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Naissance de la violence - n° 1

Berechit: réhabiliter Caïn (24 min)

Noémie Benchimol - philosophe
  • Dieu sème la zizanie

    Le mystère du rejet de Caïn (9min)

  • Caïn le marginalisé

    Humiliation, exclusion, violence (10min)

  • La culture de l'excuse

    S'arracher à sa condition de victime (5min)

Les documents (2)
Le conférencier
Biographie du conférencier

Noémie Benchimol - philosophe

Née en 1988, Noémie Issan-Benchimol est diplômée en Philosophie et Etudes Hébraïques de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm). Elle est également titulaire d’un Master en Histoire de la Philosophie (Paris IV), d’un Master d’Etudes Médiévales (EPHE) et d’un Master 1 d’Hébreu classique et Etudes Juives (Paris IV). Après avoir travaillé sur le concept de résurrection des morts dans la pensée de Gersonide, elle s’oriente vers les questions de droit talmudique, à la croisée de la philosophie du langage, du droit, de la théologie, et de l’éthique. Critique littéraire pendant 4 ans au Jerusalem Post, elle a publié un article sur les théologies juives après la Shoah (ouvrage collectif Les Philosophes face au Nazisme, Vrin, 2015). Elle est doctorante contractuelle à l’EPHE depuis octobre 2016. Elle prépare, sous la direction de Jean-Christophe Attias, une thèse sur "Aveu, serment et vœu en droit talmudique : actes de langages, sacré et judiciaire dans la pensée juive".  

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L'organisateur
  • Akadem
    Akadem
    Paris - 22 septembre 2016
Commentaires ( 26 )

Bravo

19 octobre 2016, 00h27, Elie A.

Un commentaire éclairé, des références qui sortent des sentiers battus, bien loin des trop fréquentes (bien que légitimes) interprétations "rabbinico-rabbiniques" du texte biblique. On aurait aimé que ce soit plus détaillé. Bravo et Merci.

Merci !

20 octobre 2016, 21h45, Tommy Fortin

J'espère que la vie ne vous éloignera jamais de la Torah, car le commentaire que vous en extirpez est éclairant et rafraichissant. Merci à vous.

Pour un judaïsme déchristianisé...

21 octobre 2016, 09h27, Haïm Nabet

Que de nuances entre le début et la fin de cette conférence ! Quelle différence entre la conception christianisée girardienne du sacrifice, centrée sur la violence et la victimisation, et la conception biblique et talmudique qui le considère comme une approche voire un rapprochement (qorban) de la divinité ! Il y a tout un monde entre la pitié chrétienne pour Caïn et sa condamnation biblique. Ce monde constitue le culte étranger qui nous est formellement interdit. La pitié est étrangère au judaïsme justement parce qu'elle déresponsabilise totalement l'homme, et ainsi le déshumanise. Je me permets de reprendre une analogie faite par N. Benchimol pour mieux la préciser : la différence entre la min'ah et le qorban est similaire à celle entre un cadeau qui a une grande valeur en soi et un cadeau qui a une valeur pour soi, en l'occurrence pour l'autre, mais pas nécessairement une grande valeur en soi, et qui ainsi nécessite une connaissance de l'autre. Pourquoi, ou plus précisément, pour qui Abel élève-t-il du menu bétail alors que la consommation de la chair animale n'est permise qu'à l'époque de Noé ? Et qu'est-ce qu'une porte si ce n'est une fermeture sur le monde ?

Super

23 octobre 2016, 09h01, Yvonne

Vous avez apporté un éclairage lumineux de cette histoire. Merci.

Caïn et la dénonciation de la "culture de l'excuse"

23 octobre 2016, 10h32, Ben

Si c'est Dieu qui exclut Caïn en rejetant arbitrairement son offrande, quelle légitimité a-t-il à lui contester sa façon de se révolter ? À la rigueur si Dieu admettait son "erreur" on pourrait le concevoir mais il semble que ce ne soit pas le cas.

Réhabiliter ?

23 octobre 2016, 10h33, andrée-geneviève verne

Serait-ce la différenciation qui ferait violence à l’aube de l’humain ? Cette différenciation fondée sur « du » manque à la différence : pour pas tout « de » la différence entre l’un et l’autre, sauf sur ce coup de l’agrément ou pas de l’offrande, de ceci cela ou autre chose. Le risque pour l’humain serait de réduire "du" manque à la différence au même. La vie et la mort, Caïn et Abel, ne sont pas les mêmes, grâce à D et à l’incarnation dans la langue. » : « A l’origine la faute, (je lis : le défaut dans la langue) est tapie, à toi sa passion, toi gouverne là. » A Chouraki. Selon ma lecture, telle serait la leçon pour tout un chacun d'entre nous.

Merci beaucoup Excellent travail

23 octobre 2016, 10h36, jean

Bonjour Je suis catholique et donc par ma culture un « dissident au Temple ». J’emploie cette expression (« dissident au Temple ») de préférence à celle de christianisme et également de judaïsme, car cette expression rend très claire à mon sens la réalité, à savoir que le « judaïsme » c’est le « Temple » qui continue jusqu’à ce jour, et le « christianisme », c’est la mouvance « dissidente au Temple » dont le leader et créateur est le juif Jésus. Les deux épopées de Moïse et Jésus reposent sur des témoignages visuels factuels et concrets. Ces témoignages relèvent de la prise de connaissance devant les yeux de faits précis, dont certains hors du commun et donc du croyable, l’interrogation sur le croyable tombe bien évidemment si on est témoin direct du péhonomène. Et quels sont-ils ces phénomènes incroyables : la traversée de la mer rouge à pied sec, la montagne qui fume, Hachem qui parle directement au peuple, à Moïse et Aaron, la manne, Hachem qui de son doigt écrit les dix paroles sur une table de pierre, etc. Ces faits ne sont pas plus croyables que la résurrection de Jésus devant des témoins oculaires nombreux pendant cinquante jours, jusqu’à cinq cent témoins en une seule occasion, et pour ces témoins quasiment tous juifs, comment ne pas prendre au sérieux l’enseignement du ressuscité, lequel n’a aucunement remis en cause la loi de Moïse pour les juifs ainsi que celle dite de Noé pour les nations ? Et également, comment ne pas prendre au sérieux l’enseignement de Moïse ? Ces faits sont incroyables. Et pourtant, on y croit. Et ceux qui y croient seraient-ils des idiots ? Bien sûr que non, mais ce phénomène de prendre au sérieux une tradition basée sur une connaissance transmise par des témoins relève du mystère, mystère dans le sens non pas que cela soit définitivement incompréhensible, mais plutôt que l’on se trouve devant une porte fermée, que si on accepte l’idée qu’elle peut s’ouvrir, va dévoiler après son ouverture un paysage inconnu dont le profondeur ne pourra jamais être complètement atteinte. La délivrance finale nous permettra, le moment venu, de bien voir clairement toutes ces choses admirables. En attendant, merci beaucoup pour cet excellent et brillant exposé sur Caïn. Cela nous change de bien des commentaires qui apparaissent parfois quelque peu infantiles, l’important c’est le cœur des choses et non les volutes de l’imagination hors sol. Merci beaucoup pour votre approche midrashique, approche qui malheureusement manque chez nous, surtout pour le grand public. Merci à Akadem pour votre travail de qualité. A moi qui ne suis pas juif, vous consolidez ma foi.

