulaient faisaient Shabbat ils étaient nombreux, mais ils allaient en cours les autres jours que le samedi, et parfois même et même souvent venaient à l'école (l'étude n'est pas interdite, et puis les religieux étaient dans le creux de la vague, y compris chez nous, et chez les musulmans comme les cathos, le débat entre croyants et non croyants était ouvert et on ne pouvait s'en sortir en disant moi je suis... non il fallait argumenter, entre enfants. Les enfants adorent philosopher et plus on parle du fond et moins on parle de différences figées au niveau de l'essence culturelle et de l'origine mieux c'est pour la liberté d'expression, il n'y avait pas les crispations actuelles. Seulement cela a un peu changé avec l'Intifada, mais quand même il y avait une distance entre Israël et les Juifs de France, qui tend à disparaître malheureusement . Maintenant on est dans dis moi qui tu es je saurai ce que tu crois, pense et dans quel camps tu es...Non à l'époque tout était encore très politique et c'était une question de choix, par exemple être algérien ce n'était surtout pas être voilé ou musulmane, il y avait à l'intérieur de chaque communauté un débat et le débat dépassait les communautés, c'est difficile à imaginer aujourd'hui. Plus besoin ou pas besoin de s'intégrer, tous ces enfants étaient français, et pas encore de discrimination. Aujourd'hui on entend des sale juif et des sales blancs, et c'est une défaite, le communautarisme est venu selon moi, d'abord des milieux juifs religieux qui ont séparés entre les Juifs pieux et les autres Juifs, puis ont rendu la communauté visible comme sin on était tous des chalala (sef') ou des religieux, et surtout alimenté bien des fantasmes, coté goy, et une séparation au quotidien côté juif. C'était les années des 'potes' où j'ai grandi entre enfants de toutes origines, sans savoir que la plupart de mes copains étaient juifs! C'était des Azoulay ou des Solal, et il a fallu attendre dieudonné et soral pour qu'on relève la judéité de mon nom et me traite de sale juif, sur cette seule base. D'un côté on était naîfs, d'un autre le modèle marchait. Mais de chaque origine est venu le radicalisme religieux ou nationaliste, et parler de touche pas à mon pote aujourd'hui parait idiot, pourtant discriminer les racistes en ridiculisant leur parole, ça marchait chez nous, les enfants du 19èmes arrdt soudés quand il le fallait contre les racistes, pas contre les uns ou les autres, comme après. Dans les 90 on a vu des bagarre entre cités et entre Juifs et Arabes par exemple sur fond de conflit israélo-palestinien, j'espère que jamais on ne devra choisir entre République et judéité, ce serait un non sens. On est au bord du gouffre, quand je vois des Juifs voter Lepen...

l école juive

25 août 2020, 13h09, salon

Merci à toi Martine, pour ton analyse michèle salon ancienne de langues o

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Les juifs et l'école publique, le grand désamour

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30 août 2018, 16h24, Gilles

Sans passion mais avec détails Martine nous a fait un état des lieux de l’Ecole privée, juive ou non, et publique. Désaffection des parents pour l’Ecole Publique qui était auparavant le creuset de l’apprentissage de la vie, des autres et du savoir. Aujourd’hui la République est plus discrète et ses adeptes aussi ; on peut le regretter mais c’est ainsi ! Bravo et merci à Akadem et à Martine Cohen ! Gilles.

