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Atelier Tenou'a

Rabbi Méir, mari jaloux  (82 min)

Delphine Horvilleur - rabbin de la communauté MJLF et directrice de la rédaction de Tenou'a

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Brouria est-elle une sorcière ? 19 mai 18:49, par Pierre Gonze

Bonjour Madame Horvilleur,
Bonjour chers sympathisants et participants des ateliers Tenou’a,

Cet atelier fut pour moi le premier auquel j’assistai physiquement. Ce fut passionnant, je serai donc présent au suivant et j’en trépigne déjà d’impatience.

Madame Horvilleur, vous disiez en fin d’intervention que :

1) la sorcellerie, c’est le pouvoir des femmes ;
2) au 14ème siècle, un nouveau commentaire attribué à Rachi décrit comment Brouria est morte, poussée à la faute adultère par son mari Rabbi Méir ;
3) il semble qu’à cette époque, on tente d’étouffer toute velléité d’érudition chez les femmes.

Ce commentaire entre en parfaite résonance avec un essai remarquable de Madame Mona Chollet intitulé « Sorcières - la puissance invaincue des femmes », qui dit que l’image de la sorcière apparaît précisément au 14ème siècle, pour aboutir dans les deux siècles suivants aux bûchers, tortures et assassinats de diverses variétés.
Ce livre témoigne de la persécution de la femme âgée, érudite (particulièrement en médecine) et célibataire, dont la sexualité demeure active, qui sort donc complètement du schéma de la femme jeune donc attirante pour l’homme et capable de descendance, et soumise à l’autorité masculine.

C’est exactement ce qu’est Brouria, femme mûre d’âge et d’esprit, qui dit aux hommes sa façon de penser et qui se « compromet » en outre avec un étudiant de son mari, beaucoup plus jeune qu’elle.

Une question : pourquoi les rabbins du 14ème siècle ont-ils dès lors condamné Brouria à mort telle une sorcière, alors qu’elle est censée être morte depuis plus d’un millénaire ? Ils ne sont quand mêmes pas dénués d’intelligence ?

Je vois deux options : soit ils ont été « piégés » dans un courant de pensée émergent dont ils n’ont pas mesuré les effets possibles a posteriori, aidés en cela par un courant quelque peu misogyne préexistant chez eux ; soit ils ont suivi ce courant par conformisme afin d’éviter de voir apparaître une raison de plus en faveur de l’antisémitisme, qui leur reprocherait de mettre en péril le modèle féminin dominant en ne suivant pas le mouvement de la chasse aux sorcières.

Si vous voyez d’autres explications à ce phénomène de condamnation post mortem, je suis curieux de les connaître.

Bien à vous tous,
Pierre Gonze.

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Biographie du conférencier

Delphine Horvilleur - rabbin de la communauté MJLF et directrice de la rédaction de Tenou'a

Delphine Horvilleur est née en 1974 à Nancy. Elle suit d'abord des études de sciences médicales avant d'entamer une formation à l'école de journalisme du CELSA, à Paris. Journaliste à France 2 de 2000 à 2003, Delphine Horvilleur travaille au bureau de Jérusalem. 

Elle étudie ensuite au séminaire rabbinique du mouvement réformé Hebrew Union College à New York, où elle reçoit son ordination rabbinique (smikha) en mai 2008. Titulaire d'un double master d'éducation juive et de littérature hébraïque, elle enseigne depuis quelques années la pensée juive et le midrash (littérature rabbinique) en France et aux Etats-Unis. 

Delphine Horvilleur est rabbin du MJLF et plus particulièrement du centre de Beaugrenelle à Paris, depuis 2008.

 

Bibliographie du conférencier

Delphine Horvilleur - rabbin de la communauté MJLF et directrice de la rédaction de Tenou'a
  • En tenue d'Eve, féminin, pudeur et judaïsme, (Grasset Et Fasquelle, 2013)
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  • Comment les rabbins font les enfants. Sexe, transmission et identité dans le judaïsme, (Grasset, 2015)
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  • Des mille et une façons d'être juif ou musulman ; dialogue, (Seuil, 2017)
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  • Réflexions sur la question antisémite, (Grasset, 2019)
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