Commentaire sur le premier commentaire de Mr Haïm Nabet (pour le moment)

23 octobre 2016, 13h23, Hector Sanz

Dans le premier commentaire, il me semble que mettre en parallèle l'éventuelle "pitié chrétienne" pour Caïn ou une " conception christianisée du sacrifice" de la conférencière, inspirée de René Girard avec une supposée condamnation biblique sans appel relève d'une lecture du texte biblique (thoraïque) ou même de sa traduction classique et basique du Rabbinat Français, quelque peu biaisée et inexacte. En effet il est écrit en français, pour la facilité de la transcription "... L Eternel lui dit : " Aussi quiconque tuera Caïn sera puni au septuple". Et l'Eternel le marqua d'un signe pour que personne le rencontrant ne le frappât. Caïn se retira de devant l'Eternel, et séjourna dans le pays de Nôd à l'orient d'Eden Caïn connut sa femme etc. " Aussi à la sanction, c'est à dire la malediction divine, et à l'exil de Caïn, s'associe ce qu'il faut bien reconnaître comme une protection divine. Parler indument "d'un culte étranger" alors que la pitié pour Caïn émane du Dieu de la Thora est donc pour le moins inapproprié. Cela dit, le commentaire de Noémie Benchimol introduit une vision ouverte et vivifiante de la Thora tout en etant absolument fidèle à la réalité du texte et non à sa lecture projetée (cf. Freud : Introduction à la Psychanalyse. C'est à dire qu'on lit ce que l'on comprend et pas ce qui est écrit.

Pas de fatalité !

23 octobre 2016, 14h59, B. Vaisbrot

Excellente initiative de sortir certains personnages bibliques de leur rôle de "méchants" où nombre de commentaires veulent les enfermer : Caïn, Noé, Esaü, Nadav et Avihou, Kora'h, ... La Tora est profondément humaine et ces exemples sont là pour nous éviter de faire nous-mêmes ces expériences douloureuses. Remarquons au passage que Caïn n'a pas été puni de mort et a eu une descendance... Mais s'est retiré à l'Est d'Eden. Le grand mérite de cet exposé bref et dense est de rafraîchir la relation à la Divinité qui nous propose des épreuves mais qui ne veut pas se laisser "acheter" par un cadeau formel. Continuer à La servir même si on n'est pas le préféré. C'est le défi lancé à Israël encore aujourd'hui. Merci beaucoup pour מנחה et קרבן.

Complément à mon message précédent

23 octobre 2016, 19h53, jean

A Madame Noémie Benchimol Bonjour Madame Permettez-moi de soulever quatre questions induites par votre sujet, et de vous faire une remarque. En vous priant de vouloir bien m’excuser si je n’ai pas bien compris votre tradition. OFFRANDES ET SACRIFICES Tout d’abord pour la remarque Au sujet de l’offrande de Caïn L’idée communément admise, dont celle de Rachi est que l’offrande de Caïn était en fait de qualité ordinaire pour ne pas dire médiocre (1), d’où son rejet. Je n’arrive pas à me débarrasser de l’intuition complémentaire suivante : Dans votre tradition, si je ne me trompe, il est dit en substance (c’est dit aussi chez nous, sans doute dans une forme différente, mais le sens est le même) : « quand tu as un conflit avec ton frère, laisse-là ton offrande et va d’abord te réconcilier avec lui ». C’est bien sûr la démarche de réconciliation qui compte, car si l’autre ne veut rien entendre, le conflit ne sera pas réglé pour autant, mais là c’est une autre affaire qui ne concerne que ce dernier. LE MOTIF DU REJET DE L’OFFRANDE DE CAIN NE SERAIT-IL PAS TOUT SIMPLEMENT UNE ANIMOSITE TENACE QUE CAIN TENAIT A L’EGARD DE SON FRERE ? Soit existence d’un conflit entre les deux frères, au sujet d’une femme par exemple… (c’est bien ce qui est recherché en premier dans une affaire criminelle, « cherchez la femme »éclaire bien des mobiles). Car si Eve est qualifiée par Adam de « cette-fois ci, celle-là » - sous réserve que l’expression ainsi traduite corresponde véritablement au sens du texte original – cela suggère « cette-fois là, celle-ci » (Lilith ?), et donc quelques événements non explicitement dits (comme pour le « Serpent » qui a séduit Eve…), non-dits vraisemblablement voulus à cause de la délicatesse et de la pudeur d’Hachem qui n’aime pas étaler dans le détail le péché, notamment de nos premiers parents). On a déjà bien assez à faire avec nos mauvais penchants, on n’a pas besoin de tomber dans le voyeurisme au sujet du péché des autres et surtout en plus de nos parents, la modestie s’impose. Car il y avait bien une grave situation conflictuelle entre eux, pour que cela aille jusqu’à l’assassinat ? Et cette rancœur naurait pas permis alors à Hachem d’agréer l’offrande (il y a dans votre tradition, la remarque d’Hachem quand il exprime son dégoût de l’hypocrisie de ceux qui respectent la forme des choses, « les sabbats, les fêtes, etc. » mais qui ne veulent pas réformer leur conduite mauvaise pleine de ressentiments et de violences plus ou moins contenues). Les questions induites par notamment votre tradition. 1 - comment dans votre tradition vous expliquez la NATURE SANGLANTE DES SACRIFICES ? Pourquoi faut’il supprimer une vie, animale certes (mais alors que représente cette vie animale ?) en versant donc son sang ? Pourquoi le sang ? 2 - vous dites que l’autorisatioin de CONSOMMER DE LA VIANDE date du déluge. Mais alors, quid de l’offrande des premiers nés de son troupeau, par Abel ? Si je ne me trompe, il y a deux types de sacrifices : ceux consummés par le feu et ceux mangés (par qui, uniquement par les Lévites à l’occasion de l’instauration de l’organisation du Temple au Sinaï ?) 3 - L’ordre donné aux êtres physiques et notamment aux bêtes sauvages, de ne manger que « l’herbe des champs » NE CONCERNERAIT IL que l’être raisonnable humain (préadamilte et adamite ensuite, ou adamite uniquement ?). Le passage en question semblant codé, en ce sens que les « bêtes sauvages » seraient en réalité les préadamites (comme on dit dans notre tradition sans préciser si adamites ou pas « homme psychique » et « homme spirituel », l’un d’ailleurs étant destiné à évoluer vers l’autre – ce qui aurait été la mission d’Adam à laquelle il aurait échoué après le péché -, le vecteur actif pour cette évolution du psychique vers le spirituel passant par Israël, indépendemment de toute querelle maintenant ancestrale entre le « Temple » et la « dissidence au Temple », je préfère cette dernier expression plus précise que « judaïsme » et « christianisme. On n’imagine mal un lion ne manger que de l’herbe, on l’imagine mal, mais d’un autre côté, rien n’est impossible à Hachem. 4 - L'ARRET DES SACRIFICES AU TEMPLE aurait eu lieu quelques années (six ans ?) avant la destruction de celui-ci en 70, êtes-vous d’’accord avec cette affirmation ? J’ai lu cela sur un site juif, mais j’ai perdu la référence. Si l’information est correcte, quelle est la cause de l’arrêt anticipés de ces sacrifices ? Bonnes fêtes à vous. Et encore une fois, veuillez m’excuser si j’ai mal compris un point de votre tradition. (1) http : //www. Sefarim. Fr/ Berechit 4 : 3 commentaire Rachi « Des fruits de la terre De ce qu’il y avait de moins bon (Beréchith raba 22, 5). Une hagada rapporte qu’il a présenté des graines de lin (Midrach tan‘houma Beréchith 9). ».

