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"Exclu le juif en nous" (Ed. Gallilée)

Pourquoi l'Occident hait les juifs, avec Jean-Luc Nancy  (27 min)

R. Honigmann - journaliste - J-L. Nancy - philosophe

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9 commentaires

Antisémitisme un phénomène mondial lié aux régimes autocratiques 14 octobre 18:39, par Steve

Bonjour
Il est certainement utile sinon indispensable d'étudier l'histoire de l'antisémitisme en Occident, mais la question de l'antisémitisme prend un autre dimension, plus profonde, lorsque l'on se souvient que Leon Poliakov dans son Histoire de l'antisémitisme a montré qu'un pays comme le japon, dans le quel il n'y a pas eu d'implantations juives comptait, lors de la rédaction de son ouvrage, 4% d'antisémites.
Le don de la Tora au Sinaï, accompagné nécessairement par un système de représentation graphique maîtrisable par tout un chacun, fonde en fait de l'état de droit et la mise en place des prémices d'une société démocratique.
Ce sont donc tous les régimes autoritaires, fondés sur l'appartenance à une caste, une lignée semi divine ou sur la tyrannie d'un seul, qui rejettent nécessairement la loi d'Israël qui annihile toutes leurs narrations.
Les japonais, par exemple, se disent descendants d'Amaterasu la déesse du soleil : ils ne peuvent donc accepter l'affirmation juive qui aboutit inéluctablement à la négation de leur mythologie et à la remise en cause de leur organisation sociale.
Rome étant au départ une république légaliste - Rome n'a pas de philosophes mais a des ingénieurs et des juristes, Rome pouvait accepter plus facilement la croyance d'un peuple s'appuyant lui aussi sur un système légal...
En plus de cette aversion fondamentale de toute dictature pour le judaïsme en tant que pensée du monde, peut venir se greffer un prétexte religieux ou autre - querelles à propos de l'héritage par exemple dont on sait quelles haines séculaires elles peuvent susciter dans les familles !
Cordialement.

Problème technique ? 14 octobre 13:34, par elisabeth Lahmy

Lecture des vidéos très hachée, interrompue toutes les 3 secondes sur mon ordinateur équipé de windows 10.

POURQUOI SE TORTILLER LA QUEUE ? 30 juillet 11:14, par TARGOOM

EST-IL NÉCESSAIRE DE TANT DISSERTER POUR ABOUTIR À DES CONCLUSIONS TRÈS BANALES ?
-Les explications de M. Nancy ne sont pas toujours claires, ajoutant "de la confusion à la confusion ".
-Heidegger n'était pas un nazi ordinaire et il est encore plus exécrable que n'importe quel nazi ordinaire.
Ce qui est encore plus accablant pour H. Arendt qui n'a pas eu que des relations banales avec cet individu.

Nancy's categrical distinction between the Greek (legal) perspective and that of "les Juifs" 12 juillet 17:52, par Joel Golb

Nancy's categorical distinction between the "Greek" and the "Hebraic" (which he erroneously conflates with "les Juifs") appears historically ignorant. Hellenistic Judaism is central to Jewish history, hence to Western history ; some classicists have even argued (certainly mistakenly) that the Book of Job was written by Euripides ! Although naturally it's valid to explore the differences between Hebrew (pre-Jewish) monotheistic and pagan perspectives, the interaction between Judaism and Jewry and Hellenistic society and culture was eventually dynamic and productive (as would be the medieval interaction with Islamic society and culture as well). Maybe the best thing Derrida ever said is "Jewgreek is Greekjew". Nancy's thesis reifies "les Juifs" into a frozen cultural category, one based on the Hebrew Bible's mythic narrative of Moses, God, and "the law" and removed from time and both social and intellectual history. This is an all too common procedure, including among some Orthodox Jewish thinkers who are relied on popularly as experts on what Judaism "is. ".