les années 80

24 août 2020, 09h32, mael

Durant les 80 nous étions Rue Petit là où se trouve aujourd'hui une forte communauté juive pieuse et des écoles juives. A côté de la librairie (aujourd'hui juive) près de la porte chaumont en bas de ce qui étaient des tours de 14 étages de type HLM mais qui étaient en fait plutôt 'classe moyenne' mélange de toutes origines avec une forte proportion de Juifs du Maghreb (il y avait même une mode, vestimentairte avec naf-naf et blanc bleu, (mais on s'habillait surtout chez Eli Soldes à porte de Pantin, une boutique de schmattes!). On allait tous à l'école ensemble de sa cité (ou résidence, les plus défavorisés étaient les arabes des cités rue de la solidarité et Gaston Pinault, mais il y avait pire, les noirs de taudis qui brûlaient et furent remplacés par des HLM ou des opérations immobilière de l'ère Chirac, et la gentrification qui a cassé le sentiment d'appartenance à une même réalité sociale, même avec des différences. Les Juifs venaient à l'école le samedi, TOUS. Sauf exception, moi même je ne savais pas que j'étais juif ou si peu, ni que Tarik mon pote de classe était arabe. Seulement le racisme subi par nous de la part de certains fils der racistes nous soudaient avant de nous séparer, mais socialement. Les Juifs réussissaient mieux à aller au Lycée, il n'y avait qu'un seul lycée pour 250 000 habitants, avec 65% de réussite au bac...Moi même j'ai fini par aller dans une école privée...catholique où j'ai connu l'antisémitisme. Mais chez nous dans le 19ème si jk'y repense, rien que les noms des camarades étaient presque pour moitié juifs, puis nos amis étaient très 'de gauche' touche pas à mon pote etc... De par le fait que nous étions, nous ashkénazes héritiers de la shoah à un moment où le tabou dans lequel nos pères avaient été élevés était brisé par l'école et la presse. Nos parents et profs étaient souvent d'origine juive et anciens de 68. Mais ils avaient voulu nous élever en dehors de la religion, par contre les fils d'Algériens juifs étaient plus communautaires. Il y a un mot pour la façon de parler et le style de ces fils et filles, d'origine maghrébine, qu'on remarquait les Librati, Benaroche, etc, quand moi Nathan ou Cohen étaient avant que je ne le sache des noms français, plus que Serfati! Bref on vivait dans un univers plus politique et moins communautaire, si chacun avait son background, à l'école (il n'y a qu'à voir les photos de classes) c'était black blanc beur, et dans les "blancs" beaucoup étaient soit ashké soit Sef' soit beaucoup aussi de fils de réfugiés chiliens et argentins etc. Donc à part certains nous étions tous des enfants d'immigrés descendants d'apatrides ou réfugiés. La différence est venu des bandes avec les skins, les chasseurs, puis avec les bandes d'arabes qui dépouillaient les jeunes isolés pas spécialement les Juifs. Mais les Juifs étaient aussi dans des bandes... En fait on était la dernière génération et peut-être la première à vivre dans une certaine fraternité et si il y avait des différences elles étaient sociales, car le racisme n'avait pas le droit de cité! Le seul bon français chrétien de ma classe s'appelait Jean Marie et lui était victimisé pour ça! Mon ami s'appelait Medhi Matlouti (j'aurai à 7 ans près pu être avec les Kouachis) et un autre était Stéphane Israël. David et Jonathan étaient des prénoms courants, même si la génération d'avant, juste avant avait eu ses Jean-Luc et ses Christophe Israël, on revenait aux prénoms bibliques, par tradition ou pour rendre hommage aux morts. Mon identité juive s'est formée en opposition aux religieux que mon père me défendait de fréquenter, il était trotskiste, et le récit de la Shoah qui était à remplir, par nos questions à nos grands parents qui s'étaient tus jusque là. Il s'est passé qu'on a commencé à parler de la guerre en histoire à l'école et que les p^rofs nous ont poussé à interroger. Bien sur les enfants de parents issus de survivants comme moi, revenaient avec des histoires impensables, mais que la société était désormais prête à entendre. Il est à noter que ce ne sont pas les témoins qui ont voulu qu'on aborde le sujet (ma grand mère, née en Allemagne voulait qu'on apprenne l'allemand pour qu'il n'y ai plus de guerre, et on visitait des cousins en Israël et en Amérique, avec ceux qui portaient des tatouages mais on en parlait pas). Ce fut le moment de répondre à un négationnisme virulent, et la cela est passé par nous, ce fut notre soirée du ceder tous les jours à partir de 87!Les questions des enfants de dix ans à leur arrière grand mère à l'accent yid, la grand mère survivante, enfant caché, la résistance et les maquis juifs, tout cela était inconnu de la plus part des non juifs. C'est le récit de l'holocauste qui faisaient comme une piqure de rappel contre le racisme et l'antisémitisme à l'époque ça marchait. 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Ceux qui voulaient faisaient Shabbat ils étaient nombreux, mais ils allaient en cours les autres jours que le samedi, et parfois même et même souvent venaient à l'école (l'étude n'est pas interdite, et puis les religieux étaient dans le creux de la vague, y compris chez nous, et chez les musulmans comme les cathos, le débat entre croyants et non croyants était ouvert et on ne pouvait s'en sortir en disant moi je suis... non il fallait argumenter, entre enfants. Les enfants adorent philosopher et plus on parle du fond et moins on parle de différences figées au niveau de l'essence culturelle et de l'origine mieux c'est pour la liberté d'expression, il n'y avait pas les crispations actuelles. Seulement cela a un peu changé avec l'Intifada, mais quand même il y avait une distance entre Israël et les Juifs de France, qui tend à disparaître malheureusement . 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