Manque de communication ?

23 octobre 2016, 22h03, Christian Schueller

J'avais toujours pensé que c'etait le manque de communication qui avait déclenché le crime. Cain se sentait blessé, mais étant incapable de parler de sa blessure, il n'eut d'autre recours que le meurtre. Mais votre conférence a balayé cette hypothèse, car de quoi aurait pu parler Cain à son frère ? Au fond, Abel n'y était pour rien...

A Hector Ganz

24 octobre 2016, 14h46, Haïm Nabet

La pitié implique la grâce, la grâce est le négation de la justice, et la justice est le fondement même du judaïsme. Si la grâce est possible alors la loi est vaine. Toute christianisation du judaïsme porte en elle une négation profonde du judaïsme, parler alors d'un culte étranger n'est nullement exagérer. Cela ne signifie pas que la divinité n'éprouve aucun attachement pour la créature humaine, mais, comme l'ont bien théorisé les kabbalistes juifs, ce n'est pas de l'attribut divin de justice sévère qu'est issu l'attribut divin de tendresse, mais au contraire, c'est l'attribut de tendresse qui est à la source de l'attribut de justice sévère. Autrement dit, l'amour divin préserve toujours la dignité de l'humain par la responsabilisation de ses actes. Pas de pitié pour un Caïn qui n'a pas pris la peine d'ouvrir suffisamment son esprit à un monde où la divinité est présente - encore une différence fondamentale avec le christianisme, car le dieu chrétien n'est pas présent dans ce monde-ci mais uniquement dans le monde à venir - pour y découvrir la sagesse d'un sacrifice que son frère Abel avait, quant à lui (gam hou, pour citer le texte biblique dans une interprétation différente de celle de N. Benchimol), découverte. Restons, s'il vous plaît et afin de ne pas nous perdre, sur le sujet et les propos de cette conférence qui tourne autour du sacrifice de Caïn et pas (directement du moins) autour du meurtre qu'il a commis et de ses conséquences.

Une phrase capitale. 24 octobre. Andrée Quiviger

24 octobre 2016, 19h05, Andrée Quiviger

Tout comme l'aventure humaine sur le plan éthique consiste à dépasser le narcissisme "naturel", votre commentaire nous enseigne que "Dieu n'aime pas le déterminisme". Une phrase capitale qui résume la vocation des fils de Dieu. Je ne suis pas juive, mais c'est ce genre d'inspiration (intuition) qui nourrit ma recherche. Merci.

Commentaire intéressant, mais évitons la publicité gratuite à ceux qui nous haïssent.

27 octobre 2016, 00h01, JPL75019

Bon commentaire, dans la lignée de ce que j'ai déjà pu entendre, notamment s'agissant de la célèbre interpellation de Caïn à D. : "Suis-je la gardien de mon frère ? ", qui pour certains signifie "N'était-ce pas plutôt Ton rôle, à Toi, de Créateur ? " En revanche, sans vouloir trop politiser cet espace, les propos de José Saramago (2002 : Ce qui arrive en Palestine est un crime que nous pouvons stopper. Nous pouvons le comparer à ce qui s’est passé à Auschwitz ») le disqualifient suffisamment à mes yeux pour ne pas devoir en faire une référence en matière de commentaire du Tanakh. Cordial shalom.

A propos de Caïn.

27 octobre 2016, 04h55, Aaron B

Nous sommes tous les enfants de Caïn et nous le prouvons à chaque instant. La mise à mort de l'autre ne passe pas seulement par la suppression de sa vie organique. Ne pas reconnaître son existence, ne pas le voir ou l'entendre, et une attitude qui s'apparente à une mise à mort. Du non salut matinal adressé à son voisin en passant par là non acceptation de la vision de l'autre, tous nos comportements qui s'apparentent au refus de l'altérité, relèvent de l'assassina. C'est Caïn qui nous l'enseigne.

A propos de notre filiation à Caïn.

27 octobre 2016, 07h07, Aaron B

Comme l'enseigne la Torah, Caïn restera sans descendance, exceptée une arrière petite-fille de la huitième génération, Naama, future épouse de Noah.

L'éthique de responsabilité contre la justification sociologique de la violence.

28 octobre 2016, 12h24, René M.

