Suivez-nous Facebook Twitter

"Exclu le juif en nous" (Ed. Gallilée)

Pourquoi l'Occident hait les juifs, avec Jean-Luc Nancy  (27 min)

R. Honigmann - journaliste - J-L. Nancy - philosophe

ORGANISATEUR
 
 

7 commentaires

POURQUOI SE TORTILLER LA QUEUE ? 30 juillet 11:14, par TARGOOM

EST-IL NÉCESSAIRE DE TANT DISSERTER POUR ABOUTIR À DES CONCLUSIONS TRÈS BANALES ?
-Les explications de M. Nancy ne sont pas toujours claires, ajoutant "de la confusion à la confusion ".
-Heidegger n'était pas un nazi ordinaire et il est encore plus exécrable que n'importe quel nazi ordinaire.
Ce qui est encore plus accablant pour H. Arendt qui n'a pas eu que des relations banales avec cet individu.

Nancy's categrical distinction between the Greek (legal) perspective and that of "les Juifs" 12 juillet 17:52, par Joel Golb

Nancy's categorical distinction between the "Greek" and the "Hebraic" (which he erroneously conflates with "les Juifs") appears historically ignorant. Hellenistic Judaism is central to Jewish history, hence to Western history ; some classicists have even argued (certainly mistakenly) that the Book of Job was written by Euripides ! Although naturally it's valid to explore the differences between Hebrew (pre-Jewish) monotheistic and pagan perspectives, the interaction between Judaism and Jewry and Hellenistic society and culture was eventually dynamic and productive (as would be the medieval interaction with Islamic society and culture as well). Maybe the best thing Derrida ever said is "Jewgreek is Greekjew". Nancy's thesis reifies "les Juifs" into a frozen cultural category, one based on the Hebrew Bible's mythic narrative of Moses, God, and "the law" and removed from time and both social and intellectual history. This is an all too common procedure, including among some Orthodox Jewish thinkers who are relied on popularly as experts on what Judaism "is. ".

Comment Heidegger introduit le « biologique » dans l’unité de la disposition affective du Dasein 03 juillet 13:25, par Jean-Pierre Marchand

Dans "Exclu le juif" en nous Jean-Luc Nancy écrit : « Le cas de Heidegger est exemplaire en ceci que le même individu a pu élaborer une pensée du « peuple » résolument opposée à tout biologisme (et en cela opposée au nazisme) tout en ayant recours, à propos des juifs, à des préjugés racistes aussi misérables qu’un don pour la manigance ou une cupidité financière… ».
Le syllogisme de Nancy est simple : « L’antisémitisme nazi est un biologisme ; or Heidegger est (résolument) opposé au biologisme ; donc Heidegger n’est pas nazi ». Ce que Heidegger avait bien vu c’est qu’en nazi on ne peut mettre en avant des qualités biologiques que dans la mesure où elles rendent compte d’une supériorité dans l’ordre spirituel.
Or voici ce que déclarait Heidegger dans son cours de 1934 Heidegger "La logique comme question en quête de la pleine essence du langage" : « La voix du sang – die Stimme des Blutes – provient de la disposition affective fondamentale de l’homme. Elle n’est pas suspendue au-dessus pour elle-même, mais elle a sa place à elle dans l’unité de la disposition affective. (Je souligne) A cette unité appartient aussi la spiritualité – Geistigkeit - de notre être-le-là – Dasein – laquelle advient en tant que travail ». Si par biologisme il faut entendre une radicale réduction du racial au biologique le nazisme n’avait plus le sens qu’il prétendait avoir puisqu’aussi bien on ne comprend plus, dans ce cas, comment du biologique peut se traduire en avantages spirituels. Heidegger, avec bon sens, corrige tout d’abord une erreur de perspective. Mais, comme on le voit dans le texte, il n’évacue pas le biologique. Au contraire il l’intègre dans « l’unité de la disposition affective » (qui est à la base du sens de l’appartenance à la communauté aryenne-germanique). Et c’est cette intégration qui permet au biologique de se traduire en Geistigkeit, en spiritualité. Dans ce texte très « militant » de Heidegger cette spiritualité est dite par ailleurs devant advenir comme travail ?! Il me semble ici que « spiritualité » nomme les ressorts d’ordre intellectuel devant être mis à contribution pour mettre en œuvre la solution finale. Il avait déjà prévenu, dans son séminaire sur Héraclite : ce sera très difficile d’exterminer des millions de civils lesquels, par définition, ne peuvent être abattus sur un champ de bataille. En ce sens, de manière sinistre et abjecte, Heidegger avait raison : il a fallu une ingénierie particulièrement talentueuse pour mettre en œuvre la solution finale ! (Eichmann lui-même, pour cela, ne fut pas banal comme l’a affirmé Hannah Arendt. Il était animé de puissantes motivations antisémites. Il n’était pas qu’un pâle fonctionnaire de la mort).
-----------
En réalité il faudrait prendre le temps de distinguer et d'articuler "biologie", "biologique", "biologisme". Jean-Luc Nancy fait un paquet "biologisme" qui lui permet d'affirmer que Heidegger, par son refus du biologisme, n'est pas nazi. Heidegger reconnaît et intègre au contraire la "voix du sang" dans sa conception unitaire du Dasein. Mais, surtout, il se révèle un nazi acharné.