Comment Heidegger introduit le « biologique » dans l’unité de la disposition affective du Dasein 03 juillet 13:25, par Jean-Pierre Marchand

Dans "Exclu le juif" en nous Jean-Luc Nancy écrit : « Le cas de Heidegger est exemplaire en ceci que le même individu a pu élaborer une pensée du « peuple » résolument opposée à tout biologisme (et en cela opposée au nazisme) tout en ayant recours, à propos des juifs, à des préjugés racistes aussi misérables qu’un don pour la manigance ou une cupidité financière… ».
Le syllogisme de Nancy est simple : « L’antisémitisme nazi est un biologisme ; or Heidegger est (résolument) opposé au biologisme ; donc Heidegger n’est pas nazi ». Ce que Heidegger avait bien vu c’est qu’en nazi on ne peut mettre en avant des qualités biologiques que dans la mesure où elles rendent compte d’une supériorité dans l’ordre spirituel.
Or voici ce que déclarait Heidegger dans son cours de 1934 Heidegger "La logique comme question en quête de la pleine essence du langage" : « La voix du sang – die Stimme des Blutes – provient de la disposition affective fondamentale de l’homme. Elle n’est pas suspendue au-dessus pour elle-même, mais elle a sa place à elle dans l’unité de la disposition affective. (Je souligne) A cette unité appartient aussi la spiritualité – Geistigkeit - de notre être-le-là – Dasein – laquelle advient en tant que travail ». Si par biologisme il faut entendre une radicale réduction du racial au biologique le nazisme n’avait plus le sens qu’il prétendait avoir puisqu’aussi bien on ne comprend plus, dans ce cas, comment du biologique peut se traduire en avantages spirituels. Heidegger, avec bon sens, corrige tout d’abord une erreur de perspective. Mais, comme on le voit dans le texte, il n’évacue pas le biologique. Au contraire il l’intègre dans « l’unité de la disposition affective » (qui est à la base du sens de l’appartenance à la communauté aryenne-germanique). Et c’est cette intégration qui permet au biologique de se traduire en Geistigkeit, en spiritualité. Dans ce texte très « militant » de Heidegger cette spiritualité est dite par ailleurs devant advenir comme travail ?! Il me semble ici que « spiritualité » nomme les ressorts d’ordre intellectuel devant être mis à contribution pour mettre en œuvre la solution finale. Il avait déjà prévenu, dans son séminaire sur Héraclite : ce sera très difficile d’exterminer des millions de civils lesquels, par définition, ne peuvent être abattus sur un champ de bataille. En ce sens, de manière sinistre et abjecte, Heidegger avait raison : il a fallu une ingénierie particulièrement talentueuse pour mettre en œuvre la solution finale ! (Eichmann lui-même, pour cela, ne fut pas banal comme l’a affirmé Hannah Arendt. Il était animé de puissantes motivations antisémites. Il n’était pas qu’un pâle fonctionnaire de la mort).
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En réalité il faudrait prendre le temps de distinguer et d'articuler "biologie", "biologique", "biologisme". Jean-Luc Nancy fait un paquet "biologisme" qui lui permet d'affirmer que Heidegger, par son refus du biologisme, n'est pas nazi. Heidegger reconnaît et intègre au contraire la "voix du sang" dans sa conception unitaire du Dasein. Mais, surtout, il se révèle un nazi acharné.

 

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Biographie des conférenciers

Ruben Honigmann - journaliste

Ruben Honigmann est responsable éditorial d'Akadem.

Jean-Luc Nancy - philosophe

Jean-Luc Nancy, né le 26 juillet 1940 à Bordeaux, est un philosophe français. En 1968, professeur de philosophie à l'université de Strasbourg (il y enseignera jusqu'en 2004), il fait la connaissance de Philippe Lacoue-Labarthe. Les deux hommes, bien qu'avec des approches assez différentes, sont animés par le souci commun d'une reprise critique, déconstructrice, de la grande tradition philosophique allemande. Ils reconnaissent dans le travail de Jacques Derrida cette même exigence. De cette commune exigence philosophique naîtra une amitié des trois.

Jean-Luc Nancy multiplie les collaborations avec d'autres écrivains ainsi qu'avec des artistes plastiques ou de scène comme la chorégraphe Mathilde Monnier. Il a été membre du Conseil national des universités, section philosophie. 

Bibliographie des conférenciers

Jean-Luc Nancy - philosophe
  • Tu vas obéir !, (Bayard, 2014)
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  • La communauté désavouée, (Galilee, 2014)
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  • La jouissance, (Plon, 2014)
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  • L'intrus, (Galilee, 2000)
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  • Vous désirez ?, (Bayard, 2013)
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