Merci pour cette approche originale (en tout cas à mon modeste niveau de connaissance des Textes) qui part du temps des origines pour déboucher sur des conclusions très actuelles. Vos considérations sur l'humiliation, la violence réactionnelle qui peut en découler et être aujourd'hui très souvent justifiée par une sociologie d'essence marxiste, d'une part ; sur le refus de cette "fatalité", que l'on trouve dans le judaïsme et qui contredit à juste titre la doxa de certains sociologues qui vont jusqu'à justifier le terrorisme comme une réaction naturelle, niant, ce faisant, l'éthique de responsabilité que vous évoquez à juste titre et qui explique, je le crois, en partie la résilience de notre peuple à travers l'Histoire.

Commentaire

28 octobre 2016, 15h56, Janick

Trés intéressant, Dieu a été injuste et a suscité une grande violence chez Cain, Cain aurait pu réagir autrement, il n y a pas d'excuse à la violence- Mais au final : Cain a tué son frère et à donc suivi le processus de la violence Et a Quoi joue Dieu ? Il le rejette et attend de lui qu il maîtrise sa violence ? C est tordu ?

Profond

28 octobre 2016, 22h02, kahena

Merci de nous offrir un nouvel angle une nouvelle compréhension... Bon choix... La marginalité est vertigineuse...

Queques rectifications concernant Caïn

29 octobre 2016, 20h46, Hector Sanz

Me permettrez-vous de corriger certaines erreurs mentionnées ici ou là en réponse (non nominative pour ne pas attiser des polémiques inutiles) : 1/ Caïn a eu une descendance après avoir pris femme dans la ville de Nôd oïl était exilé : Gen. IV. 17 : " Caïn connut sa femme, elle conçut et enfanta Hanokh (Henoch). Il devint batisseur de ville... De Henoch descendront successivement Irad, Méhouyaël, Métoushaël et enfin Lamech. ici, on peut rapporter un commentaire du Ramban, cité dans l'Edition Edmond Safra : " La torah énumère les nombreux descendants de Caïn pour illustrer l'importance de la patience divine et pour montrer que la postérité avant que la punition ne soit entériné". 2/ Naama, si elle fut effectivement l'épouse de Noé, et descendante de Caîn par Lamech, et fille de Tsila sa seconde épouse, je voudrais bien que l'on m'explique cela si "Caïn n'a pas eu de descendance". 3/ Caïn finira pa subir sa punition de la main même de son descendant par inadvertance quand Lamech, aveugle accompagné par son fils Toubal- Caïn tira une flèche sur Caïn rencontré " par hasard" et pris pour un gibier. Se rendant compte de son erreur, il se frappa les mains l'une contre l'autre. Malheureusement la tête de Toubal- Caïn se trouvait au milieu. 4/ Ainsi Caïn apres une longue vie, avoir batti la ville de Henoch, du nom de son fils, mourut à un âge avancé par " inadvertance". En conclusion, malgré sa faute, la malediction qui en est découlée, sa repentance, Caîn a fin par subir sa punition après avoir eu une descendance assurée, batit une ville, développé les arts necessaires à cette construction. 5/ On voit donc se dérouler devant nous la vertu de miséricorde du Dieu de la Torah, propte à s'exprimer même si la vertu de Justice finit par avoir le dernier mot. Il y a d'autres exemples dans la thora.

A star is born

30 octobre 2016, 07h54, Marcky Dilioneb

Enfin de la fraicheur !

Indice

1 novembre 2016, 07h57, Morgenstern

Merci pour ce très beau commentaire. Mon intuition (mais mes faibles connaissances ne me permettent d'aller plus loin) me dit qu'il y a un lien fort entre Cain et Abel et le fait que l'un soit berger et l'autre agriculteur. Elle me dit aussi que l'interdiction de mélanger lin et laine dans un même tissu a la même origine (lin végétal, laine animal).

Belle démonstration de la pédagogie dans la construction du texte biblique lui même.

17 novembre 2016, 10h58, Marc

Merci pour ce bel exercice de démonstration de la dimension éthique de toute "Construction-Génèse". Cela témoigne par l'angle très ardu que vous avez choisi du difficile chemin d'accomplissement que l'homme possède et qui le rend digne de posséder malgré tout une liberté (libre-arbitre) de pleinement avoir le droit de "jouir" du plaisir que la vie peut présenter à lui, hors de tout déterminisme pré-établi... L'idée de Génèse, et non d'Origine est en effet la prise en compte de ce qui sépare l'homme de sa nature, mais qui est susceptible de respecter la spécificité de son propre ordre naturel... Il s'en dégage une "esthétique morale" que l'on confond souvent avec l'idée de justice immanente. La transcendance ici, on le voit bien, ... De même que l'idée de formation de systèmes subalternes, qui témoigne de la complexité inhérente aux intrications de la gouvernance (Malkhout), cette transcendance vient servir l'idéal infini dans la durée, et non un absolu figé systémique et forcément fini, définitif et mortel.

"récit fondateur de l'occident"

28 novembre 2016, 12h11, remi

Je ressent cette phrase "... Récit fondateur de l'occident... " comme très juste : l'Occident dans sa stratégie duelle crée systématiquement une concurrence et une confrontation. Cette approche se retrouve dans la science, dans les croyances, dans les mythes etc. Par contre, je pense à titre personnel que cette approche n'est pas universelle et qu'elle est le fruit d'une culture. Des comparaisons avec d'autres cultures, plus 'holistiques" qu'elles soient tribales africaines ou orientales intégrant l'individu dans une dimension plus grande serait intéressante. Il y a aussi l'approche psychologique du développement de la conscience chez l'enfant et l'adulte dans ses différentes phases de croissance. On serait alors dans une symbolique un peu freudienne mais dont je remet également en question le caractère universel.

Noémie Benchimol

4 juin 2017, 09h29, ICARD

Bonjour Noémie ! Connaissez-vous Simone Benchimol qui fut mon amie dans les années 50-60 durant la guerre d'Algérie, dont le père l'amenait au lycée en vélo, je suis sûre qu'elle vit aujourd'hui en Israël aujourd'hui ? Colette de Paris.

Une injustice insoluble ?

27 octobre 2019, 09h18, gerardelie

Dans le prolongement du commentaire de janick : difficile de comprendre l'injustice Divine à l'aube de l'humanité d'autant qu'elle est relayée par les injustices de nos imahot approuvées par Dieu - sarah qui exclut ishmaél, rivka qui exclut esav faut-il s'étonner des retours de manivelle qq. Siécles plus tard ? les vengeances du christianisme (esav) et de l'islam (ishmaél) ?