Un entretien laborieux et particulièrement pénible 15 juin 05:17, par Didier Bertin

Comment un esprit tortueux passe totalement à coté de ce qu’il prétend traiter. En fait on assiste à la difficulté de raisonner de la part de quelqu’un qui semble refuser d’aborder ce qu’il prétend aborder peut-être parce qu’il ne le peut pas. Il ressort de cet entretien très laborieux sur média juif, un immense malaise. Les propos sur Heidegger ne font qu’ajouter de la confusion à la confusion.

Heidegger : le guide (Führer) d'une spiritualité germanique national-socialiste 12 juin 15:16, par Jean-Pierre Marchand

En qualifiant de tragique le fait que Heidegger ait été un antisémite banal, récoltant les clichés complotistes les plus convenus à propos des juifs, Nancy met l’accent sur une « banalité » de Heidegger qui, de fait, dissimule combien il n’a été ni un antisémite banal ni un nazi banal. Il n’a pas tout d’abord été un antisémite banal au sens où, devenu nazi, il a tenu à conférer à l’antisémitisme une dimension « historiale ». Il devait faire époque dans la perspective d’une histoire de l’être ou Seyngechichte. Dans cette expression « seyn » (à la place de « sein = être ») est un terme très fort marqué aussi par l’idée de néant et de destruction. C’est un équivalent de la croix gammée. L’ « extermination totale » devait préparer la venue d’un « autre commencement », un commencement « germano-hespérique » ni métaphysique ni judéo-chrétien. Il n’a pas été non plus un nazi banal puisque ses critiques à l’égard du national-socialisme sont à l’extrême-droite. Le nazisme réel était aux mains d’indigents qui n’avaient rien compris au sens profond de la « révolution ». Heidegger s’est constitué en guide d’une spiritualité germanique antiphilosophique. Il s’est pensé comme un « berger de l’être » guidant un peuple allemand purifié et reconduit à l’authenticité de son enracinement chtonien et de sa langue vers la mise en œuvre d’une aube vespérale de l’Occident. C’est du nazisme, et des plus potentiellement meurtriers, à l’état pur.

 

Ajouter votre commentaire

 
ORGANISATEUR
 
 
 
ORGANISATEUR
 
 

Biographie des conférenciers

Ruben Honigmann - journaliste

Ruben Honigmann est responsable éditorial d'Akadem.

Jean-Luc Nancy - philosophe

Jean-Luc Nancy, né le 26 juillet 1940 à Bordeaux, est un philosophe français. En 1968, professeur de philosophie à l'université de Strasbourg (il y enseignera jusqu'en 2004), il fait la connaissance de Philippe Lacoue-Labarthe. Les deux hommes, bien qu'avec des approches assez différentes, sont animés par le souci commun d'une reprise critique, déconstructrice, de la grande tradition philosophique allemande. Ils reconnaissent dans le travail de Jacques Derrida cette même exigence. De cette commune exigence philosophique naîtra une amitié des trois.

Jean-Luc Nancy multiplie les collaborations avec d'autres écrivains ainsi qu'avec des artistes plastiques ou de scène comme la chorégraphe Mathilde Monnier. Il a été membre du Conseil national des universités, section philosophie. 

Bibliographie des conférenciers

Jean-Luc Nancy - philosophe
  • Tu vas obéir !, (Bayard, 2014)
    Acheter
  • La communauté désavouée, (Galilee, 2014)
    Acheter
  • La jouissance, (Plon, 2014)
    Acheter
  • L'intrus, (Galilee, 2000)
    Acheter
  • Vous désirez ?, (Bayard, 2013)
    Acheter
 

Tous les livres et DVD du magazine

Tous les livres et DVD présentés dans ce magazine
 
ORGANISATEUR
 
 
 
 

Les autres conférences sur le même sujet

Les autres conférences des conférenciers