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Berechit: réhabiliter Caïn

24 min

Noémie Benchimol - philosophe

Commentaires ( 26 )

Bravo

19 octobre 2016, 00h27, Elie A.

Un commentaire éclairé, des références qui sortent des sentiers battus, bien loin des trop fréquentes (bien que légitimes) interprétations "rabbinico-rabbiniques" du texte biblique. On aurait aimé que ce soit plus détaillé. Bravo et Merci.

Merci !

20 octobre 2016, 21h45, Tommy Fortin

J'espère que la vie ne vous éloignera jamais de la Torah, car le commentaire que vous en extirpez est éclairant et rafraichissant. Merci à vous.

Pour un judaïsme déchristianisé...

21 octobre 2016, 09h27, Haïm Nabet

Que de nuances entre le début et la fin de cette conférence ! Quelle différence entre la conception christianisée girardienne du sacrifice, centrée sur la violence et la victimisation, et la conception biblique et talmudique qui le considère comme une approche voire un rapprochement (qorban) de la divinité ! Il y a tout un monde entre la pitié chrétienne pour Caïn et sa condamnation biblique. Ce monde constitue le culte étranger qui nous est formellement interdit. La pitié est étrangère au judaïsme justement parce qu'elle déresponsabilise totalement l'homme, et ainsi le déshumanise. Je me permets de reprendre une analogie faite par N. Benchimol pour mieux la préciser : la différence entre la min'ah et le qorban est similaire à celle entre un cadeau qui a une grande valeur en soi et un cadeau qui a une valeur pour soi, en l'occurrence pour l'autre, mais pas nécessairement une grande valeur en soi, et qui ainsi nécessite une connaissance de l'autre. Pourquoi, ou plus précisément, pour qui Abel élève-t-il du menu bétail alors que la consommation de la chair animale n'est permise qu'à l'époque de Noé ? Et qu'est-ce qu'une porte si ce n'est une fermeture sur le monde ?

Super

23 octobre 2016, 09h01, Yvonne

Vous avez apporté un éclairage lumineux de cette histoire. Merci.

Caïn et la dénonciation de la "culture de l'excuse"

23 octobre 2016, 10h32, Ben

Si c'est Dieu qui exclut Caïn en rejetant arbitrairement son offrande, quelle légitimité a-t-il à lui contester sa façon de se révolter ? À la rigueur si Dieu admettait son "erreur" on pourrait le concevoir mais il semble que ce ne soit pas le cas.

Réhabiliter ?

23 octobre 2016, 10h33, andrée-geneviève verne

Serait-ce la différenciation qui ferait violence à l’aube de l’humain ? Cette différenciation fondée sur « du » manque à la différence : pour pas tout « de » la différence entre l’un et l’autre, sauf sur ce coup de l’agrément ou pas de l’offrande, de ceci cela ou autre chose. Le risque pour l’humain serait de réduire "du" manque à la différence au même. La vie et la mort, Caïn et Abel, ne sont pas les mêmes, grâce à D et à l’incarnation dans la langue. » : « A l’origine la faute, (je lis : le défaut dans la langue) est tapie, à toi sa passion, toi gouverne là. » A Chouraki. Selon ma lecture, telle serait la leçon pour tout un chacun d'entre nous.

Merci beaucoup Excellent travail

23 octobre 2016, 10h36, jean

Bonjour Je suis catholique et donc par ma culture un « dissident au Temple ». J’emploie cette expression (« dissident au Temple ») de préférence à celle de christianisme et également de judaïsme, car cette expression rend très claire à mon sens la réalité, à savoir que le « judaïsme » c’est le « Temple » qui continue jusqu’à ce jour, et le « christianisme », c’est la mouvance « dissidente au Temple » dont le leader et créateur est le juif Jésus. Les deux épopées de Moïse et Jésus reposent sur des témoignages visuels factuels et concrets. Ces témoignages relèvent de la prise de connaissance devant les yeux de faits précis, dont certains hors du commun et donc du croyable, l’interrogation sur le croyable tombe bien évidemment si on est témoin direct du péhonomène. Et quels sont-ils ces phénomènes incroyables : la traversée de la mer rouge à pied sec, la montagne qui fume, Hachem qui parle directement au peuple, à Moïse et Aaron, la manne, Hachem qui de son doigt écrit les dix paroles sur une table de pierre, etc. Ces faits ne sont pas plus croyables que la résurrection de Jésus devant des témoins oculaires nombreux pendant cinquante jours, jusqu’à cinq cent témoins en une seule occasion, et pour ces témoins quasiment tous juifs, comment ne pas prendre au sérieux l’enseignement du ressuscité, lequel n’a aucunement remis en cause la loi de Moïse pour les juifs ainsi que celle dite de Noé pour les nations ? Et également, comment ne pas prendre au sérieux l’enseignement de Moïse ? Ces faits sont incroyables. Et pourtant, on y croit. Et ceux qui y croient seraient-ils des idiots ? Bien sûr que non, mais ce phénomène de prendre au sérieux une tradition basée sur une connaissance transmise par des témoins relève du mystère, mystère dans le sens non pas que cela soit définitivement incompréhensible, mais plutôt que l’on se trouve devant une porte fermée, que si on accepte l’idée qu’elle peut s’ouvrir, va dévoiler après son ouverture un paysage inconnu dont le profondeur ne pourra jamais être complètement atteinte. La délivrance finale nous permettra, le moment venu, de bien voir clairement toutes ces choses admirables. En attendant, merci beaucoup pour cet excellent et brillant exposé sur Caïn. Cela nous change de bien des commentaires qui apparaissent parfois quelque peu infantiles, l’important c’est le cœur des choses et non les volutes de l’imagination hors sol. Merci beaucoup pour votre approche midrashique, approche qui malheureusement manque chez nous, surtout pour le grand public. Merci à Akadem pour votre travail de qualité. A moi qui ne suis pas juif, vous consolidez ma foi.

Commentaire sur le premier commentaire de Mr Haïm Nabet (pour le moment)

23 octobre 2016, 13h23, Hector Sanz

Dans le premier commentaire, il me semble que mettre en parallèle l'éventuelle "pitié chrétienne" pour Caïn ou une " conception christianisée du sacrifice" de la conférencière, inspirée de René Girard avec une supposée condamnation biblique sans appel relève d'une lecture du texte biblique (thoraïque) ou même de sa traduction classique et basique du Rabbinat Français, quelque peu biaisée et inexacte. En effet il est écrit en français, pour la facilité de la transcription "... L Eternel lui dit : " Aussi quiconque tuera Caïn sera puni au septuple". Et l'Eternel le marqua d'un signe pour que personne le rencontrant ne le frappât. Caïn se retira de devant l'Eternel, et séjourna dans le pays de Nôd à l'orient d'Eden Caïn connut sa femme etc. " Aussi à la sanction, c'est à dire la malediction divine, et à l'exil de Caïn, s'associe ce qu'il faut bien reconnaître comme une protection divine. Parler indument "d'un culte étranger" alors que la pitié pour Caïn émane du Dieu de la Thora est donc pour le moins inapproprié. Cela dit, le commentaire de Noémie Benchimol introduit une vision ouverte et vivifiante de la Thora tout en etant absolument fidèle à la réalité du texte et non à sa lecture projetée (cf. Freud : Introduction à la Psychanalyse. C'est à dire qu'on lit ce que l'on comprend et pas ce qui est écrit.

Pas de fatalité !

23 octobre 2016, 14h59, B. Vaisbrot

Excellente initiative de sortir certains personnages bibliques de leur rôle de "méchants" où nombre de commentaires veulent les enfermer : Caïn, Noé, Esaü, Nadav et Avihou, Kora'h, ... La Tora est profondément humaine et ces exemples sont là pour nous éviter de faire nous-mêmes ces expériences douloureuses. Remarquons au passage que Caïn n'a pas été puni de mort et a eu une descendance... Mais s'est retiré à l'Est d'Eden. Le grand mérite de cet exposé bref et dense est de rafraîchir la relation à la Divinité qui nous propose des épreuves mais qui ne veut pas se laisser "acheter" par un cadeau formel. Continuer à La servir même si on n'est pas le préféré. C'est le défi lancé à Israël encore aujourd'hui. Merci beaucoup pour מנחה et קרבן.

Complément à mon message précédent

23 octobre 2016, 19h53, jean

A Madame Noémie Benchimol Bonjour Madame Permettez-moi de soulever quatre questions induites par votre sujet, et de vous faire une remarque. En vous priant de vouloir bien m’excuser si je n’ai pas bien compris votre tradition. OFFRANDES ET SACRIFICES Tout d’abord pour la remarque Au sujet de l’offrande de Caïn L’idée communément admise, dont celle de Rachi est que l’offrande de Caïn était en fait de qualité ordinaire pour ne pas dire médiocre (1), d’où son rejet. Je n’arrive pas à me débarrasser de l’intuition complémentaire suivante : Dans votre tradition, si je ne me trompe, il est dit en substance (c’est dit aussi chez nous, sans doute dans une forme différente, mais le sens est le même) : « quand tu as un conflit avec ton frère, laisse-là ton offrande et va d’abord te réconcilier avec lui ». C’est bien sûr la démarche de réconciliation qui compte, car si l’autre ne veut rien entendre, le conflit ne sera pas réglé pour autant, mais là c’est une autre affaire qui ne concerne que ce dernier. LE MOTIF DU REJET DE L’OFFRANDE DE CAIN NE SERAIT-IL PAS TOUT SIMPLEMENT UNE ANIMOSITE TENACE QUE CAIN TENAIT A L’EGARD DE SON FRERE ? Soit existence d’un conflit entre les deux frères, au sujet d’une femme par exemple… (c’est bien ce qui est recherché en premier dans une affaire criminelle, « cherchez la femme »éclaire bien des mobiles). Car si Eve est qualifiée par Adam de « cette-fois ci, celle-là » - sous réserve que l’expression ainsi traduite corresponde véritablement au sens du texte original – cela suggère « cette-fois là, celle-ci » (Lilith ?), et donc quelques événements non explicitement dits (comme pour le « Serpent » qui a séduit Eve…), non-dits vraisemblablement voulus à cause de la délicatesse et de la pudeur d’Hachem qui n’aime pas étaler dans le détail le péché, notamment de nos premiers parents). On a déjà bien assez à faire avec nos mauvais penchants, on n’a pas besoin de tomber dans le voyeurisme au sujet du péché des autres et surtout en plus de nos parents, la modestie s’impose. Car il y avait bien une grave situation conflictuelle entre eux, pour que cela aille jusqu’à l’assassinat ? Et cette rancœur naurait pas permis alors à Hachem d’agréer l’offrande (il y a dans votre tradition, la remarque d’Hachem quand il exprime son dégoût de l’hypocrisie de ceux qui respectent la forme des choses, « les sabbats, les fêtes, etc. » mais qui ne veulent pas réformer leur conduite mauvaise pleine de ressentiments et de violences plus ou moins contenues). Les questions induites par notamment votre tradition. 1 - comment dans votre tradition vous expliquez la NATURE SANGLANTE DES SACRIFICES ? Pourquoi faut’il supprimer une vie, animale certes (mais alors que représente cette vie animale ?) en versant donc son sang ? Pourquoi le sang ? 2 - vous dites que l’autorisatioin de CONSOMMER DE LA VIANDE date du déluge. Mais alors, quid de l’offrande des premiers nés de son troupeau, par Abel ? Si je ne me trompe, il y a deux types de sacrifices : ceux consummés par le feu et ceux mangés (par qui, uniquement par les Lévites à l’occasion de l’instauration de l’organisation du Temple au Sinaï ?) 3 - L’ordre donné aux êtres physiques et notamment aux bêtes sauvages, de ne manger que « l’herbe des champs » NE CONCERNERAIT IL que l’être raisonnable humain (préadamilte et adamite ensuite, ou adamite uniquement ?). Le passage en question semblant codé, en ce sens que les « bêtes sauvages » seraient en réalité les préadamites (comme on dit dans notre tradition sans préciser si adamites ou pas « homme psychique » et « homme spirituel », l’un d’ailleurs étant destiné à évoluer vers l’autre – ce qui aurait été la mission d’Adam à laquelle il aurait échoué après le péché -, le vecteur actif pour cette évolution du psychique vers le spirituel passant par Israël, indépendemment de toute querelle maintenant ancestrale entre le « Temple » et la « dissidence au Temple », je préfère cette dernier expression plus précise que « judaïsme » et « christianisme. On n’imagine mal un lion ne manger que de l’herbe, on l’imagine mal, mais d’un autre côté, rien n’est impossible à Hachem. 4 - L'ARRET DES SACRIFICES AU TEMPLE aurait eu lieu quelques années (six ans ?) avant la destruction de celui-ci en 70, êtes-vous d’’accord avec cette affirmation ? J’ai lu cela sur un site juif, mais j’ai perdu la référence. Si l’information est correcte, quelle est la cause de l’arrêt anticipés de ces sacrifices ? Bonnes fêtes à vous. Et encore une fois, veuillez m’excuser si j’ai mal compris un point de votre tradition. (1) http : //www. Sefarim. Fr/ Berechit 4 : 3 commentaire Rachi « Des fruits de la terre De ce qu’il y avait de moins bon (Beréchith raba 22, 5). Une hagada rapporte qu’il a présenté des graines de lin (Midrach tan‘houma Beréchith 9). ».

Manque de communication ?

23 octobre 2016, 22h03, Christian Schueller

J'avais toujours pensé que c'etait le manque de communication qui avait déclenché le crime. Cain se sentait blessé, mais étant incapable de parler de sa blessure, il n'eut d'autre recours que le meurtre. Mais votre conférence a balayé cette hypothèse, car de quoi aurait pu parler Cain à son frère ? Au fond, Abel n'y était pour rien...

A Hector Ganz

24 octobre 2016, 14h46, Haïm Nabet

La pitié implique la grâce, la grâce est le négation de la justice, et la justice est le fondement même du judaïsme. Si la grâce est possible alors la loi est vaine. Toute christianisation du judaïsme porte en elle une négation profonde du judaïsme, parler alors d'un culte étranger n'est nullement exagérer. Cela ne signifie pas que la divinité n'éprouve aucun attachement pour la créature humaine, mais, comme l'ont bien théorisé les kabbalistes juifs, ce n'est pas de l'attribut divin de justice sévère qu'est issu l'attribut divin de tendresse, mais au contraire, c'est l'attribut de tendresse qui est à la source de l'attribut de justice sévère. Autrement dit, l'amour divin préserve toujours la dignité de l'humain par la responsabilisation de ses actes. Pas de pitié pour un Caïn qui n'a pas pris la peine d'ouvrir suffisamment son esprit à un monde où la divinité est présente - encore une différence fondamentale avec le christianisme, car le dieu chrétien n'est pas présent dans ce monde-ci mais uniquement dans le monde à venir - pour y découvrir la sagesse d'un sacrifice que son frère Abel avait, quant à lui (gam hou, pour citer le texte biblique dans une interprétation différente de celle de N. Benchimol), découverte. Restons, s'il vous plaît et afin de ne pas nous perdre, sur le sujet et les propos de cette conférence qui tourne autour du sacrifice de Caïn et pas (directement du moins) autour du meurtre qu'il a commis et de ses conséquences.

Une phrase capitale. 24 octobre. Andrée Quiviger

24 octobre 2016, 19h05, Andrée Quiviger

Tout comme l'aventure humaine sur le plan éthique consiste à dépasser le narcissisme "naturel", votre commentaire nous enseigne que "Dieu n'aime pas le déterminisme". Une phrase capitale qui résume la vocation des fils de Dieu. Je ne suis pas juive, mais c'est ce genre d'inspiration (intuition) qui nourrit ma recherche. Merci.

Commentaire intéressant, mais évitons la publicité gratuite à ceux qui nous haïssent.

27 octobre 2016, 00h01, JPL75019

Bon commentaire, dans la lignée de ce que j'ai déjà pu entendre, notamment s'agissant de la célèbre interpellation de Caïn à D. : "Suis-je la gardien de mon frère ? ", qui pour certains signifie "N'était-ce pas plutôt Ton rôle, à Toi, de Créateur ? " En revanche, sans vouloir trop politiser cet espace, les propos de José Saramago (2002 : Ce qui arrive en Palestine est un crime que nous pouvons stopper. Nous pouvons le comparer à ce qui s’est passé à Auschwitz ») le disqualifient suffisamment à mes yeux pour ne pas devoir en faire une référence en matière de commentaire du Tanakh. Cordial shalom.

A propos de Caïn.

27 octobre 2016, 04h55, Aaron B

Nous sommes tous les enfants de Caïn et nous le prouvons à chaque instant. La mise à mort de l'autre ne passe pas seulement par la suppression de sa vie organique. Ne pas reconnaître son existence, ne pas le voir ou l'entendre, et une attitude qui s'apparente à une mise à mort. Du non salut matinal adressé à son voisin en passant par là non acceptation de la vision de l'autre, tous nos comportements qui s'apparentent au refus de l'altérité, relèvent de l'assassina. C'est Caïn qui nous l'enseigne.

A propos de notre filiation à Caïn.

27 octobre 2016, 07h07, Aaron B

Comme l'enseigne la Torah, Caïn restera sans descendance, exceptée une arrière petite-fille de la huitième génération, Naama, future épouse de Noah.

L'éthique de responsabilité contre la justification sociologique de la violence.

28 octobre 2016, 12h24, René M.

Merci pour cette approche originale (en tout cas à mon modeste niveau de connaissance des Textes) qui part du temps des origines pour déboucher sur des conclusions très actuelles. Vos considérations sur l'humiliation, la violence réactionnelle qui peut en découler et être aujourd'hui très souvent justifiée par une sociologie d'essence marxiste, d'une part ; sur le refus de cette "fatalité", que l'on trouve dans le judaïsme et qui contredit à juste titre la doxa de certains sociologues qui vont jusqu'à justifier le terrorisme comme une réaction naturelle, niant, ce faisant, l'éthique de responsabilité que vous évoquez à juste titre et qui explique, je le crois, en partie la résilience de notre peuple à travers l'Histoire.

Commentaire

28 octobre 2016, 15h56, Janick

Trés intéressant, Dieu a été injuste et a suscité une grande violence chez Cain, Cain aurait pu réagir autrement, il n y a pas d'excuse à la violence- Mais au final : Cain a tué son frère et à donc suivi le processus de la violence Et a Quoi joue Dieu ? Il le rejette et attend de lui qu il maîtrise sa violence ? C est tordu ?

Profond

28 octobre 2016, 22h02, kahena

Merci de nous offrir un nouvel angle une nouvelle compréhension... Bon choix... La marginalité est vertigineuse...

Queques rectifications concernant Caïn

29 octobre 2016, 20h46, Hector Sanz

Me permettrez-vous de corriger certaines erreurs mentionnées ici ou là en réponse (non nominative pour ne pas attiser des polémiques inutiles) : 1/ Caïn a eu une descendance après avoir pris femme dans la ville de Nôd oïl était exilé : Gen. IV. 17 : " Caïn connut sa femme, elle conçut et enfanta Hanokh (Henoch). Il devint batisseur de ville... De Henoch descendront successivement Irad, Méhouyaël, Métoushaël et enfin Lamech. ici, on peut rapporter un commentaire du Ramban, cité dans l'Edition Edmond Safra : " La torah énumère les nombreux descendants de Caïn pour illustrer l'importance de la patience divine et pour montrer que la postérité avant que la punition ne soit entériné". 2/ Naama, si elle fut effectivement l'épouse de Noé, et descendante de Caîn par Lamech, et fille de Tsila sa seconde épouse, je voudrais bien que l'on m'explique cela si "Caïn n'a pas eu de descendance". 3/ Caïn finira pa subir sa punition de la main même de son descendant par inadvertance quand Lamech, aveugle accompagné par son fils Toubal- Caïn tira une flèche sur Caïn rencontré " par hasard" et pris pour un gibier. Se rendant compte de son erreur, il se frappa les mains l'une contre l'autre. Malheureusement la tête de Toubal- Caïn se trouvait au milieu. 4/ Ainsi Caïn apres une longue vie, avoir batti la ville de Henoch, du nom de son fils, mourut à un âge avancé par " inadvertance". En conclusion, malgré sa faute, la malediction qui en est découlée, sa repentance, Caîn a fin par subir sa punition après avoir eu une descendance assurée, batit une ville, développé les arts necessaires à cette construction. 5/ On voit donc se dérouler devant nous la vertu de miséricorde du Dieu de la Torah, propte à s'exprimer même si la vertu de Justice finit par avoir le dernier mot. Il y a d'autres exemples dans la thora.

A star is born

30 octobre 2016, 07h54, Marcky Dilioneb

Enfin de la fraicheur !

Indice

1 novembre 2016, 07h57, Morgenstern

Merci pour ce très beau commentaire. Mon intuition (mais mes faibles connaissances ne me permettent d'aller plus loin) me dit qu'il y a un lien fort entre Cain et Abel et le fait que l'un soit berger et l'autre agriculteur. Elle me dit aussi que l'interdiction de mélanger lin et laine dans un même tissu a la même origine (lin végétal, laine animal).

Belle démonstration de la pédagogie dans la construction du texte biblique lui même.

17 novembre 2016, 10h58, Marc

Merci pour ce bel exercice de démonstration de la dimension éthique de toute "Construction-Génèse". Cela témoigne par l'angle très ardu que vous avez choisi du difficile chemin d'accomplissement que l'homme possède et qui le rend digne de posséder malgré tout une liberté (libre-arbitre) de pleinement avoir le droit de "jouir" du plaisir que la vie peut présenter à lui, hors de tout déterminisme pré-établi... L'idée de Génèse, et non d'Origine est en effet la prise en compte de ce qui sépare l'homme de sa nature, mais qui est susceptible de respecter la spécificité de son propre ordre naturel... Il s'en dégage une "esthétique morale" que l'on confond souvent avec l'idée de justice immanente. La transcendance ici, on le voit bien, ... De même que l'idée de formation de systèmes subalternes, qui témoigne de la complexité inhérente aux intrications de la gouvernance (Malkhout), cette transcendance vient servir l'idéal infini dans la durée, et non un absolu figé systémique et forcément fini, définitif et mortel.

"récit fondateur de l'occident"

28 novembre 2016, 12h11, remi

Je ressent cette phrase "... Récit fondateur de l'occident... " comme très juste : l'Occident dans sa stratégie duelle crée systématiquement une concurrence et une confrontation. Cette approche se retrouve dans la science, dans les croyances, dans les mythes etc. Par contre, je pense à titre personnel que cette approche n'est pas universelle et qu'elle est le fruit d'une culture. Des comparaisons avec d'autres cultures, plus 'holistiques" qu'elles soient tribales africaines ou orientales intégrant l'individu dans une dimension plus grande serait intéressante. Il y a aussi l'approche psychologique du développement de la conscience chez l'enfant et l'adulte dans ses différentes phases de croissance. On serait alors dans une symbolique un peu freudienne mais dont je remet également en question le caractère universel.

Noémie Benchimol

4 juin 2017, 09h29, ICARD

Bonjour Noémie ! Connaissez-vous Simone Benchimol qui fut mon amie dans les années 50-60 durant la guerre d'Algérie, dont le père l'amenait au lycée en vélo, je suis sûre qu'elle vit aujourd'hui en Israël aujourd'hui ? Colette de Paris.

Une injustice insoluble ?

27 octobre 2019, 09h18, gerardelie

Dans le prolongement du commentaire de janick : difficile de comprendre l'injustice Divine à l'aube de l'humanité d'autant qu'elle est relayée par les injustices de nos imahot approuvées par Dieu - sarah qui exclut ishmaél, rivka qui exclut esav faut-il s'étonner des retours de manivelle qq. Siécles plus tard ? les vengeances du christianisme (esav) et de l'islam (ishmaél) ?

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PLAN DE LA CONFÉRENCE

  • Dieu sème la zizanie

    Le mystère du rejet de Caïn (9min)

  • Caïn le marginalisé

    Humiliation, exclusion, violence (10min)

  • La culture de l'excuse

    S'arracher à sa condition de victime (5min)

L'organisateur

  • Akadem
    Akadem
    Paris - 22 septembre 2016
Le Conférencier
Biographie du conférencier

Noémie Benchimol - philosophe

Née en 1988, Noémie Issan-Benchimol est diplômée en Philosophie et Etudes Hébraïques de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm). Elle est également titulaire d’un Master en Histoire de la Philosophie (Paris IV), d’un Master d’Etudes Médiévales (EPHE) et d’un Master 1 d’Hébreu classique et Etudes Juives (Paris IV). Après avoir travaillé sur le concept de résurrection des morts dans la pensée de Gersonide, elle s’oriente vers les questions de droit talmudique, à la croisée de la philosophie du langage, du droit, de la théologie, et de l’éthique. Critique littéraire pendant 4 ans au Jerusalem Post, elle a publié un article sur les théologies juives après la Shoah (ouvrage collectif Les Philosophes face au Nazisme, Vrin, 2015). Elle est doctorante contractuelle à l’EPHE depuis octobre 2016. Elle prépare, sous la direction de Jean-Christophe Attias, une thèse sur "Aveu, serment et vœu en droit talmudique : actes de langages, sacré et judiciaire dans la pensée juive".  

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